Pierre Clouâtre a pris la parole au nom d’un regroupement de citoyens relativement au projet résidentiel sur les terrains du club de golf Les Vieilles Forges.

Le cri d’alarme des citoyens entendu

Trois-Rivières — Le projet domiciliaire sur les terrains du club de golf Les Vieilles Forges soulève les passions des citoyens du secteur. Leur cri d’alarme a d’ailleurs été entendu par leur conseillère municipale, Mariannick Mercure.

Cette dernière a en effet déposé un avis de motion, mardi soir lors de la séance ordinaire du conseil municipal, visant l’encadrement du développement de tous les terrains de golf sur l’ensemble du territoire de Trois-Rivières.

En déposant un tel avis, qui constitue la première étape afin qu’un règlement soit adopté, la représentante du district des Vieilles-Forges veut éviter des développements sauvages impliquant des coupes d’arbres abusives ainsi que des transformations drastiques des milieux de vie.

La conseillère a d’ailleurs fait une présentation de son avis de motion à ses collègues et à des fonctionnaires lors de la séance de travail qui a précédé la séance du conseil. En vertu d’une résolution adoptée au mois de juillet dernier, les journalistes ont pu assister, pour la première fois, à une partie de la réunion au cours de laquelle les membres du conseil ont débattu sur les points à l’ordre du jour de la séance ainsi que sur d’autres sujets. Cette longue session de travail a d’ailleurs été le théâtre de discussions parfois animées. Fait à noter, le maire Yves Lévesque a quitté la salle à plusieurs reprises sans donner d’explication.

En présentant cet avis de motion, la conseillère fait en sorte que rien ne peut bouger dans les projets visés pendant les deux prochains mois. Les promoteurs du développement des Vieilles Forges et la Ville ne peuvent donc pas ratifier de protocole d’entente avant la fin de ce délai. Mme Mercure précise que son initiative aurait été beaucoup plus délicate et aurait pu exposer la Ville à des poursuites si un tel protocole avait été en vigueur.

«On se rend compte que des développements résidentiels sur des terrains de golf, ça n’a pas la même accessibilité sociale que des développements dans un champ ou un autre endroit qui a peu de valeur. Il faut donc que ça se fasse. L’avis de motion annonce donc que nous allons travailler sur un règlement qui va encadrer les développements sur les terrains de golf, autant celui-ci que ceux qui pourraient se faire sur d’autres terrains. Ça devrait arriver car c’est vers ça qu’on s’en va», a lancé la conseillère, faisant référence aux nombreux développements du genre ailleurs dans la province.

Par ailleurs, des citoyens étaient présents lors de la séance publique pour présenter une pétition de 250 signatures dénonçant le projet dans sa forme actuelle. Selon eux, le plan du promoteur Antonino Putorti et ses associés prévoient l’abattage de plus de 90 % des arbres matures du terrain de golf pour permettre la construction de logements. Pour eux, ce scénario est inacceptable. Les citoyens considèrent qu’ils n’ont pas été consultés et qu’ils se retrouvent devant le fait accompli. Néanmoins, ils se disent favorables à ce développement. Ils n’adhèrent cependant pas à la vision de M. Putorti et ses partenaires.

«On veut que la Ville exige du promoteur la même chose qui a été faite dans d’autres municipalités. Grosso modo, tout le monde prévoit une zone tampon et des espaces verts. Nous avons comme objet de garder 25 % des arbres et de la végétation[...] Nous avons également une étude qui dit que la valeur des maisons près d’un golf augmente. En l’enlevant, ils vont baisser», a expliqué Pierre Clouâtre, porte-parole du regroupement de citoyens.

Les citoyens ajoutent que le projet actuel n’est plus du tout celui qui avait été présenté il y a 10 ans. Le premier projet de développement prévoyait la construction de quelque 80 résidences alors que le promoteur veut plutôt ériger 445 unités.