Marie St-Arnault-Bronsard a reçu des félicitations des premiers ministres du Québec et du Canada, des députés, du ministre François-Philippe Champagne, de la reine et du maire Michel Angers, ici.

Le CAB compte une bénévole centenaire

Une fois par semaine, Marie St-Arnault-Bronsard se rend au Centre d'action bénévole (CAB) de Shawinigan au service des Mains habiles où une vingtaine de dames fabriquent, tissent et cousent divers objets pratiques qu'elles vendent deux fois par année. Elles versent ainsi environ 4000 $ au Noël du Pauvre chaque année.
Mme Bronsard a eu la surprise, jeudi, d'être accueillie par ces bénévoles aux mains d'or. Des ballons, des lettres de félicitations et un bouquet de fleurs l'attendaient. C'est que le 4 avril, l'artisane a eu 100 ans et tous s'accordent pour dire qu'elle ne les fait pas et s'émerveillent devant sa bonne forme physique.
Mme Bronsard est entrée debout, sans même l'aide d'une canne, dans la grande salle de réunion du CAB, les mains dans le visage, visiblement très émue et surtout très surprise d'une telle attention alors que les invités lui entonnaient le traditionnel «Bonne fête, Marie!»
«Je m'en venais travailler, moi!», a-t-elle lancé en réponse à cette petite fête inattendue.
C'est elle qui prépare, en effet, les bobines de fil qui seront utilisées par les bénévoles pour tisser, au métier de basse lisse, des napperons, des sacs pour les épingles à linge, des tapis et autres jolis objets utiles.
La centenaire fait du bénévolat depuis 25 ans. Autrefois, elle tricotait des bas avec la laine du pays. «Des fois, quand on prend notre café, elle va laver la cafetière et la vaisselle. Elle dit: ''je suis encore capable de faire ça''», raconte Thérèse Dandurand, une des bénévoles.
Ses amies du service Mains habiles ne cachent pas leur admiration envers elle. Son ouïe, sa vue et surtout son cerveau sont à ce point en bon état qu'elle vit encore toute seule chez elle et qu'elle entretient sa maison.
«Hier, j'ai sorti la pelle», dit-elle. Elle craignait en effet que la neige tombée puisse geler et qu'elle ne puisse plus sortir.
Il y a deux ans, nous dit-on, sa fille lui a interdit de monter sur le garage pour enlever la neige elle-même. 
«Le docteur m'a donné ordre, il y a un an, de ne plus sortir toute seule», raconte-t-elle avec un petit sourire qui en dit long sur ses exploits malgré son grand âge. «Ça m'a donné un coup, ça», confie-t-elle. «Je le sais, je perds l'équilibre. Je m'en vais à gauche», explique-t-elle.
La dame toute menue, veuve depuis 1980 et mère d'une fille, ne cache pas qu'elle aime bien faire son bénévolat hebdomadaire. Ses compagnes indiquent que son activité préférée, c'est de jaser avec tout le monde.
France Perreault, de Shawinigan, qui vient régulièrement tisser, raconte que Mme Bronsard «jase beaucoup avec nous autres et elle aime rire», dit-elle. 
«Elle jase de ses petits-enfants, quand elle les voit et de ses souvenirs», ajoute Mme Dandurand.
Seule survivante d'une famille de neuf enfants, la centenaire assure qu'elle n'a aucune idée de ce qu'elle a pu faire pour arriver à cet âge en aussi bonne santé, d'autant plus qu'elle fume de 6 à 8 cigarettes par jour. 
«Ce n'est pas moi qui run ça. Il n'y en a rien qu'un et Il n'est pas bavard. Il ne vient pas nous le dire», explique-t-elle en riant. Avant de se marier, elle raconte avoir travaillé 10 ans dans une banque. Son mari n'a jamais voulu qu'elle travaille à l'extérieur par la suite.
Sa seule fille, qui habite à Candiac, vient une fois aux deux semaines l'aider à faire ses emplettes. «Je m'organise pour avoir de quoi faire 15 jours», raconte la remarquable centenaire.