Mgr Luc Bouchard a annoncé la création d’un comité sur l’avenir des églises de la Mauricie qui sera sous la responsabilité de l’historien René Beaudoin.

L’avenir des églises de la Mauricie sous la loupe d’un comité

TROIS-RIVIÈRES — Des églises démolies. Des églises vendues. Des clochers disparaissent peu à peu du paysage, et la Mauricie n’est pas épargnée. Qu’adviendra-t-il des églises qui restent, ces bâtiments spacieux au valeur parfois patrimoniale et sans nul doute sentimentale, auxquels bien des citoyens demeurent attachés même s’ils sont de plus en plus désertés?

C’est pour répondre à cette question que l’évêque du diocèse de Trois-Rivières, Mgr Luc Bouchard, a annoncé, mardi, la création d’un comité sur l’avenir des églises de la Mauricie, qui sera piloté par l’historien René Beaudoin.

«Est-ce que le nombre d’églises présentement est excédentaire? C’est ce qu’il faudra étudier de très près. Mais on comprend les sentiments qui peuvent nous lier au patrimoine religieux. Et c’est pour cela peut-être qu’on peut les maintenir en cherchant des partenariats avec la communauté municipale ou autres. C’est cela qu’il faut faire. On prend la chose au sérieux. Le comité est spécifiquement mis sur pied pour étudier l’avenir des églises en Mauricie», explique
Mgr Bouchard.

Le but de ce comité n’est pas de fermer des églises, assure M. Beaudoin. «Je rassure tout de suite les paroisses: le comité ne prendra aucune décision sur l’avenir de l’une ou l’autre église en particulier. Ni l’évêque. Nous ne recommanderons aucune fermeture ou vente d’église. Les églises appartiennent aux fabriques paroissiales. C’est à elles seules de décider, avec la participation de leurs populations respectives.»

En effet, contrairement à ce que plusieurs pensent, les églises n’appartiennent pas à l’évêché mais aux fabriques. En Mauricie, depuis 2010, cinq églises ont été démolies, et depuis 1988, dix ont été vendues. Il y a 83 églises en Mauricie, dont deux ont été vendues à des Municipalités, deux sont fermées et au moins cinq sont à vendre. Quatre des bâtiments à vendre sont en fait des églises chapelles, situées en Haute-Mauricie.

Sans contredit, l’avenir des églises est à un tournant et l’évêché en est conscient. «Il faut être lucide: la baisse importante de la pratique et des revenus forcent les paroisses à prendre des décisions difficiles quant à leurs églises. Il faut mieux les soutenir et créer une instance de partage d’information», fait valoir Mgr Bouchard.  

Ce dernier assure que «l’avenir des églises est une priorité autant pour le diocèse de Trois-Rivières que pour tout le monde du patrimoine». Le comité a été créé «pour garantir un avenir au patrimoine religieux de la Mauricie» et «pour améliorer le processus de disposition des églises et des presbytères, là où ce sera le choix des communautés», précise Mgr Bouchard.

Deux mots sont au centre de cette démarche: la lucidité et la participation. La lucidité parce que sans nul doute des décisions difficiles devront être prises. Deux avenues sont possibles: garder l’église ou en disposer. «Il faut le faire avec lucidité et en regardant à moyen terme: les paroisses qui ont les ressources nécessaires décideront de garder leurs églises, mais celles qui n’ont plus d’argent ou les bénévoles pour les garder doivent décider sans trop tarder de mettre en place un processus de transmission», mentionne
M. Beaudoin. Quant à la participation, les paroisses et les communautés locales sont invitées à s’impliquer. «Il faut que tout le monde chemine en même temps», note M. Beaudoin, question que personne ne tombe des nues quand une décision sera prise.

