Frédéric Dion a réussi à renouer avec la civilisation. Son aventure se termine aujourd'hui.

L'aventure de Frédéric Dion se termine aujourd'hui

J'ai officiellement atteint une route hier après une journée complètement épuisante. J'ai commencé ma journée en croisant un premier chalet qui contenait un peu de nourriture. Je suis reparti et j'ai croisé un deuxième chalet où des gens y étaient. Ils m'ont cuisiné des oeufs et du bacon. Là, la journée a vraiment commencé.
J'ai pagayé pendant sept heures et demie sans arrêter pour sortir du bois. J'ai été grandement ralenti par un orage et un vent de face. Ça m'a littéralement épuisé. Je n'ai plus de bras. J'ai couru 107 kilomètres dans un super marathon au printemps et je pense que je suis encore plus épuisé en ce moment, que je ne l'étais à ce moment-là. C'était comme dans un rêve où tu essayes d'avancer, mais tu n'y arrives pas. Je voyais l'arrivée, mais je mangeais des vagues et dès que j'arrêtais de pagayer, je reculais.
Finalement, j'ai enfin réussi! Je suis vraiment heureux. C'est le signe que je voulais pour me dire que je suis sorti et que j'ai réussi mon défi. Au début, j'y croyais à 50 %, mais là, c'est vrai. C'était un sacré gros défi, autant physiquement que psychologiquement.
Je suis sorti, mais je n'ai pas complètement fini. Il me reste encore 15 kilomètres avant d'atteindre un camp de bûcheron où mon équipe viendra me chercher, ce qui marquera la fin de mon périple. Je vais le faire à la marche demain (aujourd'hui), car je veux jouer de prudence.
Je vais dormir à la belle étoile encore ce soir (hier). Ce qui est le plus frustrant, c'est que je suis tout juste à côté d'un chalet avec des pick-up, mais il n'y a personne. Même pas une petite porte débarrée pour que je puisse entrer. Ça m'empêche un peu de savourer ma victoire. Je sors enfin du bois, mais rien n'a changé...