Myriam Langevin-Veillette et le Français Manu Lataste se sont rencontrés alors qu’il faisait une démonstration de Bull-jumping à Saint-Tite. Le couple attend un bébé pour le mois de février.

Le coup de foudre du Bull-jumper

SAINT-TITE — Pour Manu Lataste, venir à Saint-Tite en 2013 était comme un rêve, une consécration en Amérique du Nord de la discipline qu’il pratiquait depuis l’âge de 14 ans dans la région de la Gascogne en France, là où il est né. Le Bull-jumper a toutefois trouvé bien plus qu’un public et qu’une carrière dans ce coin de pays; il a trouvé la femme de sa vie.

La première visite de Manu Lataste à Saint-Tite, il y a cinq ans, était comme un coup de sonde pour l’organisation du Festival western. Le Bull-jumping n’était pas une discipline bien connue ici, alors qu’elle a plus de 200 ans d’histoire dans le sud de la France, et qu’on retrouve des écrits en faisant mention en Crête il y a plus de 2000 ans. «C’est une culture là-bas. L’homme qui affronte un taureau, il y en a eu dans la littérature depuis la nuit des temps», fait remarquer l’acrobate.

Manu a hérité de cette culture par sa famille, où la discipline se pratiquait. Dès l’âge de 14 ans, il commence à s’entraîner et à affronter les bêtes, souvent agressives, par-dessus lesquelles il saute et se faufile dans un tourbillon d’acrobaties toutes plus spectaculaires les unes que les autres. L’esprit de compétition qui règne dans son coin de pays est fort, mais Manu rêve secrètement d’apporter cette discipline aux États-Unis, là où la culture des rodéos est bien présente.

Par le contact d’un ami au Québec, il arrive à se greffer à la programmation de Saint-Tite en 2013, pour une démonstration lors d’un seul rodéo. La réponse fut instantanée. «Ça a été un succès monstre», se souvient l’athlète de 33 ans, qui commençait aussi à l’époque à percer le marché des États-Unis, spécialement en Californie. Il reviendra à Saint-Tite chaque année jusqu’en 2016, où on lui propose de se produire durant quatre rodéos aux Grandes estrades.

Cette année-là toutefois, il a fait face à un adversaire redoutable. Durant un rodéo, il se fait tuméfier par un taureau, qui l’aura laissé bien secoué. Au local des thérapeutes sportifs, c’est la massothérapeute Myriam Langevin-Veillette qui sera appelée à prendre soin de l’athlète pour qu’il puisse se remettre rapidement. Elle-même cowgirl dans l’âme et fille de cowboy — son père Jacques Veillette ayant fait partie des premiers athlètes à compétitionner à Saint-Tite — elle connaît bien la discipline et sait comment soigner les douleurs associées à ce sport.

Manu Lataste en pleine exécution de Bull-jumping.

Coup de foudre entre les deux! Manu, qui devait repartir pour la France quatre jours plus tard, ne cessera de fréquenter sa belle durant les quelques jours qu’il lui reste à passer à Saint-Tite. «Nous étions déchirés, vraiment. On se demandait comment c’était possible de se sentir comme ça après seulement quatre jours de fréquentation. Nous avons gardé contact», se souvient-elle.

Manu est finalement revenu passer quelques jours à Saint-Tite, pour ensuite l’inviter en France à Noël. Durant cette première rencontre avec sa famille, c’est là qu’il l’a demandée en mariage. Bien installés dans leur maison de Saint-Tite, les deux amoureux attendent leur premier enfant pour février, alors que Manu a obtenu son statut de résident permanent il y a à peine cinq mois. Myriam, déjà maman du beau Justin, 5 ans, saura dans quelques semaines si elle donnera un petit frère ou une petite sœur à son aîné.

Entraînement
La réalité d’un Bull-jumper, c’est d’être sur la route. L’an dernier, Manu Lataste a participé à 58 rodéos aux États-Unis. Grosso modo, il a été parti tous les mois. Myriam est allée le rejoindre à quelques reprises, mais devait revenir à la maison tant pour prendre soin de son fils que pour faire rouler sa clinique de massothérapie.

«Si j’avais fait un choix juste pour la carrière, il est clair que je vivrais depuis longtemps aux États-Unis. Mais je trouvais que c’était plus important de fonder une famille. Présentement, je suis dans le plus fort de ma carrière, mais c’est une discipline où le risque de blessures est très élevé. On peut avoir quatre ou cinq belles années. Mais après, il te reste quoi? J’ai fait le choix de la famille, c’était le plus important pour moi», constate celui qui multiplie donc les voyages pour continuer sa discipline sans être trop éloigné de celle qu’il aime.

En plus de vivre de ses activités de Bull-jumping, Manu Lataste agit dans la région comme entraîneur personnel pour plusieurs clients, et compte fonder prochainement son école de Pilates. Mais il ne laissera jamais le Bull-jumping bien loin. «Dans une arène, je me sens bien. C’est naturel pour moi. La suite? Quand je n’en ferai plus, sans doute que ce sera de transmettre ce que je sais, peut-être de fonder une école pour cette discipline», confie-t-il.

Manu Lataste sera en prestation à Saint-Tite lors des rodéos de vendredi et samedi cette semaine.