Ce serait par une transmission de fluides corporels entre Laurence Vincent Lapointe et son conjoint de l’époque que le ligandrol aurait atteint l’organisme de la canoéiste. C’est du moins ce que plaide la défense.
Ce serait par une transmission de fluides corporels entre Laurence Vincent Lapointe et son conjoint de l’époque que le ligandrol aurait atteint l’organisme de la canoéiste. C’est du moins ce que plaide la défense.

Laurence Vincent Lapointe contaminée par son ex-conjoint?

Trois-Rivières — Alors que la Fédération internationale de canoë (ICF) annoncera publiquement sa décision dans les prochaines heures concernant le cas de dopage au ligandrol, Laurence Vincent Lapointe affirme qu’elle a été contaminée à cette substance interdite par son ex-conjoint. À ce sujet, elle rencontrera les médias lundi matin, à Trois-Rivières.

La multiple championne du monde, suspendue provisoirement par l’ICF depuis le mois d’août, s’est confiée à Radio-Canada Sports. On apprend dans un long reportage qu’un échantillon de cheveux de son ancien copain aurait confirmé que ce dernier utilisait des produits contaminés au ligandrol.

La quantité infime de cette dope, trouvée dans l’organisme de Vincent Lapointe en août, était de 0,004 ng/ml. À partir de là, la défense devait prouver que l’athlète de 27 ans n’avait pas ingéré le ligandrol de manière volontaire.

Dans les jours suivant ces deux conférences de presse du 20 août, l’avocat Adam Klevinas a demandé de faire tester cinq suppléments dans un laboratoire agréé de l’Agence mondiale antidopage. L’un de ces suppléments appartenait au conjoint de Vincent Lapointe. Quelques semaines plus tard, les tests se révélaient négatifs.

En septembre, un expert a proposé à Me Klevinas de commander une analyse de cheveux de la canoéiste. Encore une fois, l’analyse sera négative. Au début du mois d’octobre, Laurence Vincent Lapointe subira un test polygraphique, qu’elle réussira.

Pas moins de 14 autres produits seront testés dans le même laboratoire agréé par l’AMA. Aucune trace de ligandrol n’est dépistée.

Entre-temps, Laurence Vincent Lapointe demande à ce que des échantillons de cheveux de son conjoint de l’époque soient testés. Le 12 novembre, l’analyse d’un échantillon relève la présence de ligandrol, consommé entre avril 2019 et octobre 2019. En effet, le reportage explique que chaque centimètre d’un cheveu représente un mois de la vie d’une personne. Grâce à des tests méticuleux, il a été permis de cibler les moments où la drogue a été prise.

«Il y avait un peak juste au moment de contrôle de Laurence, a indiqué Me Klevinas, à Radio-Canada Sports. On avait une piste, maintenant, il fallait poser des questions.»

Scénario cauchemardesque pour la jeune femme: son ex-conjoint a avoué qu’il consommait une autre substance, le SR9011. Elle n’était pas au courant. Or, une grande quantité de ligandrol a été trouvée dans l’échantillon SR9011 qui fut analysée pour le dossier de défense de la canoéiste.

«Finalement, il m’a avoué qu’il l’avait pris le soir du 25 juillet, avant une pratique de soccer. Et Laurence a été testée le 29 au matin», a mentionné Me Klevinas, toujours à Radio-Canada Sports.

«Je me suis rendu compte de l’ampleur de la trahison et à quel point je me suis fait mener en bateau, littéralement», d’ajouter Laurence Vincent Lapointe.

C’est dans ce contexte difficile que la Trifluvienne a dû ramer contre le vent tout au long de l’automne et pendant la période des Fêtes. Le 9 décembre à Lausanne, en Suisse, cette défense a été présentée devant le comité antidopage de l’ICF. On s’attendait à une réponse de leur part dans les 30 jours suivants, mais un délai pouvant aller jusqu’à deux semaines a été demandé le 8 janvier.

La semaine dernière, Me Klevinas a effectué des sorties publiques dans certains médias, dont Le Nouvelliste, pour décrier la situation, aucune décision n’ayant été rendue le 22 janvier.

Vincent Lapointe, sacrée 13 fois championne mondiale de canoë depuis le début de sa carrière, s’est entraînée en Floride au cours des derniers jours, mais loin des activités de l’équipe nationale canadienne, suspension oblige.

Elle espère avoir de bonnes nouvelles à annoncer aux médias régionaux lundi matin, elle qui ne vise rien de moins que deux médailles d’or aux Jeux olympiques de Tokyo, les premiers avec des compétitions de canoë féminin.