De gauche à droite: Sonia Groulx, costumière en chef, Marie-Claude Camirand, présidente du conseil d’administration, et Carolane Tousignant-Grenier, administratrice et responsable de la campagne de sociofinancement.

Le Costumier Chavigny veut plus d’espace

Trois-Rivières — En 2015, la Fondation des amis de Chavigny faisait l’acquisition des costumes de l’entreprise Habit qui rit, qui venait de fermer définitivement ses portes, pour garnir son costumier. Un an plus tard, le costumier se transformait en organisme à but non lucratif, Le Costumier Chavigny. Aujourd’hui, la collection du Costumier dispose de plus de 8000 costumes et accessoires, ce qui en fait le plus grand costumier entre Montréal et Québec. Or, le Costumier se retrouve aux prises avec un beau problème: il manque d’espace pour entreposer tous ces costumes tout en les mettant en valeur.

La collection du costumier est certes impressionnante, mais il est plutôt ardu de se frayer un chemin entre les rangées bien garnies de costumes de toutes les époques et univers imaginables. C’est pourquoi ses administrateurs ont décidé d’agrandir de près de 20 % la surface du costumier.

«On utilise tout l’espace, il y a des costumes jusqu’au plafond et il y a des bacs sous les rangées de costumes, illustre Marie-Claude Camirand, présidente du conseil d’administration du Costumier Chavigny. Quand on cherche un costume, il faut constamment pousser, tasser les autres, et il y a plein de costumes qu’on ne peut pas mettre en évidence parce qu’on n’a pas d’espace pour le faire. C’est difficile d’exploiter le plein potentiel de nos beaux costumes.»

Avoir autant de costumes collés les uns aux autres rend également plus difficile leur manipulation. «Il y a des matériaux comme la dentelle qui sont plus fragiles, alors quand les gens doivent tirer sur les costumes pour les sortir, il y a un risque de bris», explique Carolane Tousignant-Grenier, administratrice du Costumier.

«On a même des chapeaux qui viennent de Londres, des années 1920, dans des matériaux d’époque, qu’on ne retrouverait plus aujourd’hui, ajoute-t-elle. Alors de tout comprimer, c’est dommage et ça ne rend pas justice à cette deuxième vie qu’on essaie de leur offrir.»

Campagne de sociofinancement

Pour agrandir ses locaux, le Costumier doit faire abattre un mur, ce qui lui donnerait accès à une nouvelle pièce. Ces travaux seront toutefois coûteux. Un souper-bénéfice a déjà permis d’amasser près de 5000 $, un montant réservé pour les travaux d’agrandissement. Pour réunir la somme restante, soit plus de 15 000 $, l’organisme lance une campagne de sociofinancement sur la plateforme GoFundMe.

L’organisme lance également un appel aux entreprises qui pourraient vouloir lui donner un coup de pouce dans ces travaux, dans un échange de services. «On peut regarder avec eux s’ils veulent se faire un party et ont besoin de costumes, on est ouverts à toutes sortes de possibilités d’échanges», souligne Mme Camirand.

Le Costumier Chavigny possède plus de 8000 costumes et accessoires, ce qui en fait le plus grand costumier entre Montréal et Québec.

«Une entreprise dont nos valeurs feraient partie de ses orientations et qui aurait envie de faire une commandite ou un don à ce projet-là, c’est bienvenu aussi, ajoute Mme Tousignant-Grenier. Ça fait partie du projet de financement.»

Le costumier profiterait également de l’occasion pour améliorer ses installations, notamment ses cabines d’essayage et les tablettes sur lesquelles sont rangés des costumes et des accessoires «faits avec les moyens du bord».

Projet de mentorat

Le projet d’agrandissement permettrait au costumier de bonifier et même de diversifier les services offerts, tant à la population et aux artistes qu’aux élèves de Chavigny.

«L’idée est aussi de mieux recevoir les élèves, qui arrivent parfois en groupe de 30, précise Mme Camirand. Beaucoup viennent faire du bénévolat ici parce qu’ils s’intéressent à ce domaine-là, mais on ne peut pas en recevoir plusieurs à la fois.»

Les profits du costumier sont d’ailleurs remis à la Fondation des amis de Chavigny, qui finance des projets étudiants et vient en aide aux élèves venant de milieux défavorisés. Si l’organisme peut davantage répondre aux besoins de la population et des artistes de la région, comme d’ailleurs au Québec, la contribution à la Fondation sera sans nul doute bonifiée.

Les administrateurs du Costumier rêvent également de développer un projet de mentorat, par lequel les élèves qui le souhaitent pourraient profiter de l’espace et des précieux conseils de la costumière en chef, Sonia Groulx, pour apprendre son métier et développer leurs talents. «Ce serait bon pour les jeunes qui veulent aller au cégep en option théâtre production, par exemple, indique Mme Tousignant-Grenier. C’est un bel endroit, ici, pour acquérir de l’expérience et se bâtir un portfolio, et on aimerait offrir cette possibilité-là.»

Le costumier permet également aux jeunes qui s’y impliquent bénévolement de développer des habiletés professionnelles, comme le service à la clientèle et la facturation. Sur le plan personnel, il peut aussi servir aux adolescents de lieu pour s’épanouir sur le plan personnel, souligne Mme Tousignant-Grenier. «Quand tu es adolescent, tu te cherches, et de venir trouver ou développer une passion, ça contribue à la consolidation identitaire», croit-elle.

La costumière en chef, Sonia Groulx, à l’oeuvre dans l’atelier du Costumier Chavigny.

La campagne est accessible sur le site gofundme.com, sous le nom Costumier Chavigny au  https://www.gofundme.com/wxt4q

Pour plus d’informations, il est possible de contacter le costumier au 819 372-3948 ou à l’adresse info@lecostumierchavigny.com.