L'aréna Jean-Guy-Talbot sera remplacé par un complexe sportif multidisciplinaire sans glace, a confirmé vendredi la Ville de Trois-Rivières.

Le Colisée de Trois-Rivières portera le nom de Jean-Guy Talbot

TROIS-RIVIÈRES — L’aréna Jean-Guy-Talbot sera bel et bien démoli à l’automne 2020, a confirmé vendredi la Ville de Trois-Rivières. Cependant, l’homme qui a prêté son nom au bâtiment ne sera pas oublié puisque l’actuel Colisée du parc de l’Exposition portera son nom.

Lors d’un point de presse, le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, a indiqué qu’après avoir étudié la possibilité de remettre en état le bâtiment, cette option a été écartée. La rénovation de l’aréna aurait coûté à la Ville 14 millions $, alors que la reconstruction d’un complexe sportif ne coûterait que 8 millions $. Ce montant est d’ailleurs déjà prévu dans le plan triennal d’immobilisation de la Ville. Toutefois, le nouveau bâtiment ne comportera pas de patinoire, a également confirmé M. Lamarche. «C’était inévitable, on ne pouvait pas faire autrement. Ç’a été étudié et regardé sous tous les aspects. Maintenant, on va avoir quand même une offre de glace à Trois-Rivières qui va pouvoir combler la demande», assure-t-il. 

Rappelons que le vérificateur général de la Ville de Trois-Rivières avait apposé un indice de vétusté de 58 %, alors que la Ville tente d’éviter que ses bâtiments dépassent un seuil de 14 %. Sa durée de vie est donc arrivée à son terme, selon la Ville. 

Le célèbre ex-hockeyeur qui a prêté son nom à l’aréna, Jean-Guy Talbot, comptait parmi les invités à ce point de presse organisé par la Ville. Il reconnaît avoir été d’abord choqué d’apprendre la décision de la ville de démolir «son aréna», mais dit comprendre. 

«Ça m’a donné un bon coup, ça m’a désappointé. Mais d’un autre côté, j’ai vu l’aréna, j’ai visité les chambres, j’ai tout visité et puis le toit, ça aurait coûté trop cher (de le réparer). Là, ça ne me dérange plus, parce que le bon temps que j’ai eu, tant que mon aréna existait, il arrive un moment où il faut que ça s’arrête», se résigne-t-il. 

«J’ai confiance en monsieur le maire, qui va organiser ça assez bien pour que je sois encore bien content», a ajouté M. Talbot. 

L’octogénaire était par ailleurs ravi d’apprendre que l’actuel Colisée de Trois-Rivières portera son nom. Si cette décision n’est pas encore officielle, le maire Lamarche estime que son adoption ne sera qu’une formalité. 

La forme que prendra le futur complexe sportif n’est pas encore fixée. La Ville souhaite se donner quelques mois pour consulter le milieu et mettre sur pied un projet qui permettra de répondre à ses besoins et à ceux déjà ciblés par la Direction de la culture, des loisirs et de la vie communautaire. 

Les associations sportives qui ont pignon sur rue à l’aréna Jean-Guy-Talbot devront donc déménager d’ici septembre prochain. Le maire Lamarche promet cependant de les accompagner dans ces démarches. Il les a d’ailleurs rencontrées, avec d’autres élus et fonctionnaires municipaux, vendredi avant-midi.

Résignation

Le secteur de Cap-de-la-Madeleine comptera donc une glace de moins d’ici moins d’un an, puisque la Ville n’a pas l’intention de construire un nouvel aréna de sitôt. Plusieurs associations sportives ont déploré cette situation en apprenant, plus tôt cette semaine, que l’aréna serait démoli. 

«On aura à travailler avec eux pour leur expliquer le bien-fondé de la chose et aussi de leur parler de notre responsabilité en tant que Ville de prendre de telles décisions», rétorque le maire Lamarche. 

Celui-ci ajoute que la Ville tentera d’«optimiser les autres glaces» de son territoire.

La perte d’une patinoire se fera aussi sentir sur l’organisation du temps de glace au Complexe sportif Alphonse-Desjardins (CSAD), voisin de l’aréna Jean-Guy-Talbot. Elle aura aussi un impact sur les élèves en sport-études à l’Académie les Estacades. 

«On a le défi de faire une réorganisation avec les groupes existants, mais on va faire ça avec l’équipe du sport-études de l’Académie ainsi que les gens du service des loisirs de la Ville. On a déjà commencé à réfléchir, à plancher sur comment on va réorganiser ça. On a déjà offert à l’Académie une réorganisation complète de nos plages horaires pendant les jours de classe», souligne le directeur général du CSAD, David Labrecque. 

Même s’il dit comprendre la nécessité de démolir l’aréna, M. Labrecque reconnaît que sa disparition lui fera un pincement au cœur. «L’aréna a une aura particulière, c’est un des plus beaux arénas pour pratiquer le hockey, affirme-t-il. J’ai vu mon fils grandir ici comme joueur de hockey et il y avait toujours un cachet spécial. Maintenant, il faut comprendre et respecter la décision de la Ville. Je considère que c’est une décision responsable en lien avec les fonds publics. C’est triste, mais après l’émotion, on ira vers la raison et j’imagine qu’avec ce qui va se développer, on aura d’autres belles émotions à vivre.»