Le Carnaval de Gentilly annulé à son tour

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
Bécancour — Pour la première fois en 51 ans d’histoire, le Carnaval de Gentilly n’aura pas lieu l’hiver prochain en raison de la pandémie de la COVID-19. Les organisateurs ont décidé de reporter la tenue de la 52e édition à l’automne 2021-hiver 2022.

«Ce n’était évidemment pas le dénouement souhaité. Toutefois, devant l’évolution de la situation actuelle et l’ensemble de ses impacts, la décision s’imposa d’elle-même», explique la présidente du 52e Carnaval de Gentilly, Sophie Houde.

Interrogée à savoir si l’annulation de l’événement n’était pas trop précipitée, elle rappelle que sa préparation se fait déjà au printemps et à l’été pour une programmation d’automne pré-carnavalesque.

«On commence autour de fin octobre, début novembre avec la présentation des duchesses, le début de la vente des billets dans les maisons et les activités de fêtes de Noël des enfants. Après ça, en janvier, février, on fait la période du Carnaval directement», décrit-elle.

Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, s’est dit surpris de l’annulation à ce moment-ci de l’année, mais comprend tout de même la décision.

«Ça démontre l’ampleur de ce qui se passe. Ça commence à être sérieux. Avec le beau temps, on aura plus de pression pour ramener le bonheur dans la ville», confie celui qui est sur le point de se pencher sur l’annulation de la saison de la navette fluviale et du trolley.

Ce n’est donc pas sans émotion que la décision d’annuler le Carnaval de Gentilly fut prise, et ce, après mûre réflexion et en concertation avec 27 anciens présidents.

«Avec eux, on a regardé toutes les avenues, toutes les possibilités, compte tenu de la charge de travail, de toute la gestion des commanditaires, le suivi. Parce que notre édition, il faut la préparer d’avance, il faut faire la promotion», fait remarquer MmeHoude.

Mais, dit-elle, «on s’est laissé une porte ouverte très grande au fait qu’on souhaite à l’hiver prochain mettre, avec Loisirs Gentilly, des activités qui vont faire qu’on va pouvoir quand même divertir sous la formule un peu plus libre, sans nécessairement être attachée à la formule Carnaval. Et des bénévoles sont déjà intéressés pour s’impliquer dans des activités ponctuelles», a-t-elle laissé entendre. Bref, l’idée serait de tenir une activité rassembleuse quand les conditions permettront de le faire en toute sécurité.

Selon Mme Houde, le coronavirus suscitait beaucoup d’incertitude «et beaucoup de préoccupation de l’humain». «Ce sont quand même des événements, des activités qui regroupent environ 200 personnes. Si la distanciation sociale est encore de mise, on fait comment? Comme on n’est pas un service essentiel, on a choisi de reporter, avec beaucoup d’émotion. C’est historique dans l’histoire du Carnaval, qui est le deuxième plus vieux Carnaval au Québec», a-t-elle souligné.

«Et la décision a été prise par respect pour tous les gens qui gravitent autour d’un événement d’une telle envergure: la centaine de bénévoles, les duchesses, les intendants, les partenaires financiers, les participants. On ne sait pas trop comment va se dérouler l’automne pour eux», renchérit la présidente.

Et alors que le Carnaval remet bon an, mal an quelque 60 000 dollars par année à Loisir Gentilly, cette dernière organisation doit elle aussi revoir sa programmation, ne sachant pas ce qui va se passer au niveau du sport et du loisir.

«Notre message, c’est vraiment le respect. Avec cette décision-là, on voulait respecter les gens, les commerces et les entreprises qui sont notre essence, et dire aux gens que probablement, dans les prochains mois, il y aura des offres de divertissement qui vont être accessibles à eux, et d’encourager les commerces locaux. Notre économie va s’en porter que gagnante d’encourager nos gens autour», poursuit Mme Houde.

Celle-ci croit qu’après une pause d’un an, les gens seront des plus heureux de se retrouver et qu’en attendant, lorsque cela sera à nouveau possible, ils pourront recommencer à fréquenter les divers commerces, bars, restaurants et salle de spectacles du coin. «Cela sera une des plus belles démonstrations de la solidarité qui les anime», affirme-t-elle.

Si le Bonhomme Carnaval est en pause forcée, l’organisation envisage la possibilité de «le sortir de temps en temps pour faire un petit sourire, un petit coucou à la population».