Le maire Robert Landry lors d’une soirée de consultation sur projet.
Le maire Robert Landry lors d’une soirée de consultation sur projet.

Le contesté projet de sablière à Saint-Étienne-des-Grès freiné

Sébastien Lacroix
Sébastien Lacroix
Le Nouvelliste
Saint-Étienne-des-Grès — Le projet de sablière qui avait soulevé la grogne des résidents des 3e et 4e Rang, à Saint-Étienne-des-Grès, n’ira vraisemblablement pas de l’avant. La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) vient en effet de rendre une orientation préliminaire indiquant que la demande d’utilisation à des fins autre que l’agriculture devrait être refusée.

La Commission évalue que le projet d’exploitation d’une sablière de 10,5 hectares sur une période de 15 ans, tel que soumis par la Sablière Claude Grenier et fils, aurait trop d’impacts sur l’agriculture étant donné l’ampleur des travaux nécessaires.

D’abord parce que le site visé supporte plusieurs cultures exigeant une bonne qualité de sol, comme le maïs-grain et le soya. D’autre part, parce qu’une partie est boisée et comprend un peuplement d’érables qui a déjà servi à une exploitation acéricole.

La CPTAQ n’est pas convaincue que le site visé soit celui qui aurait le moins d’impact sur l’agriculture. «À cette étape-ci de l’étude du dossier, il n’y a aucune démonstration que cette sablière ne pourrait pas s’implanter ailleurs, permettant de réduire, voire même d’éliminer, les contraintes sur l’agriculture», peut-on lire dans l’orientation préliminaire.

De plus, malgré le fait qu’il y ait plusieurs résidences à proximité, notamment en bordure du 4e rang, le secteur est considéré comme un milieu à prédominance agricole. Or, les commissaires considèrent que l’implantation d’une toute première sablière à cet endroit serait susceptible d’entraîner une déstructuration. Ce qui pourrait s’avérer « très néfaste» pour le secteur environnant.

Joint par Le Nouvelliste, le promoteur Claude Grenier n’a pas souhaité commenter l’orientation préliminaire rendue par la CPTAQ. Il est donc impossible de savoir s’il compte présenter de nouveaux arguments avant qu’une décision finale soit rendue.

Le maire Robert Landry, dont le conseil avait appuyé la demande, s’est quant à lui montré prudent dans ses commentaires, ne voulant pas pencher ni d’un côté ni de l’autre. «C’est certain que les résidents, ça va leur plaire, a-t-il admis. Moi, ce que j’ai toujours dit, c’est que la balle est dans le camp de la CPTAQ. Il faut protéger les terres agricoles si on veut devenir autonome en alimentation et c’est ce qu’ils ont fait.»

On se souviendra qu’une pétition qui avait été lancée par un groupe de Stéphanois réticents à l’implantation d’une sablière avait recueilli près de 300 signatures, cet été, afin de faire avorter le projet.

Quelques-uns se sont également adressés à la CPTAQ pour enregistrer leur désaccord. Certains se sont dits inquiets qu’une sablière à proximité d’un quartier résidentiel puisse engendrer des impacts sur l’environnement, la nappe phréatique et la qualité du milieu de vie en raison notamment du bruit et de la poussière. D’autres ont quant à eux soulevé des questionnements sur la menace que représentait la sablière pour l’approvisionnement en eau du Domaine Lavoie.