Constant Awashish est le grand chef du CNA.
Constant Awashish est le grand chef du CNA.

Le CNA interpelle l’ensemble des députés

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
LA TUQUE — Au lendemain de l’élection d’un gouvernement minoritaire, le Conseil de la nation atikamekw (CNA) a tenu à interpeller à l’ensemble des députés sur le respect des droits fondamentaux des autochtones.

Le CNA a souligné que la responsabilité constitutionnelle du Canada vis-à-vis des peuples autochtones n’avait pas de place parmi les dissensions politiques. Le Conseil invite également les élus à s’engager pour le respect des droits des autochtones.

«Je m’attends à un mandat clair, empreint de bonne volonté, pour que nous puissions concrètement avancer vers notre autodétermination, sans les oublis, les détours et finalement la complexité qui nous sont imposés depuis de bien trop nombreuses années», a indiqué Constant Awashish, grand chef du CNA.

Des rapports ont récemment démontré les crimes et les discriminations systémiques qui, selon le CNA, conditionnent encore aujourd’hui la vie des autochtones au Canada et qui laissent des communautés dans l’impossibilité d’un avancement socio-économique.

Le CNA interpelle ainsi le premier ministre élu sur l’urgence «d’enchâsser dans la loi la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et dont l’article 43 rappelle que ces droits constituent les normes minimales nécessaires à la survie, à la dignité et au bien-être des peuples autochtones du monde».

Le Conseil de la nation atikamekw souhaite en particulier voir les services aux autochtones centrés sur l’augmentation des capacités pour un développement durable des communautés avec des investissements suffisants dans les infrastructures de base, du transport à l’Internet en passant par le logement, ainsi que des investissements dans le capital humain.

«Nous avons besoin de mesures pleines pour un vrai décollage, pour l’augmentation du niveau de vie et pour l’éducation et la formation de nos jeunes. C’est crucial», a souligné Constant Awashish.

Le grand chef du CNA s’est réjoui de la réélection de François-Philippe Champagne dans Saint-Maurice—Champlain.

«Je pense que c’est une bonne chose pour la Mauricie. Il a une feuille de route quand même impressionnante et pour moi, je pense que c’est un excellent candidat pour la défense des intérêts de la région. Peu importe le gouvernement en place, je pense qu’il aurait pu livrer la marchandise. Je pense qu’il est très solide et on est très bien représenté», a lancé Constant Awashish.

«Dans son dernier mandat, il était beaucoup à l’écoute de nos préoccupations. On est aussi conscient qu’il y a tout un Canada à satisfaire. Il y a des demandes partout. À mes yeux, François-Philippe Champagne a su démontrer qu’il avait à cœur la question autochtone», a-t-il ajouté.

Constant Awashish avoue également que la question autochtone n’est pas toujours facile pour le gouvernement.

«L’ouvrage est tellement immense que c’est difficile de percevoir les améliorations quand on parle de premières nations. L’ancien gouvernement a fait des efforts pour aider le sort des premières nations, mais il reste du chemin à faire. Ils ont fait du bon travail, mais il y a beaucoup d’amélioration à faire, au niveau de l’eau potable, des infrastructures, du logement...»

Constant Awashish insiste, pour lui une bonne relation avec les premières nations est nécessaire pour le développement et l’avancement du pays.

«Les gouvernements ont intérêt à investir dans l’épanouissement et le rattrapage socio-économique des communautés pour créer une richesse et non appauvrir la société en général. On est tous interconnectés. Si on est dans une situation de pauvreté, ça affecte tout le monde dans la région. […] On est intrinsèquement lié ensemble et il faut miser là-dessus», a conclu le grand chef.