Geneviève Dubois, présidente de la table des MRC du Centre-du-Québec.

Le Centre-du-Québec opte pour un «pôle virtuel»

SHAWINIGAN — La période d’incertitude entourant l’avenir du Réseau national des pôles régionaux d’innovation touche évidemment le Centre-du-Québec, comme partout ailleurs. Sans surprise, en Mauricie, le DigiHub de Shawinigan avait été désigné comme pôle régional. Sur la rive sud toutefois, les intervenants économiques ont choisi une structure «virtuelle».

La présidente de la table des MRC du Centre-du-Québec, Geneviève Dubois, avait laissé planer diverses avenues au cours des derniers mois.

«Ce qui a été présenté, c’est une structure qui, pour l’instant, sera virtuelle», commente-t-elle. «Nous sommes rendus à l’embauche de la ressource qui gérera ce pôle d’innovation et qui trouvera la banque d’experts qui accompagneront les entreprises en matière d’innovation et de développement numérique. Nous réfléchissons aussi à la gouvernance.»

En étant virtuel, ce pôle ne bénéficiera donc d’aucun emplacement physique.

«Il n’y aura pas de bâtisse où nous accueillerons les entrepreneurs», explique Mme Dubois. «Par contre, dans la deuxième phase, chaque MRC aura une antenne de ce pôle, qui pourra se traduire par une bâtisse physique, que ce soit un incubateur ou un accélérateur, dans chacune des cinq MRC du Centre-du-Québec.»

Selon Mme Dubois, le ministère de l’Économie et de l’Innovation avait accepté cette formule, sous réserve évidemment de l’analyse en cours. Par contre, le protocole d’entente n’était toujours pas signé.

La préfète reconnaît que le processus de création a été un peu plus long qu’ailleurs pour la formation de ce pôle, mais elle croit que la région a ainsi pu éviter les tiraillements.

«Ça a été tout un exercice», raconte-t-elle. «Le gouvernement a mis au centre de la table un steak de 400 000 $ avant de se retirer. Je comprends que ça ait été plus difficile dans certaines régions. Chez nous, on a choisi de travailler ensemble et de ne pas se laisser influencer par cet argent qui arrivait tout d’un coup. Ça n’a pas été si simple.»

Dans certaines régions effectivement, la création de ces pôles a été précédée de discussions animées sur la gouvernance. Une fois la tempête passée, les responsables souhaitent maintenant que le gouvernement laisse le fruit mûrir.

En Montérégie, toutes les MRC et la Ville de Longueuil avaient dénoncé que l’ex-gouvernement libéral choisisse un nouvel organisme sans but lucratif plutôt que celui que les élus avaient recommandé. Ian-Patrick Thibault, directeur général de Garage & Cie, incubateur responsable du projet, s’affaire maintenant à recoller les pots cassés. Le pôle sera connu sous l’appellation d’Entreprendre Montérégie.

«Actuellement, on rassemble les gens, un par un», explique M. Thibault. «Nous voulons rallier les personnes qui étaient dissidentes. Lentement mais sûrement, on avance pour faire travailler tout le monde ensemble.»

Pour le reste, comme partout ailleurs, il subit l’attente sur l’avenir du réseau.

«Forcément, on ne met pas la pédale dans le tapis», convient-il.

Dans Chaudière-Appalaches, la création des pôles avait aussi été très mal accueillie l’an dernier. Trois MRC avaient dénoncé le dédoublement de structures par rapport aux organismes locaux déjà en place.

«Par contre, à partir du moment où il y a un appel de propositions pour créer des pôles régionaux d’innovation, nous avons posé notre candidature, avec l’appui des MRC et des Villes», explique Philippe Mailloux, président du pôle régional d’innovation Chaudière-Appalaches Économique.

«On se disait que l’argent était là, il y avait un appel de propositions. Pour s’assurer que le monde municipal soit impliqué et ait un droit de regard, nous avons proposé de le faire en concertation.»