En ce qui concerne les paroisses qui ne seront pas en mesure de garder leur église, le comité sera là pour les outiller. «Elles [les églises] peuvent répondre à d’autres besoins. Et pour cela, il faut les transmettre aux Municipalités ou à d’autres. On en est rendu là dans l’histoire du Québec. Et il faut le faire avant qu’il ne soit trop tard, avant que ça ne ressemble à l’église Sainte-Madeleine dans le secteur du Cap. La question ne se pose pas pour les paroisses qui ont des revenus suffisants à moyen terme. Mais plusieurs de nos communautés auront des décisions à prendre et le comité doit trouver les moyens de les aider à le faire. Et d’aider aussi les Municipalités ou les collectivités qui veulent acquérir leurs églises pour assurer l’avenir.»

Une façon de faire qui permettra probablement d’éviter des situations plutôt chaotiques comme ce fut le cas avec la démolition de l’église Saint-Philippe ou la vente de l’église Sainte-Madeleine. «S’il y a eu par le passé des erreurs ou des maladresses, on va essayer de faire mieux», mentionne Mgr Bouchard.

Ce dernier est bien conscient que pour certains paroissiens, leur église fait partie prenante des grandes étapes de leur vie. «C’est certain que les paroissiens, les fidèles sont attachés à cette église où ils ont été baptisés, où ils ont été mariés et où ils ont assisté à des funérailles. On peut comprendre le lien sentimental qui les lie à leur paroisse, à leur église en particulier. Et on a de très belles églises, il faut le dire. Toutefois, on peut avoir une belle maison, mais quand on n’a plus de salaire pour payer l’électricité, etc., il faut être lucide et peut-être prendre des décisions qui sont difficiles. C’est le processus qu’on est en train d’entamer. Est-ce que nous avons besoin de tout ce mobilier pour la mission? Voilà ce qui est essentiel.»

En tant que passionné du patrimoine, M. Beaudoin espère que ces bâtiments survivront que ce soit comme lieu de culte, comme centre communautaire ou autres. «Je vais pleurer chaque fois que je vais voir un clocher tomber.»

Ville de Trois-Rivières : 20 églises

Églises appartenant à La Fabrique de la paroisse Du-Bon-Pasteur, Trois-Rivières 

Église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses (1914) : Supérieure (C)*

Église Saint-Michel-Archange (des Forges) (1931) : Faible (E)

Église Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus (1954)

Église Sainte-Marguerite-de-Cortone (1957)

Église Très-Saint-Sacrement (1957)

Église Saint-Jean-de-Brébeuf (1957)

Église Sainte-Catherine-de-Sienne (1963)

Église Saint-Pie X (1964)

Église Jean XXIII (1980)

Église Saint-Laurent (1984)


Églises appartenant à La Fabrique de la paroisse Père-Frédéric, Trois-Rivières 

Église Saint-Louis-de-France (1902) : Moyenne (D)

Église Saint-Lazare (1929) : Supérieure (C)

Église Saint-Odilon (1957)

Église Sainte-Famille (1967)

Église Sainte-Bernadette (1970)

Église Saint-Gabriel-Archange (1973)


Église appartenant à La Fabrique de la paroisse Saint-Patrick, Trois-Rivières 

Église Saint-Patrick (1954)


Église appartenant à la Corporation épiscopale catholique romaine de Trois-Rivières 

Cathédrale L’Assomption de Marie (1858), Trois-Rivières : Incontournable (A)


Églises appartenant à une communauté religieuse:

Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap (1720), Trois-Rivières : Incontournable (A)

Basilique Notre-Dame-du-Cap (1964), Trois-Rivières


Ville de Shawinigan : 18 églises


Églises appartenant à La Fabrique de la paroisse Notre-Dame-de-la-Joie, Shawinigan

Église Notre-Dame-du-Mont-Carmel (1870) : Moyenne (D)

Église Sainte-Jeanne-d’Arc (1924) : Moyenne (D)

Église Notre-Dame-de-la-Présentation (1925) : Exceptionnelle (B) 

Église Saint-Sauveur (1948)

Église Saint-André (1952)


