Flanqué de plusieurs députés, dont Louise Charbonneau, députée de Trois-Rivières, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a rencontré les représentants des travailleurs de l’Aluminerie de Bécancour.
Flanqué de plusieurs députés, dont Louise Charbonneau, députée de Trois-Rivières, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a rencontré les représentants des travailleurs de l’Aluminerie de Bécancour.

Le Bloc veut une protection pour l’aluminium

Mathieu Lamothe
Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste
BÉCANCOUR — Une délégation de députés du Bloc québécois, mené par son chef Yves-François Blanchet, était de passage à Bécancour, mercredi, afin d’écouter les arguments et les inquiétudes des employés de l’ABI sur l’Accord Canada – États-Unis – Mexique, qui ne contient aucune disposition protégeant le secteur de l’aluminium, contrairement à celui de l’acier.

Lors de son arrêt au Centre-du-Québec, le chef indépendantiste était accompagné de Mario Simard, député de Jonquière, d’Alexis Brunelle-Duceppe, député de Lac-Saint-Jean, Louise Charbonneau, députée de Trois-Rivières et Marilène Gill, députée de Manicouagan. Le député de Bécancour-Nicolet-Saurel, Louis-Plamondon, était absent pour des raisons personnelles.

En mêlée de presse après sa rencontre avec les travailleurs de l’ABI, il a indiqué que son parti avait fait une proposition, sans en dévoiler le contenu, à la ministre des Affaires intergouvernementales, Chrystia Freeland, afin que l’Accord Canada – États-Unis – Mexique (ACEUM) soit doté d’une disposition similaire à celle destinée à protéger le secteur de l’acier pour l’aluminium. La protection pour l’acier impose que le métal de ce type utilisé dans l’industrie automobile doit avoir été coulé et fondu en Amérique du Nord, ce qui n’est pas le cas pour l’aluminium selon le Bloc québécois.

Selon les prétentions de la formation politique, même si 70 % des pièces en aluminium utilisées dans la production des automobiles en Amérique du Nord proviendront bel et bien d’ici, l’aluminium contenu dans les pièces n’est nullement obligé d’y provenir en vertu de la version actuelle de l’accord. Dans un contexte où la Chine fabrique de l’aluminium à très bas coûts, l’ACEUM permettra à l’industrie chinoise d’inonder les marchés canadiens et américains. Ainsi, des pièces de voitures supposément nord-américaines seront fabriquées avec de l’aluminium provenant de Chine.

«Il existe dans les relations commerciales entre le Canada, les États-Unis et le Mexique une façon de faire cheminer une proposition lorsqu’on a une inquiétude pour un secteur économique particulier. C’est prévu à même le nouveau traité et ça existait également sous l’ALÉNA. On peut donc utiliser ses mécanismes pour obtenir une protection pour l’aluminium. [...] J’attends un retour de la ministre. Il faut régler ça. Nous voulons que l’accord entre en vigueur, mais avec une protection pour l’aluminium», martèle M. Blanchet.

Le nouveau président du syndicat des travailleurs de l’ABI, Éric Drolet, a quant à lui salué la volonté et les efforts des élus du Bloc québécois afin de pallier une lacune qui pourrait avoir des impacts néfastes pour l’industrie de l’aluminium.

«Je veux remercier grandement l’implication du Bloc québécois et de M. Blanchet pour la défense de notre industrie et des emplois qui font vivre des centaines de familles, sans quoi, tout ça serait passé sous silence. Ce combat est important, mais ce n’est pas tout. Il faut s’assurer de la pérennité de notre industrie en investissant dans nos usines. Ce n’est pas avec un accord comme celui-là qu’elles vont pouvoir prospérer, continuer de se moderniser et suivre les avancées technologiques dans les procédés de fabrication de l’aluminium», indique M. Drolet.