Le maire de Saint-Barnabé, Michel Lemay.
Le maire de Saint-Barnabé, Michel Lemay.

Le budget enfin adopté par les élus à Saint-Barnabé

SAINT-BARNABÉ — Le conseil municipal de Saint-Barnabé s’est finalement doté d’un budget pour l’année 2020, lundi soir. Les élus de la municipalité se sont entendus sur un cadre budgétaire qui prévoit, comme l’avait annoncé précédemment le maire Michel Lemay, une hausse de la taxe foncière, qui passe de 79 cents à 91 cents par tranche de 100 $ d’évaluation.

«On est bien content parce qu’à un moment donné, il faut taxer. Sinon, on embarque sur la marge de crédit. On est déjà rendu presque au mois de février, six semaines en retard. Ça a été un peu plus ardu, mais on y est arrivé», souligne M. Lemay.

La précédente proposition budgétaire avait en effet été rejetée par une majorité de conseillers, le 17 décembre dernier. Ces élus considéraient que la hausse de la taxe foncière à 95 cents, une augmentation de 20 % par rapport à 2019, était trop salée.

Pour limiter cette hausse, le conseil a convenu de diminuer ses dépenses d’environ 50 000 $. De ce montant, 10 000 $ seront économisés dans les loisirs, avec une diminution du nombre de places et une augmentation des coûts d’inscription au camp de jour de 2020. Un autre 10 000 $ sera épargné sur le budget alloué au service incendie de la municipalité. Le poste budgétaire de 8000 $ prévu pour l’embauche d’une firme pour recruter un nouveau directeur général a disparu du nouveau budget et l’enveloppe de 25 000 $ prévue pour les frais juridiques de la municipalité a été réduite de 8000 $ également. Ce poste budgétaire reste cependant bien plus élevé que lors des années précédentes, puisque des élus pourraient demander le remboursement de frais d’avocat au cours de l’année. Certains ont en effet été rencontrés par la Commission municipale du Québec, en lien avec des allégations d’irrégularités dans l’octroi d’un contrat de déneigement, l’automne dernier.

Ce sont d’ailleurs les frais de déneigement qui expliquent la hausse de taxe pour 2020, selon le maire Lemay.

«C’est le déneigement qui nous a fait très mal. On a eu des taux horaires à payer, un contrat à mi-année, alors c’est sûr que c’est plus dispendieux. On approche les 200 000 $ alors qu’on était en bas de 100 000 $ (l’an dernier). On a doublé le coût du déneigement», affirme-t-il.

Saint-Barnabé a effectivement dû se lancer à la recherche d’une nouvelle entreprise à qui accorder un contrat de déneigement, l’automne dernier. Un contrat de gré à gré avait été octroyé à une entreprise de Maskinongé, mais le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) avait exigé que la municipalité retourne en appel d’offres. Celui-ci n’avait pas permis de trouver une entreprise intéressée.

La municipalité a finalement octroyé ce contrat de gré à gré avec le Groupe Bellemare, pour un montant de 162 321,71 $, effectif le 13 janvier. Entre temps, Saint-Barnabé a toutefois dû payer une entreprise à l’heure pour déneiger ses rues, en contrat d’urgence, ce qui a gonflé la facture de déneigement.

Les prévisions du conseil établissent donc le budget pour l’année 2020 à 1 737 095 $. Les élus ont également adopté le plan triennal d’immobilisation de la municipalité. Les investissements à venir s’élèvent à un peu plus de 2,2 millions, soit 1 376 225 $ pour 2020, 878 140 $ pour 2021 et 22 500 $ pour 2022.

Soulagement

Les conseillers présents lundi soir étaient eux aussi heureux d’avoir enfin pu s’entendre sur le budget. «À 20 % (d’augmentation de la taxe), je n’étais pas d’accord, j’avais voté contre. Là, je pense qu’à 15 %, on a fait le meilleur de ce qu’on pouvait dans tous les postes budgétaires. Il y a un gros travail d’équipe qui a été fait. Pour ma part, je suis très satisfait de ça», mentionne Jimmy Gélinas, qui occupe le siège numéro six.

«Ce n’est pas le budget idéal qu’on aurait voulu. Quinze pour cent, ce n’est quand même pas rien. Mais on a coupé partout. On ne peut pas dire qu’on pouvait faire plus», renchérit Michel Bournival, conseiller au siège numéro deux.

Tous les élus étaient présents lundi soir, à l’exception de Stéphanie Rivard (siège numéro un).

Rencontre avec le MAMH

Même si les élus se sont entendus sur le budget 2020, l’ambiance n’est toujours pas au beau fixe au sein du conseil. Rappelons qu’avant les Fêtes, dans la foulée de la saga du déneigement, des conseillers et des citoyens avaient critiqué publiquement l’attitude du maire Michel Lemay.

«C’est sûr qu’il y a des ponts à reconstruire, reconnaît ce dernier. On a le ministère des Affaires municipales qui va nous rencontrer la semaine prochaine pour nous aider à passer au travers de notre petite tempête. Mais je suis très positif pour les prochaines semaines. Comme vous l’avez vu ce soir, on a des projets en cours. Je pense que les gens attendent qu’on se mette à la tâche et on va le faire.»

Selon le maire Lemay, cette rencontre portera sur les relations humaines et le rôle des différents intervenants du milieu municipal, élus et fonctionnaires.

«Ces gens viennent pour nous aider, nous guider et nous donner des pistes de solution dans différents conflits ou problématiques municipales», résume-t-il.