Un véhicule militaire s’est retrouvé en mauvaise posture sur le chemin Grandmont, en avril 2019.
Un véhicule militaire s’est retrouvé en mauvaise posture sur le chemin Grandmont, en avril 2019.

L’armée refuse de dédommager l’Association de l’île St-Eugène

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Devant le refus des Forces armées canadiennes de payer les dommages causés à un chemin appartenant à l’Association des propriétaires et locataires de l’île St-Eugène, cette association se tourne vers le ministre François-Philippe Champagne dans l’espoir de se faire rembourser les 1700 $ investis pour réparer ledit chemin. Mais selon toute vraisemblance, cette démarche a peu de chance d’aboutir à un règlement qui pourrait satisfaire l’association.

L’armée canadienne était à Trois-Rivières en avril 2019 afin d’apporter son aide durant les inondations. Un tank se trouvait à l’île St-Eugène et a glissé en bas du chemin Grandmont, endommageant ce chemin faisant le lien avec la route 138. Des réparations ont été effectuées et payées par l’Association qui cherche depuis ce temps à se faire rembourser la facture via différentes démarches auprès de l’armée. Mais l’armée ne l’entend pas ainsi.

Dans une lettre envoyée le printemps dernier, l’armée affirme n’avoir aucune responsabilité avec l’affaissement de la route. Selon cette lettre, l’enquête menée par une analyste aux réclamations ne démontre aucune négligence de la part du chauffeur du tank. Les militaires ont agi avec prudence et aucune signalisation ne précisait une réglementation quant au poids, à la largeur ou au type de véhicule étant autorisé à emprunter ce chemin.

Paul Lamy, de l’Association de l’île St-Eugène, n’achète pas cette conclusion après avoir multiplié les communications depuis 2019 dans le but d’obtenir un remboursement.

«Ce n’est pas une question d’inondation, mais de maladresse. C’est de l’entêtement. L’armée ne peut pas dire qu’elle n’a pas causé les dommages. On a des photos, des témoins. Ils disent que ce n’est pas leur faute. Que tu sois l’armée ou un citoyen, si tu fais des dommages, tu paies pour les dommages que tu causes. C’est bien simple. J’ai essayé de leur faire comprendre le bon sens, mais ça ne marche pas.»

Paul Lamy, de l’Association des propriétaires et locataires de l’île St-Eugène.

M. Lamy affirme avoir envoyé il y a un mois une lettre au député de Saint-Maurice-Champlain et ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, dans l’espoir de miser sur un poids politique pour amener l’armée à prendre la décision de payer les dommages.

«Je demande à M. Champagne qu’il prenne le moyen de me compenser. Qu’il donne un coup de téléphone à des gens haut gradés. Il doit y avoir quelqu’un qui doit savoir faire des chèques», ajoute M. Lamy, d’autre part étonné de ne pas avoir d’accusé de réception de la part du ministre Champagne.

Appelé à réagir à l’étonnement de M. Lamy, Guillaume Normandin, adjoint parlementaire du représentant de Saint-Maurice-Champlain à la Chambre des communes, explique que l’équipe du député oeuvre en télétravail depuis plusieurs mois à cause de la pandémie. En ce qui a trait à la démarche du président de cette association, M. Normandin est bien prêt à entendre ses récriminations. Mais il croit que le pouvoir du bureau du député dans ce dossier précis est limité.

«Notre travail consiste davantage à établir un dialogue qu’à être dans le coercitif. On va servir à faciliter les lignes de communication entre les deux parties. Mais on ne sera pas juge», déclare M. Normandin.