Le BEI a complété ses enquêtes concernant trois événements qui sont survenus dans la région en 2018. On voit ici un accident qui avait coûté la vie à un sexagénaire, en juillet 2018, en bas de la côte Plouffe, à Trois-Rivières.

Le BEI a complété ses enquêtes dans la région

Trois-Rivières — Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) a complété ses investigations, au cours de l’été, concernant trois événements distincts qui se sont produits en Mauricie en 2018. Dans tous les cas, un rapport a été transmis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) qui déterminera si des accusations seront déposées contre les policiers impliqués.

Le premier dossier concerne la mort de Pierre Deschamps, 52 ans, survenue le 29 septembre 2018. Il a été happé mortellement alors qu’il marchait en bordure d’une route, à Louiseville. Vers 23 h 05, le 28 septembre, il a été conduit à l’hôpital alors qu’il était inconscient avec une respiration incertaine. Environ une heure plus tard, il a décidé de quitter l’urgence de l’hôpital pour se rendre à son domicile de Yamachiche, seul et à pied, contre l’avis du personnel médical. La Sûreté du Québec a été avisée. Vers 0 h 30, deux policiers l’ont localisé alors qu’il marchait sur le bord d’une route, dans la bande gazonnée. Ils ont décidé de le laisser poursuivre son chemin. Environ une demi-heure plus tard, M. Deschamps se faisait happer par un véhicule.

Le deuxième cas concerne la mort de Jeannot Beaupré, 63 ans, le 19 juillet 2018, à Trois-Rivières. Selon le BEI, vers 11 h 45, un policier effectuait une opération de surveillance routière lorsqu’un véhicule a déclenché son lecteur automatique de plaques d’immatriculation. Le policier a rejoint à pied le véhicule qui était immobilisé et a cogné sur la vitre pour attirer l’attention du conducteur. Ce dernier a toutefois poursuivi sa route. L’agent est donc monté dans son autopatrouille avant d’activer ses gyrophares pour tenter de rattraper le fuyard. Toutefois, le chauffard a frappé un premier véhicule arrêté à un feu rouge avant d’en heurter deux autres, au bas de la côte Plouffe, ce qui a entraîné le décès de M. Beaupré. Amosi Niyonkuru, âgé dans la vingtaine, fait face à la justice dans cette affaire. Son enquête préliminaire se poursuit le 16 septembre.

Finalement, la mort d’un homme de 63 ans, en juillet 2018, a également fait l’objet d’une enquête du BEI. Son corps avait été trouvé dans le stationnement du poste de la Sûreté du Québec, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine. Le 5 juillet, il s’est présenté au poste de police en se disant suivi, observé et harcelé au téléphone. Après vérifications, les policiers n’ont pu corroborer ses dires. Selon le BEI, les policiers l’ont questionné sur son bien-être et sa santé mentale et lui ont proposé de l’aide pour obtenir une consultation. L’homme a refusé et a laissé sous-entendre qu’il pourrait se procurer une arme. Les policiers ont eu d’autres contacts avec le sexagénaire dont les propos les ont inquiétés. Ils ont donc tenté d’obtenir une interdiction en matière d’arme à feu en ce qui le concerne. Le résident de Saint-Luc-de-Vincennes a d’ailleurs contesté cette demande d’ordonnance, le 27 juillet, au palais de justice de Trois-Rivières. La cause avait été remise au 29 août. Il a toutefois été retrouvé sans vie dans son véhicule, le matin du 31 juillet, dans le stationnement du poste de police, à la suite vraisemblablement d’un geste volontaire. Une arme de poing se trouvait à ses côtés.

Le BEI avait aussi tenu une enquête concernant un accident qui avait gravement blessé un motocycliste, le 30 juillet 2018, sur le boulevard du Saint-Maurice, à Trois-Rivières. Le motocycliste avait pris la fuite après qu’un policier de la police de Trois-Rivières eut tenté de l’intercepter. Le DPCP a déjà statué qu’il ne portera pas d’accusation contre les policiers de Trois-Rivières dans cette affaire.

Le Bureau du coroner mène également une enquête dans ces différents dossiers.