Le président de Récupération Mauricie, Luc Dostaler.
Le président de Récupération Mauricie, Luc Dostaler.

Le Centre de tri redémarre au tiers de sa capacité

Trois-Rivières — Le Centre de tri de Saint-Étienne-des-Grès a redémarré ses activités mardi matin, comme prévu. C’est toutefois environ au tiers de sa capacité qu’il reprend du service.

Le président de Récupération Mauricie, Luc Dostaler, était sur la chaîne de tri dès 8 h du matin, alors que l’on s’affairait à expliquer aux employés les consignes sanitaires à respecter. «On a parlé de marques sur le plancher pour respecter la distanciation et de se laver les mains avant d’entrer. On a parlé des équipements de sécurité, des masques, des gants, des lunettes» indique M. Dostaler. À partir de mercredi ou jeudi, les employés pourront également bénéficier de visières afin d’être mieux protégés encore. Rappelons que la majorité des employés du centre de tri présentent une déficience soit physique ou intellectuelle.

Un poste de travail sur deux, sur la chaîne de tri, est laissé vacant.

Environ 70 personnes travaillent habituellement au Centre de tri. À peine 25 ont été rappelées au travail, ce qui facilite la distanciation.

«Il faut séparer les gens lors des pauses et s’assurer qu’ils ne la prennent pas tous en même temps. On leur a tout expliqué ça et on a pris le temps de recevoir leurs commentaires, leurs questions, leurs inquiétudes», indique M. Dostaler. «J’ai été agréablement surpris. Les gens étaient extrêmement attentifs», dit-il. La chaîne a finalement redémarré vers 10 h 30.

«Est-ce qu’il faudra répéter les consignes dans les prochains jours ou prochaines semaines? Probablement. Ils vont le faire entre eux aussi, j’en suis pas mal persuadé», indique le président.

Les employés qui ont été rappelés au travail ont été choisis, explique-t-il. Ceux qui avaient des problèmes de santé de même que «les gens qui avaient une anxiété au plafond», dit-il, ont été gardés à l’écart pour l’instant. «Plusieurs ont dit aux gens des ressources humaines qu’ils étaient contents de revenir travailler. Ce matin, je le voyais dans les visages», raconte Luc Dostaler en ajoutant qu’il y a quand même «un petit peu d’inquiétude, mais les gens ont vu que les mesures mises en place étaient sérieuses.»

L’usine de recyclage Soleno de Yamachiche a elle aussi redémarré ses opérations mardi matin, mais l’usine de RM à Trois-Rivières, elle, est toujours fermée jusqu’à nouvel ordre. C’est que cette usine dessert des industries, commerces et institutions qui sont fermés. À Saint-Étienne-des-Grès, l’usine dessert les municipalités membres, donc le résidentiel.

Évidemment à 25 employés, la quantité des matières tirées sera inférieure à la normale. Toutefois, la quantité de matières à traiter est inférieure aux volumes habituels, explique le président de RM, car l’usine de Saint-Étienne-des-Grès traite elle aussi des matières qui viennent de l’industrie, du commercial et des institutions, explique-t-il. Soit que ces ICI sont fermés, soit ils ont été avisés que RM ne pouvait prendre leurs matières.

De ce volume déjà diminué, «on pense trier 70% de la matière qu’on va recevoir dans les prochaines semaines», prévoit M. Dostaler. Le tri se fera sur un seul quart de travail. C’est mieux que les prévisions de la semaine dernière, dit-il, alors qu’on ignorait combien de trieurs on pourrait ravoir.

Les matières qui ne pourront être triées seront pressées en ballots durant l’autre quart de travail avec un moins grand nombre d’employés.

L’option d’enfouir ces matières recyclables «est complètement éliminée», assure-t-il.

Les matières pressées seront possiblement envoyées à d’autres centres de tri comme c’est le cas depuis plusieurs semaines.

Rappelons qu’au cours de l’hiver qui vient de passer, RM a dû fermer ses portes afin de réparer la toiture de son usine qui avait été déformée par des accumulations de glace et de neige au cours de l’hiver 2018-2019. Durant cette période, le contenu des bacs bleus a été acheminé dans d’autres centres de tri au Québec.

Récupération Mauricie n’a pas encore fait de prébilan des impacts financiers de la crise de la COVID-19. Ce sera la prochaine étape, indique le président.

Malgré la crise actuelle, les courtiers continuent d’acheter des matières. «Notre carton s’en va chez Kruger. S’ils veulent continuer à produire, il faut qu’on les approvisionne», illustre-t-il. Les choses vont bien aussi pour le verre et le métal. Toutefois, le papier mixte demeure un problème. «Même le marché de l’Inde qui s’était resserré est carrément fermé aux importations. Ce n’était pas gagné d’avance avant la COVID-19» rappelle-t-il. «C’est un marché à travailler», rappelle-t-il.

Pour ce qui est des écocentres, ils demeurent toujours temporairement fermés, signale la porte-parole de la RGMRM, Sylvie Gamache. Les citoyens sont invités à entreposer leurs matières à la maison et à ne pas déposer des objets aux abords des écocentres durant cette période de fermeture temporaire.