Pas moins de 150 professeurs s’étaient déplacés à la réunion pour démontrer qu’ils tenaient à la carte de programmes en place.

Le Cégep fait volte-face

TROIS-RIVIÈRES — Au terme d’une longue réunion qui avait lieu mercredi soir, le conseil d’administration du Cégep de Trois-Rivières a fait volte-face. En effet, le programme Mécanique industrielle, celui d’Éco-développement et l’option Contrôle des matériaux du programme Technologie du génie métallurgique seront maintenus pour l’année 2018-2019.

Une décision a été prise en ce sens puisque les demandes d’admission laissent croire à l’atteinte du nombre de 10 inscriptions pour le programme de Mécanique industrielle.

Pour leur part, la voie de sortie Contrôle des matériaux du programme de Génie métallurgique et le programme d’Éco-développement seront soutenus financièrement par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES).

Toutefois, le conseil d’administration a décidé que, faute d’inscriptions, le programme Mécanique du bâtiment et la voie Télécommunications du programme Technologie de l’électronique seront mis en pause à la rentrée 2018.

«Il est important de préciser que les étudiants et les étudiantes déjà en cheminement (2e ou 3e année) en Mécanique du bâtiment et en Télécommunications pourront terminer leur parcours scolaire comme prévu. Également, tous les étudiants ayant fait une demande d’admission dans ces programmes et voies de sorties ont été contactés par le collège afin qu’ils puissent être admis dans un autre programme sans être pénalisés», souligne Louis Gendron, directeur général du Cégep de Trois-Rivières.

Cela dit, le Cégep évaluera la possibilité d’offrir un DEC intensif en Mécanique du bâtiment dans une formule renouvelée. Le MEES soutiendra financièrement les travaux de reconfiguration du DEC par l’embauche d’un spécialiste en élaboration de programmes qui accompagnera les cégeps du Québec offrant ce programme dans cet exercice.

En ce qui concerne la voie Télécommunications du programme Technologie de l’électronique, le Cégep poursuivra ses travaux afin de développer une offre de formation d’appoint permettant de former la main- d’œuvre de ce secteur tout en explorant la possibilité de présenter un projet en apprentissage en milieu de travail

« Ce que nous désirons, ce n’est pas de cesser d’offrir la formation, mais plutôt de transformer et d’adapter notre offre en réponse des intérêts des jeunes et des adultes en formation et aux besoins des entreprises», indique Annie Villemure, présidente du conseil d’administration.

Jean Fournier

Intervention du gouvernement
C’est le député de Trois-Rivières, Jean-Denis-Girard, qui a interpellé la ministre responsable de l’Enseignement supérieur, Hélène David, dans ce dossier. Il se disait donc très heureux de l’intervention rapide.

«Ce sont de bonnes nouvelles par rapport à ce que nous avons entendu au niveau des programmes. Nous travaillons afin que nos maisons d’enseignement puissent fournir la main-d’œuvre nécessaire à nos entreprises sur le terrain. Pour moi, ce qui est important c’est que la ministre soit au courant du défi que nous avons à relever à Trois-Rivières et que des décisions soient prises rapidement pour que nous puissions former nos étudiants relativement à nos besoins», explique M. Girard.

La ministre s’est également engagée à revoir les conditions d’admission de certains programmes.

«L’une des problématiques que nous avons dans des programmes comme ceux-là, c’est que certains critères d’admission nécessitent que les jeunes prennent une décision alors qu’ils sont en secondaire trois et qu’ils n’ont encore aucune idée de ce qu’ils veulent faire dans la vie. Ensuite, ils arrivent au Cégep et réalisent qu’ils n’ont pas les prérequis. Il faut donc faciliter l’entrée de ces jeunes-là dans ce type de programme», ajoute-t-il.

Il mentionne aussi que du travail devra être effectué en amont afin de faire la promotion des formations en question.

Le syndicat prend la parole
Plus tôt dans la soirée, le syndicat avait pris la parole afin de présenter un argumentaire visant à faire renverser la vapeur et ne pas aller de l’avant avec cette initiative de la direction de l’établissement.

«Nous avons tendu une main au conseil d’administration avec des pistes concrètes pour sortir de la crise ensemble avec le moins d’écueils possible. Mes collègues-professeurs m’ont également appuyé pour parler de leur point de vue et illustrer tout le rayonnement de ces programmes. Un rayonnement qui est à la fois local, régional, national et même international. C’était donc important pour nous de prendre la parole autour de ces éléments», soutient Jean Fournier, président du syndicat des professeurs du Cégep de Trois-Rivières.

D’ailleurs, pas moins de 150 professeurs s’étaient déplacés à la réunion pour démontrer qu’ils tenaient à la carte de programmes en place.

Rappelons que le Cégep de Trois-Rivières envisageait de suspendre les programmes de Mécanique du bâtiment, Mécanique industrielle, l’option télécommunications du programme Technologie de l’électronique, l’option Contrôle des matériaux du programme Technologie du génie métallurgique ainsi qu’Éco-développement (anciennement Pâtes et papiers). Le trop petit nombre d’inscriptions justifiait la suggestion faite au conseil d’administration.