Constant Awashish, grand chef de la nation Atikamekw, a annoncé que CNA allait prendre en charge le développement des ressources humaines.

Le CNA prend en charge le développement des ressources humaines

La Tuque — Le développement des ressources humaines, jusqu’ici confié à l’Assemblée des premières nations Québec-Labrador, sera désormais directement encadré par les Atikamekw. Le Conseil de la Nation atikamekw (CNA) veut une approche renouvelée pour la formation et l’employabilité.

Le CNA a annoncé qu’il avait procédé au rapatriement des services de la Commission de développement des ressources humaines des Premières nations du Québec en faveur d’une entente avec le gouvernement canadien, avec le Programme de formation pour les compétences et l’emploi destiné aux autochtones (FCEA).

«Notre démarche s’inscrit dans la lignée d’un renforcement progressif de nos institutions et de notre autonomie gouvernementale. Spécifiquement sur le développement des ressources humaines, on a ici un axe beaucoup trop crucial au progrès social pour que son encadrement soit décalé des réalités concrètes de nos communautés. C’est une belle étape de franchie», a mentionné Constant Awashish, grand chef du CNA.

Le CNA soutient que les indicateurs de vitalité économique, le taux d’activité et le taux de chômage montrent, aussi bien à Manawan, à Opitciwan qu’à Wemotaci, «l’urgence de donner un nouvel élan au rattrapage socio-économique en associant le développement du capital humain à des opportunités économiques de premier plan».

«Nous devons agir à la fois sur la formation et l’employabilité des bénéficiaires, afin de multiplier les chances d’un arrimage efficace entre la qualification et l’emploi. C’est de cette manière que pourra s’élever le niveau de vie dans les communautés», a précisé Pierre Boucher, économiste principal, développement économique et social Atikamekw Nehirowisiw (DÉSAN-CNA).

Pour le CNA, il s’agit de replacer au cœur du développement économique le développement du capital humain, tout en accordant une attention particulière à l’évolution et à l’intégration des technologies.

On insiste aussi sur le fait que l’autonomie atikamekw en matière de formation et d’employabilité permettra d’adapter l’approche en fonction de la culture et des traditions atikamekw.

Ce rapatriement se concrétise avec le déploiement du Centre Kiskeritamowin, un centre de formation mis en place en collaboration avec la Commission scolaire de l’Énergie (École forestière de La Tuque), la Commission scolaire des Samares, le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec, ainsi que le soutien d’Emploi-Québec et d’Emploi et Développement social Canada.

Le CNA implantera également à très court terme un programme d’aide au soutien du revenu tel que celui proposé aux résidents des réserves par Services aux Autochtones Canada.

«Le DÉSAN a estimé qu’il fallait créer environ 1500 emplois dans les communautés atikamekw pour réduire le taux de chômage à la moyenne québécoise. Le défi est grand, mais il est plus de l’ordre de la responsabilité que de l’ambition. Notre population est jeune et tous nos jeunes ont la capacité de contribuer à l’avancement de leur communauté», a ajouté pour conclure M. Awashish.