Le clown humanitaire Guillaume Vermette a appris jeudi qu’il a contracté la COVID-19.
Le clown humanitaire Guillaume Vermette a appris jeudi qu’il a contracté la COVID-19.

Le clown humanitaire Guillaume Vermette atteint de la COVID-19

Matthieu Max-Gessler
Matthieu Max-Gessler
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — C’est au tour du clown humanitaire Guillaume Vermette de contracter la COVID-19. Dans une publication sur sa page Facebook, l’artiste indique l’avoir «échappé belle», lui qui fait fréquemment des visites en CHSLD depuis le début de la pandémie, afin d’égayer le quotidien des patients qui y séjournent.

Le clown humanitaire indique que jusqu’au moment de recevoir son résultat de test, il était convaincu de n’avoir au pire qu’un petit rhume.

«Au début, c’était juste une petite toux. Je suis allé me faire tester, je n’ai pas pris de chance. Quand j’ai eu mon résultat, je l’ai écrit sur Facebook et jusqu’au moment d’écrire la publication, j’allais quand même bien, j’avais une légère toux et peut-être un peu de fatigue. Et d’un coup sec, cet après-midi: pire mal de tête de ma vie, frissons, sueurs, j’ai perdu un peu de mon odorat, j’ai fait un peu de température. Ça a duré quatre heures intenses. C’est arrivé d’un coup sec et c’est parti d’un coup sec», témoigne-t-il.

Au moment de parler au Nouvelliste, Guillaume Vermette indiquait cependant que son état était meilleur qu’en après-midi.

Le hasard fait cependant bien les choses: en raison d’un conflit d’horaire, la visite qu’il devait effectuer dans un CHSLD cette semaine a été annulée. Un moindre mal à côté des conséquences qu’aurait pu avoir cette visite si elle avait eu lieu alors que le clown humanitaire était porteur, sans encore le savoir, de la COVID-19.

«Je ne sais pas si j’aurai (sic) réussi à me pardonner d’avoir amené la COVID dans un CHSLD, de mettre la vie de ces gens à risque», écrit Guillaume Vermette dans la publication qu’il a partagée sur les réseaux sociaux.

Cet imprévu vient ralentir non seulement les activités du clown humanitaire, mais aussi celles de son équipe de la Caravane Philanthrope qui, comme lui, rend visite à des personnes vulnérables. Par précaution, les collègues de Guillaume Vermette qui se rendent eux aussi en CHSLD vont passer le test de dépistage de la COVID-19.

«Il y a plein de gens de mon équipe avec qui je n’ai pas été en contact dans les dernières semaines. Mais ceux qui vont en CHSLD, je les ai au minimum croisé de loin et, par précaution, ils vont faire le test, même s’ils n’ont pas de symptômes et qu’on n’a aucune raison de penser qu’ils l’ont. On va aussi annuler nos sorties de la semaine prochaine et attendre le résultat des tests avant de recommencer», assure-t-il.

Ayant vu ses projets humanitaires à l’étranger tomber à l’eau après la fermeture des frontières, ce printemps, Guillaume Vermette avait mis sur pied la Caravane Philantrophe, un regroupement d’artistes québécois qui se sont donné comme mission d’égayer le quotidien de leurs concitoyens confinés. Dans le cadre de ce projet, le clown humanitaire a effectué des visites virtuelles, puis en personne, avec masque et visière, à des patients en CHSLD.

«J’espère que les gens vont être prudents»

Guillaume Vermette espère que son expérience incitera la population à redoubler de prudence dans ses interactions pour éviter la propagation de la COVID-19.

«Pour beaucoup de gens, une petite toux, ils ne l’auraient pas prise au sérieux et il y en a même qui commencent à penser que la pandémie, c’est des légendes. J’espère que les gens vont être prudents et que s’ils ont le moindre doute, le moindre symptôme, ils vont aller se faire tester, parce que c’est pour le bien-être de tout le monde», lance-t-il.

La situation qu’il vit n’est pas sans rappeler celle d’une coiffeuse qui défraie la chronique depuis plusieurs jours pour avoir involontairement transmis la COVID-19 à des résidents de plusieurs ressources d’hébergement dans la région de Chaudière-Appalaches. La dame était asymptomatique lors de ses visites.

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Contrairement à cette dame, le hasard a fait en sorte que Guillaume Vermette ne se rende pas dans le CHSLD où il devait aller. Il concède que l’épisode qui lui arrive l’incite à se poser des questions, mais il estime que les visites qu’il fait, avec son équipe, dans ces établissements sont un service essentiel.

«C’est sûr que ça me fait me poser des questions, ça me donne envie d’être encore plus prudent. Mais au-delà des dégâts de la COVID, dans les CHSLD, il y a les dégâts de la solitude. Alors je crois que le risque en vaut la peine, mais il faut être excessivement prudent», affirme-t-il, précisant également qu’il porte toujours masque et visière lorsqu’il visite des ressources d’hébergement.

Le clown humanitaire se voit également forcé d’annuler la conférence qu’il devait présenter au Festival de la paix de Victoriaville, cette fin de semaine. À son grand regret, puisque cela aurait été sa première conférence en personne, et non par le biais d’un écran.

«Faut c’qui faut pour la santé et le bien de tout le monde», a-t-il écrit sur sa page Facebook.