Comme environ 70 de ses collègues, Maxime Carbonneau est préposé à l'entretien des glaces dans les parcs de la Ville de Trois-Rivières.

L'artiste de la glace à l'oeuvre

Maxime Carbonneau est un artiste. C'est du moins de cette façon qu'on peut le décrire. Mais ne cherchez pas ses oeuvres d'art dans les galeries ou sur les murs des musées. C'est au parc Terre-des-Loisirs de Saint-Louis-de-France qu'il expose chaque journée de l'hiver... en travaillant sur la glace de la patinoire et du rond de glace du parc.
«Les gens pensent que c'est simple d'entretenir une patinoire, mais ce n'est pas si simple. Gratter, arroser de façon uniforme, attendre les bonnes conditions météo. Ça ne prend pas grand-chose pour que la glace ne soit pas belle ou soit toute craquelée. C'est un art. Pour avoir une belle glace, il faut que tu te donnes», raconte celui qui est préposé aux patinoires de la Ville de Trois-Rivières depuis sept ans.
À Trois-Rivières, ils sont près de 70 préposés comme Maxime à consacrer de longues heures, chaque jour de la semaine, à l'entretien et à la surveillance des patinoires et ronds de glace. Outre la surveillance, l'entreposage des équipements et le bon entretien des cabanes où les patineurs peuvent se réchauffer, les préposés sont en charge de s'assurer de la qualité de la glace une fois que les patineurs ont quitté, après 21 h. C'est là que le dégagement de la glace et l'arrosage se feront, non pas dans des conditions toujours faciles.
Manier d'énormes tuyaux d'un pouce et demi de diamètre, remplis d'eau lors de températures frôlant les -20 degrés, n'est pas toujours simple. «Il faut y aller bien tranquillement pour ne pas glisser ou échapper le tuyau. À cette allure et ces températures, ça ne prend pas grand-chose pour que la glace ne soit pas uniforme», souligne Maxime Carbonneau.
Mais l'emploi pour lequel il avait postulé un peu par hasard il y a sept ans est carrément devenu une passion pour lui. «On s'amuse aussi, on ne fait pas juste travailler. On est dehors, on jase avec le monde. J'adore être dehors avec les patineurs, surveiller, entretenir. Et les gens l'apprécient. On le voit bien quand ils nous le disent et qu'ils reviennent parce que la glace est belle», lance celui qui mène parallèlement des études en cartographie.
À Trois-Rivières l'an dernier, près de 60 000 personnes ont chaussé leurs patins sur l'une ou l'autre des 31 patinoires, des 29 ronds de glace et du sentier en forêt qui sont gérés par la Ville de Trois-Rivières. Parmi tous ces équipements, c'est certainement l'étang du parc des Chenaux dans le secteur Cap-de-la-Madeleine qui a attiré le plus de gens, avec 6600 patineurs durant l'hiver. Il en coûte 375 000 $ pas année à la Ville pour entretenir les patinoires et payer les préposés, soit une moyenne de 10 000 $ par patinoire.
Or, un autre rond de glace pourrait lui aussi devenir très populaire, alors que la Ville a rendu accessible l'étang du parc Pie-XII aux patineurs cet hiver, devenant le plus grand rond de glace de la Ville avec 15 000 pieds carrés. En contrepartie, la Ville a cessé d'entretenir une patinoire au parc portuaire.
«Ça devenait très difficile de l'entretenir en raison de sa position géographique. Exposée aux grands vents, elle était très souvent en reconstruction», a constaté Chantal Carignan, agente d'information pour la Ville de Trois-Rivières.
À l'île Saint-Quentin, un rond de glace, une patinoire destinée à la pratique du hockey ainsi que 3,5 kilomètres de sentiers de patinage sont aménagés pendant la saison hivernale. Quatre employés, deux de jour et deux de nuit, sont affectés à l'entretien de ces surfaces glacées.
«Comme nous n'avons pas accès à des bornes fontaines, nous fonctionnons avec des pompes pour l'arrosage. Nous devons faire ça de nuit. C'est pour ça que nous avons des employés de nuit», explique Jean-Philippe Grenier, coordonnateur des opérations.
C'est toutefois avec un petit pincement au coeur que les préposés aux patinoires voient arriver des températures comme celles annoncées samedi. Ils savent bien qu'après un redoux et de la pluie, le travail devra être pratiquement repris de zéro. Maxime Carbonneau, lui, le voit comme un défi qu'il relève toujours avec satisfaction. Tel un artiste...
Avec la collaboration de Mathieu Lamothe