Le Club Jockey du Québec espère pouvoir trouver des ententes de partenariat avec Québec pour continuer de développer son industrie.
Le Club Jockey du Québec espère pouvoir trouver des ententes de partenariat avec Québec pour continuer de développer son industrie.

Le Club Jockey du Québec lance un cri du coeur au gouvernement

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — C’est un cri du coeur que lance aujourd’hui l’industrie des courses de chevaux au Québec, alors que le Club Jockey du Québec essaie depuis plusieurs mois d’interpeller le gouvernement afin d’obtenir davantage d’implication financière de Québec dans son industrie. Ses demandes étant pour le moment restées lettre morte, le Club Jockey craint aujourd’hui l’exode de l’industrie vers l’Ontario ou ailleurs, laissant derrière elle de nombreuses retombées économiques.

«Notre industrie a plus de 100 ans. Nous sommes une partie importante du PIB, mais présentement, on se sent un peu laissés pour compte. On a essayé d’intéresser notre gouvernement à notre cause, on a contacté le ministre Jean Boulet afin qu’il puisse nous entendre, mais ça a été un peu une fin de non-recevoir. Ça nous déçoit», souligne Claude Lévesque, président du conseil d’administration du Club Jockey.

Pourtant, ce dernier souligne que l’industrie a reçu un excellent appui du gouvernement caquiste et du ministre Boulet cet été, lorsqu’il fallait redémarrer les activités après plus de 15 semaines d’arrêt complet en raison de la pandémie. En tout, 44 programmes de courses ont pu être tenus cette année, alors qu’une soixantaine se tiennent annuellement en général. Seules les courses liées aux foires agricoles, qui ont toutes été annulées à cause de la pandémie, n’ont pas pu avoir lieu. Un peu plus de deux millions $ ont été remis en bourse, alors que l’on remet généralement 3 M$ annuellement.

Déjà en 2016, lors du lancement de la saison des courses à l’hippodrome de Trois-Rivières, le Club Jockey disait interpeller le gouvernement libéral de l’époque afin de trouver des ententes possibles de partenariats pour continuer de faire grandir l’industrie, soit directement avec Québec ou encore par le biais de Loto-Québec.

De tels partenariats existent un peu partout en Amérique du Nord, dont en Ontario où le gouvernement investit 105 M$ annuellement entre autres par le biais de sa société de loteries, fait remarquer M. Lévesque. Or, ni l’ancien gouvernement libéral ni l’actuel gouvernement caquiste n’ont répondu à cette invitation.

«On souhaite pouvoir intéresser le ministre, on veut s’asseoir et proposer différentes solutions, différentes avenues qui pourraient créer jusqu’à 1000 emplois supplémentaires directs et indirects», avance Claude Lévesque.

Parmi ces solutions, il note au passage la possibilité d’ajouter davantage de salons de paris aux neuf salons déjà existants. Des modèles qui pourraient s’apparenter au Pari mutuel urbain (PMU) que l’on retrouve dans plusieurs établissements licenciés en France, par exemple. Il soulève aussi la possibilité que l’industrie puisse avoir accès à des machines à sous, ce qui lui permettrait d’augmenter ses revenus et du coup les réinvestir dans les courses, les bourses et donc dans le développement des athlètes, autant les hommes de chevaux que les animaux.

«On veut devenir des partenaires, on veut travailler avec eux et les revenus générés retournent vers nos athlètes qui se développent au Québec. Cette industrie, c’est ce qu’elle fait, elle fait vivre les campagnes du Québec», indique Claude Lévesque, qui se désole de voir de plus en plus d’hommes de chevaux quitter la province pour aller s’installer en Ontario, là où les programmes leur permettent davantage de tirer leur épingle du jeu.

«S’il ne se passe rien, le Québec va perdre beaucoup d’emplois et de revenus», note celui qui dit ne pas avoir reçu beaucoup d’écoute non plus du côté de la Ville de Trois-Rivières afin d’obtenir des appuis. «C’est bien dommage. Pourtant, l’hippodrome trifluvien est un important payeur de taxes et accepte chaque année de fournir ses installations pour différentes activités, dont le Grand prix de Trois-Rivières», ajoute Claude Lévesque.

Au bureau du ministre Jean Boulet, on a indiqué que le dossier relevait davantage du ministère des Finances. Aux Finances, on nous a renvoyés au bureau du ministre Boulet. Malgré nos demandes à ces deux entités, personne n’a souhaité nous accorder d’entrevue sur le sujet.