Églises appartenant à La Fabrique de la paroisse Sainte-Marguerite-d‘Youville, Shawinigan

Église Saint-Pierre (1930) : Supérieure (C) (FERMÉE)

Église Sacré-Cœur-de-la-Baie (1931) : Faible (E) (FERMÉE)

Église Saint-Gérard-Majella (1922) : Faible (E)

Église Saint-Charles-Garnier (1950)

Église Assomption (1952)

Église Saint-Marc (1952)


Églises appartenant à La Fabrique de la paroisse Sainte-Marie-de-l’Incarnation 

Église Sainte-Flore (1898), Shawinigan, secteur Sainte-Flore : Moyenne (D)

Église Saint-Jean (1898), Shawinigan, secteur Saint-Jean-des-Piles : Faible (E)

Église Saint-Jacques (1899), Grandes-Piles : Moyenne (D)

Église Saint-Théophile (1899), Shawinigan, secteur Lac-à-la-Tortue : Moyenne (D)

Église Saint-Paul (1908), Shawinigan, secteur Grand-Mère : Supérieure (C)

Église Saint-Jean-Baptiste (1962), Shawinigan, secteur Grand-Mère

Église Saint-Georges (1967), Shawinigan, secteur Grand-Mère


Ville de La Tuque et Haute-Mauricie : 8 églises

Églises appartenant à La Fabrique de la paroisse Saint-Martin-de-Tour

Église Saint-Hippolyte (1914), La Tuque, secteur La Croche : Faible (E) (À VENDRE)

Église dite chapelle Notre-Dame-des-Neiges (1915), Lac-Édouard : Faible (E) (À VENDRE)

Église dite chapelle Saint-Ephrem (1921), La Tuque, secteur Lac-à-Beauce : Faible (E)

Église dite chapelle Saint-Théodore (1931), Trois-Rives, secteur Grande-Anse : Faible (E) (À VENDRE)

Église Saint-Zéphirin (1931), La Tuque : Moyenne (D)

Église dite chapelle Saint-Jean-Bosco (1952), La Tuque, secteur La Bostonnais (À LOUER OU À VENDRE)


Église appartenant à La Fabrique de la desserte de Saint-Thomas

Église Saint-Thomas (1922), Parent : Faible (E)


Desserte de Sainte-Rose-de-Lima, Wemotaci 

Église Sainte-Rose-de-Lima, Wemotaci


MRC de Maskinongé : 18 églises

Églises appartenant à La Fabrique de la paroisse Notre-Dame-de-l’Alliance 

Église Saint-Étienne (1868), Saint-Étienne-des-Grès : Supérieure (C)

Église La-Visitation (Pointe-du-Lac) (1883), Trois-Rivières : Moyenne (D)

Église Saint-Thomas (1904), Saint-Étienne-des-Grès, secteur Saint-Thomas-de-Caxton : Faible (E)

Église Notre-Dame-des-Neiges (1912), Charette : Moyenne (D)

Église Saint-Boniface (1922), Saint-Boniface : Supérieure (C)

Église Saint-Élie (1922), Saint-Élie-de-Caxton : Moyenne (D)

Église Saint-Mathieu (1955), Saint-Mathieu-du-Parc


Églises appartenant à La Fabrique de la paroisse Saint-Christophe:

Église Saint-Sévère (1855), Saint-Sévère : Moyenne (D)

Église Saint-Alexis (1885), Saint-Alexis-des-Monts : Supérieure (C)

Église Sainte-Anne (1958), Yamachiche

Église Saint-Barnabé (1972), Saint-Barnabé

(Église de Saint-Paulin, vendue à la Municipalité, voir plus bas)


Églises appartenant à La Fabrique de la paroisse Saint-Frère-André

Église Saint-Léon-le-Grand (1824), Saint-Léon-le-Grand : Exceptionnelle (B), classée

Église Sainte-Ursule (1870), Sainte-Ursule : Supérieure (C)

Église Saint-Joseph (1893), Maskinongé : Supérieure (C) 

