Cette vue de l’Auberge du Lac Saint-Pierre montre la hauteur du célèbre établissement par rapport au plan d’eau.

L'Auberge du Lac St-Pierre se retrouve dans la ZIS: «On est très au-dessus du niveau de l’eau»

TROIS-RIVIÈRES — Parmi les 654 demandes de modification du périmètre de la fameuse zone d’intervention spéciale (ZIS) reçues par la Ville de Trois-Rivières, il y a celle de l’Auberge du Lac St-Pierre qui surplombe avec évidence ce plan d’eau de plusieurs dizaines de pieds.

«Je ne peux pas dire exactement la hauteur, mais on est très au-dessus du niveau de l’eau et on est déjà très bien enroché», affirme la directrice générale, Karine Bolduc.

Le célèbre établissement avait reçu une correspondance de la Ville de Trois-Rivières par rapport à ce dossier. «Avec le site, on a envoyé la lettre tel que demandé avant le 19 août pour être certain de faire la demande de révision. C’est la première chose qu’on a faite. On a envoyé quand même une demande au gouvernement avec un courriel spécial. Les deux demandes ont été faites», a-t-elle raconté.

Par ailleurs, un représentant de la Ville s’est rendu sur place pour «constater effectivement qu’on était bien au-dessus de ce que ça pouvait être». Et en termes d’installations, dit-elle, «on a un enrochement ou un empierrement qui fait qu’on est très bien protégé».

«Et malgré que ça fait 30 ans, ça n’a pas bougé du tout. Il n’y a aucune possibilité d’écroulement et on n’est absolument en rien touché par les inondations. On va attendre la suite de ce qui va arriver avec le gouvernement pour savoir si on reste en zone d’intervention spéciale quand même. Mais, nous autres, on était déjà bien protégé», martèle Mme Bolduc.

La directrice générale de l’Auberge du Lac Saint-Pierre, Karine Bolduc.

En attendant la décision ministérielle, le fait que l’Auberge du Lac Saint-Pierre se retrouve dans la ZIS vient néanmoins compliquer les choses. «C’est sûr que ça met certains projets sur la glace. Les travaux de construction sont complètement arrêtés, mais on n’a pas de problème à faire des travaux de rénovation. J’avais un projet de faire notre terrasse encore plus grande. C’est sûr que ça, pour l’instant, c’est exclu», souligne-t-elle.

En juin dernier, les propriétaires avaient d’ailleurs inauguré la nouvelle terrasse extérieure, complètement rénovée au coût de 100 000 $. Construite en 1988, l’Auberge du Lac Saint-Pierre, qui a fêté son 30e anniversaire, est située sur le site de l’ancien centre de villégiature Tomaqua Beach.

Au lendemain de la séance d’information qui a attiré plus de 400 citoyens et qui fut suivie sur Facebook par 1238 personnes, le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, se disait bien satisfait d’avoir pu «mettre des visages sur les cas d’espèce».

«Ce que j’en tire, c’est la pertinence de l’avoir fait, non seulement par le nombre de personnes, mais aussi par la forte impression qu’on avait que les gens avaient des appréhensions par rapport à cette démarche-là et il y avait des craintes. On n’a pas seulement travaillé qu’à les rassurer, mais à les informer et à essayer de défaire aussi certains mythes qui avaient peut-être été véhiculés», a-t-il commenté.

Lors de cette rencontre prévue jeudi, à Bécancour, entre différents élus de la région et la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, le premier magistrat entend bien utiliser ces différents témoignages.

L’Auberge du Lac Saint-Pierre est l’un des 654 cas déposés à la Ville de Trois-Rivières pour être exclus de la ZIS.

«Pour moi, c’est important de savoir qu’il va possiblement s’ajouter d’autres cas aux 654. On se sent légitimé de s’adresser à la ministre avec le poids des gens qui étaient là. Il faut qu’on soit bien entendu de la part de la ministre. Les gens sont mobilisés. On est vraiment en position de demander que les correctifs soient apportés. Ça, on le sait, c’est arrivé dans d’autres secteurs du Québec», fait-il remarquer.

Finalement, le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, ne pourra être présent lors de cette réunion avec la ministre Laforest, après l’avoir ouvertement critiqué. Il sera représenté par son directeur général. «Ce n’est pas que je me défile, mais malheureusement, j’ai un imprévu à Montréal», conclut celui qui rappelle que la ZIS est en train de compromettre l’implantation d’une nouvelle entreprise dans sa municipalité.