Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, estime que le débat sur l’hymne national est clos.

Le débat est toujours vif

LOUISEVILLE — Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, fait à nouveau face à de vives critiques à la suite de sa volonté d’évoquer Dieu et la croix avant les assemblées publiques du conseil municipal en récitant des paroles de l’Ô Canada. Un opposant à la prière au conseil croit même que le maire est «d’une inconscience profonde».

Pour la première fois, l’assemblée publique du conseil s’est ouverte avec la récitation de quelques paroles de l’hymne national du Canada. Le texte se termine toutefois par «Que Dieu protège notre pays, sa gloire et sa liberté», mots qui ne sont pas dans l’Ô Canada.

Lors de la lecture de paroles de l’hymne national, le conseiller municipal Mike Touzin est resté aussi. Il s’était d’ailleurs opposé à ce que les élus récitent des paroles de l’Ô Canada à l’ouverture des assemblées publiques.

Michel Thibeault, un citoyen opposé à la prière et ancien candidat à la mairie, a demandé au maire Deshaies lors de la première période de questions s’il avait consulté la population avant de proposer de réciter des paroles de l’hymne national qui évoque Dieu et la croix. Le maire a répondu qu’il avait demandé aux citoyens présents lors de l’assemblée du 11 juin dernier, mais Michel Thibeault a affirmé que cette «consultation» n’était pas suffisante.

«J’aurais aimé que vous passiez plus de temps à résoudre les problèmes de citoyens plutôt que de vous adonner à votre hobby», a dénoncé Michel Thibeault en faisant référence à la volonté du maire d’évoquer Dieu avant les séances du conseil municipal et d’afficher un crucifix dans la salle du conseil.

«C’est burlesque ce qui s’est passé. Il y a un maire qui affirme qu’il a par hobby travaillé dans le dossier du retour de la prière au conseil et il y a des citoyens qui viennent tout juste après, comme ils l’ont déjà fait lors d’une précédente assemblée, soulever des problèmes avec les bouées sur le lac St-Pierre. Yvon Deshaies ne fait pas son travail... il faut que du monde commence à le dire.»

De plus, le maire a avoué qu’il n’avait pas demandé d’avis juridique pour appuyer la décision du conseil municipal de réciter des paroles de l’hymne national. À cet égard, Michel Thibeault affirme que le maire Deshaies «est d’une inconscience profonde».

«C’est même dangereux», estime Michel Thibeault. «On appelle une prière un hymne national alors que l’hymne national existe s’il est complet. On a cité une partie de l’hymne national qui est en fait une prière. On a ouvert un drôle de dossier, car ça ouvre la porte à des organismes ou des conseils municipaux de contourner la loi. Il faut que les instances légales se penchent sur la question. […] Et le maire n’a même pas pris la peine d’aller chercher un avis juridique pour protéger mes taxes. La Ville pourrait se faire poursuivre.»

Dès le début de la période de questions des citoyens, un autre citoyen a interpellé le maire Yvon Deshaies sur la récitation de paroles de l’hymne national. Michel Neveu, un ancien candidat à un poste de conseiller, a soutenu que la récitation de paroles de l’Ô Canada ne constitue pas «un moment de recueillement».

«Il faut respecter le conseil. On est allé avec l’Ô Canada et il faut arrêter», a répondu le maire de Louiseville à la suite de question d’un citoyen. «Je n’ai pas pris 5 cents à la Ville pour faire ça.»

En entrevue, le maire a confirmé qu’il n’avait pas l’intention de consulter la population concernant l’hymne national, pas plus que de demander un avis juridique sur la question. «On n’ira pas en cours pour ça», soutient le maire. «L’Ô Canada est là et il est chanté dans les amphithéâtres. Le débat est clos et il faut bien arrêter un moment donné.»

Par ailleurs, l’assemblée du conseil municipal s’est tenue lundi dans une salle de l’hôtel de ville rénovée. Au cours des derniers mois, des travaux ont permis d’améliorer substantiellement les équipements.

Un écran rétractable a été installé pour permettre des projections et la décoration a été refaite.

Un nouveau crucifix a notamment fait son apparition près de la porte d’entrée de la salle du conseil.