Le coronavirus fait un premier décès au Canada 

Lina Dib
La Presse Canadienne
OTTAWA - Un premier Canadien est mort des suites du nouveau coronavirus.

Les responsables de la santé publique de Colombie-Britannique ont annoncé lundi que l’homme est décédé dans un centre de soins pour personnes âgées, dans la ville de North Vancouver.

Il avait plus de 80 ans.

«C’est toujours horrible de prévoir des décès, mais (...) il y a des populations qui sont extrêmement vulnérables», s’est désolée la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, en rappelant, une fois de plus, les précautions à prendre pour éviter la propagation du virus.

On recense 79 cas confirmés et présumés de COVID-19 au pays, soit 35 en Ontario, 32 en Colombie-Britannique, cinq au Québec et sept en Alberta.

À l’échelle mondiale, on dénombre plus de 110 000 cas confirmés, dans 102 pays.

Au Québec, où on en est maintenant à cinq cas confirmés, le premier ministre François Legault assure que «du côté médical, c’est sous contrôle».

Un citoyen canadien est soigné en République dominicaine. L’Agence de santé publique du Canada a joint les touristes canadiens qui ont fréquenté le même hôtel que cette personne entre le 22 février et le 7 mars et leur a demandé de s’imposer une quarantaine volontaire.

L’administratrice en chef de l’Agence, Dre Theresa Tam, rapporte que six des nouveaux cas identifiés au pays étaient en croisière à bord du Grand Princess, entre le 11 et le 21 février.

L’Agence recommande maintenant d’éviter les croisières.

Et le gouvernement canadien rapatrie les Canadiens coincés sur le Grand Princess où au moins deux passagers et 19 membres d’équipage sont malades.

Selon l’Associated Press, le navire a pu entrer dans le port d’Oakland et le débarquement des passagers s’est amorcé lundi après-midi.

«J’avais demandé aux Canadiens d’y penser à deux fois avant de prendre un bateau de croisière. Aujourd’hui l’Agence de santé publique du Canada recommande que les Canadiens évitent tout voyage en bateau de croisière», a déclaré Dre Theresa Tam, au cours d’une conférence de presse lundi avant-midi, à Ottawa.

Dimanche, le Département d’État américain a émis un avis semblable aux citoyens des États-Unis.

C’est qu’après la mésaventure des deux bateaux de croisière coincés au large du Japon et de Hong Kong, cette fois c’est en Californie qu’un navire, le Grand Princess, doit accoster pour soigner les personnes atteintes et renvoyer chez eux les autres voyageurs.

«La situation mondiale a changé très rapidement, même entre l’épisode du Diamond Princess (le navire retenu dans un port japonais) et maintenant», a argué Dre Tam, pour expliquer pourquoi le conseil d’éviter les bateaux de croisière n’a pas été donné plus tôt.

«Beaucoup plus de pays sont affectés maintenant», a-t-elle souligné. «C’est un apprentissage constant dans une situation qui évolue très rapidement», a-t-elle noté.

Le nouveau rapatriement

Un avion affrété par le gouvernement canadien est allé chercher à San Francisco les 237 Canadiens qui se trouvaient à bord du Grand Princess.

Toutefois, ceux qui présentent des symptômes du COVID-19 n’allaient pas pouvoir être du voyage. Ils devaient être pris en charge par les services de santé des États-Unis.

Pour les autres, ils sont soumis à une quarantaine de 14 jours à la Base des Forces armées canadiennes de Trenton, en Ontario, depuis leur arrivée au Canada mardi matin.

C’est le gouvernement américain qui a demandé au Canada de récupérer ses ressortissants.

«Ça va être fait à coût nul pour le gouvernement du Canada», a fait savoir le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne. C’est la compagnie du bateau de croisière qui paiera pour l’avion qui rapatrie les Canadiens.

Et pour les prochaines fois? Si prochaines fois il y a.

«On va toujours regarder les situations cas par cas. Mais je pense, aujourd’hui, les Canadiens et les Canadiennes sont avisés de reconsidérer les plans de voyage qu’ils pourraient avoir pour des croisières», a insisté le ministre Champagne.

Les mesures aux frontières

La ministre de la Santé a dû expliquer, une fois de plus, lundi, pourquoi le gouvernement canadien ne ferme pas ses frontières à certains voyageurs.

«Nous savons que les frontières n’empêchent pas la propagation du virus et l’Italie est un très bon exemple de cela», a dit la ministre, à sa sortie des Communes.

«C’est mieux de savoir qui traverse la frontière, qui vient d’une région très affectée (...) pour qu’on puisse retracer les individus», a-t-elle fait remarquer, rappelant que plusieurs de ces voyageurs ont la citoyenneté canadienne et doivent pouvoir rentrer chez eux.

Le gouvernement fédéral demande aux provinces de lui dire, avant la rencontre des premiers ministres du pays vendredi, ce qui pourrait leur manquer pour faire face à l’épidémie de coronavirus.

«Nous sommes ici pour les aider et ça nous aiderait de savoir quels sont leurs besoins pour que nous puissions leur trouver l’équipement ou les ressources qu’il leur faut, au moment où ils en auront besoin», a expliqué la ministre Hajdu.