Le Carrefour jeunesse-emploi de la MRC de Maskinongé offre son aide pour le nettoyage post-inondation dans les municipalités de Yamachiche, Maskinongé et Louiseville.

Le CJE offre son aide pour le nettoyage post-inondation dans la MRC de Maskinongé

LOUISEVILLE — Pendant que le niveau d’eau du lac Saint-Pierre continue de lentement descendre, le Carrefour jeunesse-emploi (CJE) de la MRC de Maskinongé annonce qu’il entend mettre sur pied des équipes de volontaires qui participeront aux efforts de nettoyage, le temps venu, dans les municipalités de Maskinongé, Louiseville et Yamachiche.

Le projet, baptisé «Brigade inondation Maskinongé», rassemblera des jeunes de 18 à 29 ans, qui interviendront sur une base volontaire et qui recevront une allocation de 40 $ pour chaque tranche de 10 heures travaillées. Cette somme symbolique vise principalement à pourvoir aux frais de transport, indique Audrey Lafrenière, conseillère en entrepreneuriat et en développement de projet au CJE de la MRC de Maskinongé.

Mme Lafrenière explique qu’au même titre que l’entrepreneuriat, le bénévolat et le volontariat font partie des mandats de son organisme. Elle dispose ainsi d’un budget pour mettre en place différents projets.

En discutant avec les municipalités, la conseillère a constaté que les mouvements spontanés d’aide aux sinistrés sont plus significatifs dans l’urgence de la montée des eaux que lorsque celle-ci se retire. L’idée de mettre les ressources du CJE au service des sinistrés a donc paru toute naturelle, relate-t-elle.

C’est ainsi que le CJE lance une campagne de recrutement. On compte rassembler des brigades qui seront déployées sur le terrain entre la mi-juin et la mi-juillet, quand l’eau se sera enfin retirée. Bien qu’il soit difficile de mobiliser des gens pour une telle tâche, concède Mme Lafrenière, elle dit espérer pouvoir fournir au moins 240 heures de travail en tout, réparties dans les trois municipalités.

Si l’idée de ramasser les sacs de sable est celle qui vient le plus spontanément en tête, Mme Lafrenière explique que ses volontaires répondront aussi aux demandes de nettoyage sur le terrain ou dans les maisons où l’eau pourrait avoir causé des dégâts. «Les gens sont invités à appeler à leur municipalité pour faire connaître leurs besoins», indique-t-elle. Le CJE interviendra ensuite selon les vœux formulées par les municipalités.

Une offre appréciée

Du côté des municipalités, on accueille positivement cette aide inattendue. «C’est merveilleux», s’exclame Yvon Deshaies, maire de Louiseville. Celui-ci se désole toutefois d’avoir «été abandonné par l’armée». On se rappellera que contrairement à 2017, l’armée avait annoncé qu’elle n’interviendrait pas dans la phase de rétablissement sur les terrains privés, se contentant d’offrir son aide pour le nettoyage des infrastructures municipales. Or, à Louiseville, ce sont exclusivement les citoyens qui sont touchés, souligne M. Deshaies.

L’heure sera bientôt au nettoyage dans la MRC de Maskinongé tandis que le niveau d’eau du lac Saint-Pierre continue de descendre.

Le maire annonce par ailleurs qu’une grande corvée s’organise pour le 15 juin, à Louiseville. La population sera alors conviée à prêter main-forte afin de procéder aux opérations de nettoyage. «Je ne veux pas payer un sou», déclare M. Deshaies. Celui-ci entend même solliciter «poliment» l’apport bénévole de ses employés de voirie. «Ça va nous faire du bien et ça va leur faire du bien», soutient-il.

Par ailleurs, fait valoir le maire Deshaies, si la Ville avait dû éponger des dépenses avoisinant les 150 000 $, en 2017, pour se rétablir des inondations, on devrait en être quitte pour la moitié de cette somme cette année. Il attribue cette économie de fonds publics à une action rapide en amont de la montée des eaux et à l’intervention proactive de l’armée.

À Yamachiche, le maire Paul Carbonneau se réjouit également de l’initiative du CJE. «C’est sûr qu’on va avoir besoin d’aide», déclare-t-il. On compte lancer un blitz de nettoyage d’ici une dizaine de jours, quand l’eau aura encore baissé, indique le maire. On fera notamment un appel à tous sur les réseaux sociaux, laisse-t-il savoir.

M. Carbonneau estime par ailleurs que la municipalité aura à débourser entre 40 000 $ et 50 000 $ pour éponger les coûts liés aux inondations de cette année. Il évoque de mémoire des coûts avoisinant les 25 000 $ à 30 000 $ pour les inondations de 2017. Il justifie cet écart par le nombre plus important de sacs de sable utilisés et par les coûts de main-d’œuvre, les employés municipaux ayant été déployés un jour férié, tandis que l’eau montait.

Quant à Roger Michaud, maire de Maskinongé, bien qu’il accueille favorablement l’offre du CJE, il confie qu’aucune demande n’a encore été formulée de la part des citoyens. «Il y avait encore 22 pouces d’eau hier, dans le chemin de Langue de terre», fait-il valoir. «Il y a bien de la lumière au bout du tunnel, mais le tunnel est encore loin», philosophe-t-il.

M. Michaud n’est pas en mesure d’évaluer ce qu’il en coûtera à la Municipalité pour assurer un retour à la normale. «Tout va dépendre de l’état du réseau routier», dit-il. Par contre, il estime que les coûts reliés au personnel municipal devraient être semblables à ceux de 2017.

Fin de corvée à Nicolet

Une cinquantaine d’étudiants de l’École nationale de police du Québec étaient de retour dans les rues de Nicolet, mardi, pour conclure le travail de nettoyage amorcé la veille. On se rappellera que ceux-ci avaient répondu favorablement à une demande de la Ville.

Sébastien Turgeon, conseiller en communication à la Ville de Nicolet, relate que 15 000 sacs de sable auront été retirés en cette deuxième journée de corvée et que l’on peut dire «mission accomplie». Si le ménage reste à faire sur la plage municipale, les rues en bordure du fleuve sont toutes dégagées, assure-t-il. M. Turgeon témoigne avoir perçu du soulagement dans le visage de plusieurs citoyens.