Sonia LeBel est prête à relever le nouveau défi, celui du Conseil du trésor.
Sonia LeBel est prête à relever le nouveau défi, celui du Conseil du trésor.

Le défi en or de Sonia LeBel

TROIS-RIVIÈRES — La session parlementaire qui vient de s’achever n’aura rien eu de normal pour la députée de Champlain Sonia LeBel... autant que le printemps n’aura rien eu de routinier pour aucun Québécois d’ailleurs. Celle qui vient d’être nommée présidente du Conseil du trésor a conclu cette session avec cette prestigieuse nomination, au terme d’une gestion de crise d’une telle ampleur qu’aucun gouvernement de l’histoire récente du Québec n’aura eu à gérer.

Sonia LeBel se souvient encore du moment où elle a compris que le printemps 2020 allait marquer un tournant dans l’histoire. En préparation du Sommet de la francophonie, elle se trouvait à Halifax lorsque tout a déboulé avec la crise du coronavirus. «J’ai quitté un Québec normal et je suis revenue dans un Québec confiné. On était encore dans la semaine où on voyait venir ça à l’étranger. Dans les faits, personne ne pouvait prédire à ce moment-là que ça aurait frappé à ce point, et si vite. Au 10 mars, si on avait dit «on ferme le Québec», on nous aurait tiré des tomates en disant qu’on était des malades», mentionne la députée de Champlain, qui a profité de son passage dans le comté vendredi pour faire le bilan des derniers mois avec Le Nouvelliste.

Son personnel politique et elle se sont donc rapidement mis au travail pour pouvoir régler bien des dossiers à distance, tant pour l’Assemblée nationale que pour le comté de Champlain. Elle a même pris le téléphone, lors de la fin de semaine de Pâques, pour appeler des personnes âgées de son comté qui vivaient seules et s’assurer que tout allait bien pour elles. En plus de coordonner la fermeture rapide des palais de justice, elle a également participé aux discussions menant à la fermeture du Chemin Roxham, en plus de coordonner plusieurs dossiers liés à la pandémie qui pouvaient toucher différents aspects du ministère de la Justice.

Un ministère qu’elle quitte désormais pour relever un nouveau défi, celui du Conseil du trésor. Une nomination qu’elle a seulement vu venir quelques jours avant, mais qu’elle accueille comme un véritable cadeau. Est-ce que son aura de procureure incorruptible de la Commission Charbonneau aura contribué à son accession à ce poste important de qui relève le fameux projet de loi 61?

«Oui ça peut avoir joué, mais pas totalement. C’est un projet de loi multisectoriel. François (Legault) aurait très bien pu décider de me nommer la porteuse du projet de loi 61 et de me laisser la Justice. Je ne pense pas que c’est la seule motivation pour m’amener au Trésor. J’ose espérer que ça faisait déjà partie de son plan avant pour d’autres raisons», indique celle qui hérite du même coup de la négociation des conventions collectives avec tous les secteurs publics.

Quant au projet de loi permettant l’accélération de la relance économique, elle entend le travailler pour le remettre sur la table en septembre, même si ce délai entraînera la perte d’une saison estivale de travaux. «L’intention n’a jamais été de se donner le pouvoir large. Ça n’aurait pas passé. D’ailleurs, le seul article qui posait réellement problème (article 50) a été retiré de la table dès le début. Les partis d’opposition ont mis beaucoup de gaz sur le feu. Ils auraient pu venir s’asseoir avec nous en Commission parlementaire et en parler avec nous. Les enjeux sont travaillables», croit-elle.

«Mon trésor»

«Au Trésor, mon trésor», lançait François Legault, plus tôt cette semaine. Une remarque qui aura soulevé de nombreuses critiques dans les médias et sur les réseaux sociaux. La principale intéressée, pour sa part, croit que cette histoire a pris des proportions qui n’avaient pas lieu d’être.

«J’aimerais qu’on fasse la part des choses. Il y a des écarts qui sont de vrais écarts. Pour moi celui-là, ce n’en était pas un. Christian Dubé, je l’appelais moi-même «trésor», comme il m’appelait «justice», et comme j’appelle Caroline (Proulx) «tourisme». On travaille tissés serré et nous sommes des amis. Il y a des enjeux féministes réels au Québec. L’équité salariale en est un. L’accessibilité aux lieux de pouvoir en est un autre. On a un conseil des ministres paritaire et on vient de me nommer sur un des plus gros ministères, central à l’organisation. Qu’on souligne la remarque, c’est une chose. Que ça devienne plus gros que le fait que j’ai accédé au poste, pour moi c’est là que je décroche», indique-t-elle.

À lire aussi

Un été à étudier... et à profiter de la Mauricie