Le lavage des bateaux deviendra obligatoire au lac des Piles à compter du 1er mai 2019, une mesure qui vise à protéger l’une des principales sources d’eau potable de la Ville de Shawinigan.

Lavage des bateaux au lac des Piles: obligatoire à compter du 1er mai

Shawinigan — La Ville de Shawinigan reporte finalement au 1er mai 2019 l’application de sa politique de lavage obligatoire des bateaux au lac des Piles avant leur mise à l’eau. Le maire, Michel Angers, explique que l’administration municipale devait prendre quelques mois supplémentaires pour mettre en place des mesures efficaces, qui bénéficieront d’un suivi rigoureux afin de protéger l’une des principales sources d’eau potable du territoire.

En assemblée publique mardi soir, les élus ont adopté une modification au règlement général de la Ville pour officialiser leur intention. Au début de l’été, cette politique devait être appliquée à compter du 1er septembre. Au fil des semaines qui passaient, il devenait de plus en plus évident que l’administration municipale ne parviendrait pas à rencontrer cet échéancier, ne serait-ce qu’en raison de la création d’une station de nettoyage municipale, dont l’emplacement demeure toujours indéterminé à ce jour.

«On se laisse un peu de temps pour le faire; la saison est avancée», fait remarquer le maire. «Il reste des choses à régler avant de procéder.»

Tel que prévu, il existera deux types de certificats émis, soit un pour les visiteurs et un pour les résidents du lac des Piles. Dans le premier cas, les plaisanciers devront faire laver leur embarcation à un poste certifié par la Ville. Le commerçant accrédité ou le poste municipal de nettoyage émettra alors un certificat, que le détenteur devra avoir en sa possession en tout temps sur le lac. À noter que cette politique s’applique également à la remorque du bateau si cette dernière doit être mise à l’eau.

En ce qui concerne les résidents du lac des Piles, un certificat d’usager pourra leur être émis, à la condition que leur embarcation ne quitte jamais ce plan d’eau. Une vignette devra être apposée sur le bateau afin de bien l’identifier. Le certificat sera renouvelable à chaque année. Si un bateau de résident quitte le lac des Piles, il devra être lavé comme les autres. La Ville ne prévoit aucun frais pour les riverains qui procéderont au nettoyage de leur embarcation au poste de lavage municipal, dont l’emplacement sera dévoilé au printemps prochain. Les postes de lavage certifiés seront également connus au même moment.

La conseillère du district de la Rivière, Nancy Déziel, précise que les résidents n’auront rien à défrayer pour obtenir leur certificat d’usager. Il s’agit d’un changement d’orientation, car au début de l’été, des frais de 25 $ étaient prévus pour une embarcation motorisée et de 5 $ pour un canot, une chaloupe, un pédalo, une barge, une planche à voile ou un voilier.

La supervision du respect de cette politique demeure une grande inconnue, mais le maire convient qu’il faudra prendre les moyens pour assurer une certaine surveillance pour protéger le lac. Cette politique, rappelons-le, vise à contrer la prolifération des espèces envahissantes, qui peuvent être importées d’un autre plan d’eau.

«On verra si des inspecteurs municipaux pourront se présenter au lac des Piles», avance le maire. «Règle générale, c’est souvent les citoyens résidents qui s’assurent que ça puisse se faire. De quelle façon nous le ferons, ça reste à déterminer mais oui, il y aura une surveillance. S’il n’y en a pas, ça ne donnera pas grand-chose.»

L’ARLDP tape du pied

La présidente de l’Association des résidents du lac des Piles, Joan Hamel, n’est guère étonnée d’apprendre que la Ville de Shawinigan reporte au 1er mai 2019 l’application de sa nouvelle politique pour le lavage des embarcations avant leur mise à l’eau. Une situation qu’elle déplore, d’autant qu’elle observe qu’au-delà des intentions, l’administration municipale tarde à instaurer des mesures concrètes pour protéger cette source d’eau potable.
Le nettoyage des bateaux au lac des Piles était prévu en 2018. Les résidents s’attendaient à une période de sensibilisation jusqu’à la mise en place de la nouvelle politique le 1er septembre, mais voilà que le tout est remis au printemps.

