Claudiane Gélinas

«Le bénévolat me donne de l’énergie»

Notre-Dame-du-Mont-Carmel — Juste à côté de la maison de Claudiane Gélinas, à Notre-Dame-du-Mont-Carmel, il y a une petite grange. Le caquetage des poules qui attendent patiemment leur ration de retailles de légumes s’entremêle au criaillement de faisans. Une chèvre se mêle, parfois avec insistance, de leur conversation.

Nous sommes accueillis par une chienne douce et sociable tandis que dans une cage située dans la cuisine, une lapine réclame elle aussi son déjeuner.

Claudiane Gélinas, celle qui s’occupe d’eux affectueusement, est infirmière depuis 2009. Elle aurait peut-être été vétérinaire si la formation n’avait pas été si coûteuse. Quand on sait combien d’heures les infirmières sont souvent appelées à fournir dans une seule journée, on se demande comment la jeune femme de 32 ans arrive à donner autant de son temps. Ce n’est pas tant sa basse-cour qui lui en demande, mais tout le bénévolat qu’elle accomplit, à commencer par son syndicat professionnel où elle accueille, depuis 4 ans, toutes les afflictions de ses collègues.

Ce qui l’occupe sans doute le plus, c’est la présidence du conseil d’administration de la Fondation de La Séjournelle, une maison qui accueille les femmes victimes de violence conjugale, leurs enfants et même leur animal domestique, quand il le faut.

Avec les 130 bénévoles de la Fondation qu’elle chapeaute, Mme Gélinas coordonne les bars de toutes les estrades du Festival western de Saint-Tite. «C’est parti d’un seul kiosque, en 2016», raconte-t-elle.

Chaque année, il se rajoute de nouveaux bénévoles, des bénévoles qui ont toute l’admiration de leur jeune présidente. «Certains font 50 heures, d’autres jusqu’à 100 heures pour la cause, durant le Festival. Durant les grosses journées de rodéo, on peut compter jusqu’à 90 bénévoles de la Fondation sur place en même temps.

Leur bénévolat dévoué permet à la Fondation de recueillir en moyenne 50 000 $ par année, un montant qui sert à payer la nourriture, l’électricité et autres besoins de La Séjournelle dont le taux d’occupation est de 112 %. Ce grand blitz permet à la Séjournelle de limiter le nombre de ses collectes de fonds.

Grâce aux montants recueillis, la cuisine de la maison vient tout juste d’être agrandie. Le soulagement est grand parce que 25 femmes et enfants devaient s’entasser autour d’une table prévue pour huit convives. De généreux partenaires font des dons en nourriture et ont fourni des électroménagers.

Les besoins sont énormes. Il y a en effet 10 chambres et la plupart du temps, les femmes doivent y dormir avec leurs enfants. Il n’est pas rare que le bureau des intervenantes et même la salle de jeux des enfants doivent être convertis en chambres à coucher de fortune.

C’est en pratiquant sa profession d’infirmière que Claudiane Gélinas a constaté le manque de communication entre le système de la santé et les OSBL comme La Séjournelle. C’est pourquoi elle a adopté la cause.

«Et puis le bénévolat, c’est ça qui me donne de l’énergie pour continuer comme infirmière», dit-elle. Mme Gélinas consacre en moyenne 32 heures par mois à cette cause. Pire encore, elle consacre ses vacances d’été aux activités de financement de la Séjournelle au Festival western de Saint-Tite. «Je n’ai pas d’enfant», fait-elle valoir pour expliquer comment elle arrive à trouver autant de temps pour le bénévolat.

Les poules de sa petite grange sont des rescapées. Elles proviennent d’une entreprise dont la grange s’est effondrée à Sainte-Flore, l’hiver dernier. Il lui aura fallu construire d’urgence un nouvel abri pour sa chèvre afin de loger toutes les petites sinistrées.

L’an passé, Claudiane Gélinas a décidé de mettre ses animaux à contribution au Festineige, une fête hivernale qui se déroule annuellement à Shawinigan-Sud. Sa fermette fait le bonheur des enfants. «On fait un peu de zoothérapie», précise-t-elle en faisant référence à Douce, sa lapine. «Le bénévolat me permet de faire ce que j’aime», explique-t-elle.

Notre Tête d’affiche souhaite créer un comité de bénévoles jeunesse afin de préparer la relève.