Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Une enquête publique sera menée sur l’un des décès survenu au CHSLD Laflèche au printemps dernier.
Une enquête publique sera menée sur l’un des décès survenu au CHSLD Laflèche au printemps dernier.

Le CHSLD Laflèche fera l’objet d’une enquête publique du coroner

Sébastien Lacroix
Sébastien Lacroix
Le Nouvelliste
Article réservé aux abonnés
Shawinigan — Une enquête publique du coroner en chef du Québec sera menée sur un décès survenu en plein cœur de la pandémie de COVID-19, au CHSLD Laflèche, où plus de 40 personnes avaient perdu le vie entre le 12 mars et le 1er mai.

L’enquête visera à comprendre ce qui s’est passé et à formuler des recommandations le cas échéant, nous a fait savoir le CIUSSS de la Mauricie-Centre-du-Québec qui compte observer une réserve dans ses interventions publiques jusqu’à ce que l’enquête soit complétée.

«L’annonce de cette enquête est prise au sérieux par l’établissement qui collaborera à la démarche et ajustera ses pratiques dans une perspective d’amélioration continue au bénéfice du mieux-être des résidents et de leurs proches», a indiqué l’agente d’information du CIUSSS MCQ, Kellie Forand.

Le CIUSSS avait déjà rendu publics, en septembre dernier, les résultats de son enquête interne sur les éclosions survenues dans les CHSLD lors de la première vague. «Cette enquête interne avait permis de bonifier les pratiques pour s’assurer que toutes les mesures soient mises en place afin de prévenir et freiner la transmission de la COVID-19 autant au CHSLD Laflèche que dans l’ensemble des installations», rappelle l’agente d’information.

De son côté, le Bureau du coroner doit annoncer prochainement les dates des premières audiences pour l’enquête publique visant à faire la lumière sur les causes et circonstances de certains décès survenus pendant la première vague dans certains milieux de vie et d’hébergement de personnes âgées et vulnérables.

Cette nouvelle qui est tombée en fin de journée, mardi, a été accueillie à bras ouverts par le président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et des métiers du CIUSSS MCQ, Pascal Bastarache, qui réclamait depuis plusieurs mois une enquête publique sur le mode de gestion du CIUSSS dans le cadre de la pandémie, notamment durant la première vague.

Il y avait eu beaucoup de difficultés, entre autres, au CHSLD Laflèche où 44 des 138 résidents hébergés avaient succombé à la COVID-19 à la fin de l'éclosion. Des problèmes de communication, de mobilité du personnel et de formation insuffisante sur la prévention et le contrôle des infections avaient notamment été pointés du doigt dans le rapport interne du CIUSSS. Celui-ci faisait également état d’un délai de 14 jours entre le début de l’éclosion et l’envoi d’une équipe d’intervention.

«Le but, c'est de mettre le doigt sur des problématiques de gestion et de s'assurer que ça n'arrive plus jamais, insiste Pascal Bastarache. L'hypercentralisation du CIUSSS de la Mauricie-Centre-du-Québec par le biais de la loi 10 de l'ancien ministre Gaétan Barrette a vraiment attisé les problématiques, surtout en ce qui a trait à la communication. (…) Parfois, la haute direction mentionnait qu'elle n'était même pas au courant de ce qui se passait réellement sur le terrain. C'est assurément une problématique qui va ressortir. La mobilité et le manque de personnel également.»

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, pour qui le CHSLD Laflèche semble encore être un dossier émotif, admet quant à lui qu'il n'est pas à la recherche d'un coupable, mais de solutions. «Dans mon livre à moi, les gens sont décédés en raison d'une situation qui était hors de notre contrôle et hors de contrôle de beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens», a-t-il commencé.

«Ça vaut la peine de faire la lumière sur cette question-là, admet-il. Je crois qu'il n'y a personne qui a fait ça en étant de mauvaise foi. Tout le monde a eu énormément de peine de voir autant de décès au CHSLD Laflèche. Ç'a été extrêmement difficile et si cette enquête publique nous amène des solutions, on va les prendre.»