Les obligations en matière d’alimentation en eau potable sont strictes.
Les obligations en matière d’alimentation en eau potable sont strictes.

Le bras de fer continue entre la Régie d’aqueduc de Grand Pré et la Municipalité de Yamachiche

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Saint-Édouard-de-Maskinongé — Fraîchement sorties d’un conflit devant la Cour supérieure, la Régie d’aqueduc de Grand Pré et la Municipalité de Yamachiche se retrouveront de nouveau devant les tribunaux. La Régie vient de déposer une demande d’injonction contre la Municipalité afin de la forcer à remettre dans son état initial son réseau qui aurait subi des modifications à son insu.

Les relations entre la Régie et Yamachiche étaient déjà tendues avec le recours de la Municipalité contre l’organisme visant à forcer cette dernière à permettre un branchement dédié à l’usine ATrahan, nouvellement agrandie. La cause s’est retrouvée en Cour supérieure au cours de l’hiver et du printemps 2019. En avril, le juge Bernard Tremblay acceptait la demande de Yamachiche et ordonnait à la Régie de permettre ce branchement pour que l’entreprise Olymel ait accès à de l’eau en quantité suffisante afin d’alimenter son usine de Yamachiche.

Ce nouveau recours n’a rien à voir avec le dossier d’Olymel, mais ce moyen mis de l’avant par la Régie envers une de ses membres laisse entendre que la qualité des relations semble toujours faire défaut. D’ailleurs, le représentant de Yamachiche serait absent des séances du conseil d’administration de la Régie depuis plusieurs mois.

Dans le présent dossier, la Régie affirme qu’à deux reprises, au cours de l’automne dernier, Yamachiche a procédé à des travaux sur sa conduite. Yamachiche aurait installé une vanne sous pression sur la conduite d’eau de la Régie, des travaux qui ont causé une fuite d’eau à la hauteur des chemins du pont Masson et de la Rivière-du-Loup. Selon le document déposé au greffe civil du palais de justice de Trois-Rivières, la Régie soutient que Yamachiche a coupé la conduite et la gaine de protection.

Une autre fuite d’eau a été constatée, cette fois à l’angle de la route Saint-Sévère et du chemin des Acadiens, soit tout près de l’usine ATrahan. Selon la Régie, Yamachiche a posé une sellette en forme de T sur sa conduite d’eau, une fois de plus sans autorisation.

«Les obligations en matière d’alimentation en eau potable sont strictes et la demanderesse (la Régie) ne peut permettre que de tierces installations sur lesquelles elle n’a aucun contrôle puissent avoir une incidence sur les obligations qui lui sont applicables dans la distribution d’eau potable», énonce la Régie, qui a été mise au courant de ces situations en raison de la constatation des fuites.

Via sa requête, la Régie demande au tribunal d’ordonner à Yamachiche la remise en état de son réseau, aux frais de la Municipalité. Cette dernière devra au préalable soumettre à la Régie tous les détails entourant la réhabilitation des installations advenant que la cour accueille la requête de l’organisme.

Contacté mardi par Le Nouvelliste, Paul Carbonneau n’était pas au courant du dépôt de cette injonction. Mis au parfum de son contenu, le maire de Yamachiche admettait volontiers son incompréhension face à cette procédure.

«Au pont Masson, on a défait les travaux, comme le juge (Tremblay) le demandait dans sa décision. On a défait les travaux la semaine dernière. À la route Saint-Sévère, il n’y a pas eu de travaux. On prévoyait en faire, mais la Régie ne voulait pas. On ne peut pas défaire quelque chose qu’on n’a pas fait.»

Barbara Paillé, présidente de la Régie d’aqueduc de Grand Pré, préfère s’abstenir de commenter le dossier étant donné qu’il est devant les tribunaux.