Plusieurs représentants du secteur communautaire vont distribuer des tracts et rencontrer des élus, mardi.

Le communautaire redemande un rehaussement du financement

Le gouvernement Couillard doit profiter des surplus budgétaires pour mieux financer les organismes communautaires afin que ceux-ci accomplissent pleinement leur mission auprès de la population.

C’est du moins l’avis des organismes communautaires. Ceux-ci ont tenu mercredi une activité de sensibilisation auprès du public et des élus. De nombreux représentants ont distribué des tracts et discuté avec des élus municipaux et provinciaux afin de leur souligner l’importance de leur rôle et de la nécessité pour les quelque

300 organismes communautaires de la Mauricie et du Centre-du-Québec de recevoir 20 millions de dollars supplémentaires chaque année.

«C’est pour rappeler l’importance des groupes communautaires et l’importance d’en prendre soin. Et ça passe par l’injection d’argent neuf», explique François Landry, coordonnateur de la Table régionale des organismes communautaires en santé et en services sociaux du Centre-du-Québec et de la Mauricie.

Ce n’est pas la première fois que le milieu communautaire demande au gouvernement québécois de financer adéquatement le secteur. Le regroupement profite de l’arrivée prochaine de la Saint-Valentin pour demander aux dirigeants politiques de faire la preuve qu’ils ont le cœur à la bonne place.

«Les mesures d’austérité font que la population s’appauvrit. Ces gens viennent cogner à nos portes pour des problèmes psychologiques, pour avoir accès à de l’aide alimentaire. Si M. Couillard (Philippe, premier ministre du Québec) et M. Leitão (Carlos, ministre des Finances) ont du cœur, ils vont répondre à notre demande», estime M. Landry, en ajoutant que les besoins à la grandeur du Québec de 475 millions de dollars sont une infime part des surplus de
4,5 milliards de dollars.

Johanne Blais, coordonnatrice de la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie, insiste sur le fait que les coupes infligées dans des domaines comme la santé et l’éducation touchent particulièrement les femmes.

«Ce sont toujours les gens les plus pauvres qui écopent. Il est temps que le gouvernement nous voie et nous soutienne», déclare Mme Blais.

La démarche du milieu communautaire vise non seulement le rehaussement du financement, mais aussi le respect par le gouvernement du Québec de la politique de reconnaissance de l’action communautaire, de la reconnaissance de cette action comme étant un moteur social et l’arrêt des compressions dans les services publics et les programmes sociaux.

Cette démarche qui s’inscrit dans la campagne «Engagez-vous pour le communautaire» est une première étape en cette année électorale. M. Landry reconnaît volontiers que cette sortie publique s’inscrit dans le contexte d’une élection à venir dans quelques mois.

«Il y a le budget qui s’en vient en mars. Si rien n’est fait, on envoie un message fort que le Parti libéral du Québec n’a pas à cœur les gens en détresse.»