Le chef bloquiste était entouré des candidats du parti dans la région, soit Nicole Morin (Saint-Maurice-Champlain), Yves Perron (Berthier-Maskinongé), Louise Charbonneau (Trois-Rivières) et Louis Plamondon (Bécancour-Nicolet-Saurel). Les candidats Julie Vignola (Beauport-Limoilou), Gabriel Ste-Marie (Joliette) et Simon-Pierre Savard-Tremblay (Saint-Hyacinthe-Bagot) étaient également à ses côtés.

Le Bloc québécois veut remplacer la péréquation actuelle par une «péréquation verte»

TROIS-RIVIÈRES — Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, était de passage dans la région dimanche. Après avoir fait un arrêt dans sa ville d’adoption, Shawinigan, il a mis le cap sur Trois-Rivières, pour y réitérer et détailler davantage la proposition de son parti de mettre en place une «péréquation verte», qui pénaliserait les provinces les plus pollueuses et récompenserait celles qui réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre (GES).

Le Bloc souhaite que la taxe carbone imposée par Ottawa à quatre provinces canadiennes soit de 102 $ la tonne d’ici 2030 au lieu des 50 $ la tonne qu’Ottawa percevra à partir de 2022. Cet argent devrait en outre être redistribué aux provinces où les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont inférieures à la moyenne canadienne, remplaçant en partie les paiements de péréquation.

Cette péréquation verte serait instaurée progressivement à partir du 1er juillet 2020, avec un tarif de 30 $ la tonne au lieu des 20 $ qu’impose présentement Ottawa. La taxe sur le carbone actuelle serait abolie dans les provinces où les émissions par habitant sont inférieures à la moyenne canadienne.

«Tant qu’il ne deviendra pas coûteux de polluer et payant d’être vert, le Canada continuera de polluer et le Québec, avec ses énergies propres, peinera à prendre son envol, indique M. Blanchet. Il faut remplacer une partie de la vieille péréquation, qui est un chèque d’assistance, par la péréquation verte.»


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Cette mesure pénaliserait particulièrement l’Alberta et la Saskatchewan, productrices de pétrole, qui émettent la plus grande quantité de GES par habitant. Ces provinces, avec le Manitoba, Nouveau-Brunswick et l’Ontario, ont d’ailleurs été forcées d’adopter la taxe sur le carbone fédérale actuelle, ne disposant d’aucun mécanisme de compensation pour leurs émissions de GES.

Le gouvernement Trudeau a promis que 90 % des montants perçus par Ottawa par le biais de sa taxe carbone retournerait aux contribuables des provinces visées par le biais du programme Incitatif à agir pour le climat. Or, le chef du Bloc souhaite plutôt que cet argent soit retourné aux provinces où les émissions de GES sont inférieures à la moyenne canadienne. La répartition des montants perçus par la nouvelle taxe sur le carbone serait modulée: moins une province émettra de GES, plus elle recevra d’argent en «péréquation verte».  

Par ailleurs, pour chaque dollar versé en péréquation verte, Ottawa diminuerait de 90 cents ses versements de péréquation traditionnelle. Le Bloc souhaite qu’à terme, cette formule diminue grandement les paiements de péréquation, ce qui permettrait du même coût de réduire l’impôt sur le revenu perçu par Ottawa.