«C’est un report qui s’explique», comprend Mme Hamel. «Faire ça en septembre, ce n’est peut-être pas l’idéal. Par contre, reporter continuellement un projet comme ça, c’est assez inquiétant. Nous avons une contamination possible de bateaux étrangers, qui ne sont pas nettoyés. Quand on voit ce qui se passe ailleurs avec le myriophylle à épi, c’est assez inquiétant.»

Sans prôner une interdiction de navigation au lac des Piles, Mme Hamel aimerait savoir si ce plan d’eau ne commence pas à être saturé en activités nautiques. Elle souhaite que la Ville de Shawinigan réalise un recensement et il en sera question lors d’une rencontre prévue avec les autorités municipales après la fête du Travail.

«Est-ce que le lac a la capacité de recevoir autant de bateaux?», questionne-t-elle. «C’est un réservoir d’eau potable! On doit le protéger et ce n’est pas en ajoutant des bateaux que ça réglera le problème. Je me questionne même à savoir si la procédure de lavage de bateaux est pertinente. Faut-il continuer à faire descendre des bateaux dans un réservoir d’eau potable, quand on ne connaît pas sa capacité?»

«Je n’ai pas de problème avec les bateaux qui sont ici et qui ne sortent pas du lac», ajoute Mme Hamel. «Nous demandons à la Ville une étude scientifique pour savoir si notre lac a la capacité de recevoir des bateaux et combien, ce que ça entraîne sur la santé du lac, sur les rives. On sait que le wake, c’est un fléau. On veut que la Ville se prononce avec des études sérieuses.»

Mme Hamel est d’autant plus déçue du report de la politique qu’elle observe que la conformité des fosses septiques demeure également un enjeu au lac des Piles, malgré la sensibilisation des dernières années. Dans ce cas également, dans son esprit, la Ville tarde à montrer les dents.

«On doit agir plus rapidement», suggère-t-elle. «Je trouve que ça va lentement. Nous aurons peut-être des réponses en septembre. Il faut que ça bouge. Il faut avancer plus rapidement. On est inquiets de la contamination possible de notre lac.»

À tout le moins, la présidente se réjouit de constater que les riverains n’auront rien à défrayer pour obtenir leur certificat d’usager l’an prochain, contrairement à ce qui avait été annoncé au début de l’été.

«L’Association avait demandé que ce soit gratuit», rappelle Mme Hamel.

«La Ville a écouté et modifié sa procédure en fonction des attentes des riverains. J’apprécie beaucoup l’écoute que nous avons eue par rapport à la procédure de lavage des bateaux. Il s’agit maintenant qu’on procède!»

Vandalisme à l’île du lac des Piles: le nettoyage prévu bientôt

La Ville de Shawinigan interviendra au cours des prochaines semaines à l’île du lac des Piles, où des produits goudronnés ont été déversés sur des rochers le mois dernier. Des éclats de verre apparaissaient également dans le même environnement de ce qui ressemble à un acte de vandalisme demeuré impuni à ce jour. «Des démarches sont en cours pour octroyer le contrat de nettoyage», indique Karine Beaulé-Prince, agente aux communications à la Ville de Shawinigan. «Des visites sur les lieux sont prévues à très court terme. Nous attendons d’avoir les prix afin que les travaux se fassent. C’est sûr qu’ils seront réalisés au cours des prochaines semaines.» Joan Hamel, présidente de l’Association des résidents du lac des Piles, trouve que cet événement a été pris un peu trop à la légère. 

«C’est du vandalisme, un acte irrespectueux envers l’environnement», déplore-t-elle. «Des produits pétroliers ont été déversés à cet endroit. C’est grave! Ça fait 37 ans que je suis au lac des Piles et c’est la première fois que je vois un geste semblable. Ça a été fait consciemment. C’est complètement inadmissible; c’est un geste criminel.» Mme Hamel mentionne que des noms circulent au lac des Piles sur l’identité des responsables de ce méfait. Du reste, il n’est pas rare que des gens s’installent sur cette île pour se détendre ou pire, pour improviser une fête. Or, il s’agit d’une île zonée «aire naturelle» par la Ville afin de protéger son écosystème et son couvert forestier.