Église Saint-Édouard (1915), Saint-Édouard-de-Maskinongé : Faible (E)

Église Saint-Antoine-de-Padoue (1921), Louiseville : Supérieure (C)

Église Saint-Justin (1959), Saint-Justin (À VENDRE)


MRC des Chenaux : 9 églises

Églises appartenant à La Fabrique de la paroisse Sainte-Élisabeth

Église Saint-Prosper (1850), Saint-Prosper-de-Champlain : Exceptionnelle (B)

Église Sainte-Anne (1869), Sainte-Anne-de-la-Pérade : Incontournable (A)

Église Sainte-Geneviève (1871), Sainte-Geneviève-de-Batiscan : Faible (E)

Église Saint-Stanislas (1873), Saint-Stanislas : Supérieure (C)


Églises appartenant à La Fabrique de la paroisse Saint-Laurent-de-la-Moraine

Église Saint-Maurice (1864), Saint-Maurice : Supérieure (C)

Église Saint-Narcisse (1873), Saint-Narcisse : Supérieure (C)

Église Notre-Dame-de-la-Visitation (1879), Champlain : Exceptionnelle (B), classée

Église Saint-Luc (1953), Saint-Luc-de-Vincennes

(Église de Batiscan, vendue à la Municipalité, voir plus bas)


MRC de Mékinac : 10 églises

Églises appartenant à La Fabrique de la paroisse Saint-Cœur-de-Marie

Église Saint-Rémi (1898), Lac-aux-Sables : Exceptionnelle (B)

Église Sainte-Thècle (1905), Sainte-Thècle : Exceptionnelle (B)

Église Notre-Dame-des-Anges (1909), Notre-Dame-de-Montauban : Moyenne (D)

Église Saint-Adelphe (1916), Saint-Adelphe : Moyenne (D)

Église dite chapelle Saint-Éloi (1920), Notre-Dame-de-Montauban : Moyenne (D)


Églises appartenant à La Fabrique de la paroisse Saint-François

Église Saint-Joseph (1894), Trois-Rives : Faible (E)

Église Saint-Séverin (1897), Saint-Séverin : Moyenne (D)

Église Saint-Timothée (1904), Hérouxville : Moyenne (D)

Église Saint-Tite (1928), Saint-Tite : Moyenne (D)

Église Saint-Roch (1951), Saint-Roch-de-Mékinac


Églises vendues

Églises catholiques vendues à des Municipalités :

2017 : Église Saint-François-Xavier (1866), Batiscan : Exceptionnelle (B)

2017 : Église Saint-Paulin (1887), Saint-Paulin : Moyenne (D)


Églises catholiques vendues à des corporations à but non lucratif

1988 : Immaculate Heart of Mary (1950), Shawinigan

2008 : Église Sainte-Croix (1949), Shawinigan

2010 : Église Sainte-Cécile (1914), Trois-Rivières

2017 : Église Saint-Eugène (1951), Trois-Rivières


Églises catholiques vendues à des particuliers

2005 : Église Saint-Bernard (1914), Shawinigan

2010 : Église Sainte-Hélène (1965), Shawinigan

2013 : Église Sainte-Marie-Madeleine (1953),  Trois-Rivières

2016 : Église Sainte-Angèle (1992), Sainte-Angèle-de-Prémont


Églises catholiques démolies

2010 : Église Christ-Roi (1965), Shawinigan

2011 : Église Saint-François-d’Assise (1952), Trois-Rivières

2014-2015 : Église Saint-Philippe (1909), Trois-Rivières

2016 : Église Saint-Léopold (1930), Lac-aux-Sables, secteur Hervey-Jonction

2016 : Église Marie-Médiatrice (1963), La Tuque

*Cote attribuée par le Conseil du patrimoine religieux du Québec en 2004. Ce sont les églises construites avant 1950 qui ont été cotées. Les bâtiments admissibles à des subventions ont la cote A, B ou C.