Le nouveau chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a annoncé mercredi à Shawinigan la tenue d’une tournée nationale sous le thème «Ce que le Québec veut, le Bloc québécois le veut».

Le Bloc québécois en mode élection

SHAWINIGAN — À neuf mois des élections et avec un nouveau chef, le Bloc québécois est déjà en mode campagne électorale. Le parti fédéral souverainiste a annoncé mercredi à Shawinigan une tournée nationale qui mènera le nouveau chef Yves-François Blanchet aux quatre coins du Québec. Cette tournée vise à sonder les préoccupations des électeurs, mais aussi à regarnir les coffres du parti.

Le thème de cette tournée est «Ce que le Québec veut, le Bloc québécois le veut» et il démontre bien la volonté du Bloc québécois de centrer ses priorités sur les préoccupations des électeurs. «Le Bloc québécois ne parle que pour le Québec, que pour les préoccupations de ce fameux vrai monde, de cette classe moyenne qui ne commence pas à 200 000 $ de revenus», affirme le chef de la formation politique, Yves-François Blanchet.

Le successeur de Martine Ouellet ira donc à la rencontre des électeurs des régions du Québec en plus de faire une tournée des médias locaux pour exposer la vision du Bloc québécois. Yves-François Blanchet avoue que certaines associations de circonscription doivent aussi être remises sur pieds.

Les dix députés du Bloc québécois étaient à Shawinigan mercredi dans le cadre d’un caucus présessionnel pour notamment développer le programme du prochain congrès qui devrait être en mars prochain. «On va parler de commerce, d’économie, d’écologie, d’identité et de langue», résume le nouveau chef du Bloc québécois.

Dès l’annonce de la candidature d’Yves-François Blanchet à la tête du Bloc québécois, Louis Plamondon affirme que les militants ont été nombreux à manifester un intérêt renouvelé à l’égard du parti. Et cela se traduit déjà dans les finances du parti. Uniquement en décembre dernier, le Bloc québécois a recueilli un peu plus de 300 000 $ en dons.

«Nous n’avons pas vu ça depuis 10 ans», précise Louis Plamondon, le député de Bécancour-Nicolet-Saurel.

«J’insiste pour que le Bloc québécois soit aussi nanti en vue des prochaines élections que les autres partis pour le Québec», ajoute Yves-François Blanchet.

Des aspirations en Montérégie

Même si lors de son allocution il a évoqué d’entrée de jeu qu’il habitait à Shawinigan, Yves-François Blanchet n’a pas l’intention de briguer le siège de député de la circonscription de Saint-Maurice-Champlain, actuellement détenue par le ministre libéral de l’Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne. Le nouveau chef du Bloc québécois vise une circonscription en Montérégie, où on retrouve traditionnellement un fond d’électeurs souverainistes et où Yves-François Blanchet jouira d’une belle visibilité.

«Battre François-Philippe Champagne dans Saint-Maurice-Champlain, le dire fait déjà preuve d’audace. C’est un député qui a gagné avec une forte majorité. Menant une campagne nationale, je n’irai pas cogner aux 4500 portes de cette circonscription», soutient le chef du Bloc québécois. «Ça prend quelqu’un qui est capable de le faire et qui a des racines très profondes dans la région. Je n’ai pas caché mon enthousiasme à l’égard de la candidature de Pierre Jolivet, le fils de Jean-Pierre Jolivet.»

Le candidat à l’investiture dans Saint-Maurice-Champlain est conscient que la campagne contre le ministre Champagne sera difficile. L’enseignant en musique avoue également que l’arrivée d’Yves-François Blanchet à la tête du Bloc québécois l’a encouragé à déposer sa candidature. «Ça nous prend un chef comme M. Blanchet qui est rassembleur et qui va bien vendre l’idée du Bloc québécois», précise Pierre Jolivet.

Premier rassemblement de militants

Près de 75 souverainistes ont participé mercredi à Shawinigan au premier rassemblement de militants depuis la nomination d’Yves-François Blanchet. Plusieurs députés du Bloc québécois y étaient ainsi que certains ténors du mouvement souverainiste de la région.

Outre les députés bloquistes actuels, on retrouvait sur place d’anciens élus, dont Yves Duhaime, Jean-Pierre Jolivet, Noëlla Champagne, Yves Rocheleau ainsi que le président du parti, Yves Perron.

Les mots qui revenaient sur toutes les lèvres étaient «le renouveau du Bloc québécois» après une crise de leadership qui a bien failli détruire le parti souverainiste fédéral.