Des militaires ont aidé des citoyens de Nicolet à protéger leur maison en érigeant des digues faites de sacs de sable, dimanche.

L’armée en renfort en Mauricie et au Centre-du-Québec

Trois-Rivières — Des soldats des Forces armées canadiennes ont été déployés dans la région, afin de prêter main-forte aux municipalités affectées par la montée des eaux.

Une trentaine de militaires sont arrivés samedi soir à Bécancour. Ils se sont affairés à protéger l’usine de traitement des eaux, afin que l’eau potable ne soit pas contaminée par d’éventuelles infiltrations. Une dizaine de militaires ont aussi fait du porte-à-porte. Les effectifs déployés à Bécancour ont toutefois quitté au cours de la journée, dimanche, pour aller en renfort à ceux déployés à Louiseville, selon le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois.

Un nombre similaire de soldats a également été dépêché à Nicolet, Louiseville et Maskinongé, dimanche matin. Les militaires ont contribué à remplir des sacs de sable et à les distribuer. Ils ont également aidé les citoyens qui en ont fait la demande à protéger leur maison de la montée des eaux.

Pas d’évacuations

Le niveau de l’eau atteindra, voire dépassera celui atteint au printemps 2017. En début d’après-midi, la balise du lac Saint-Pierre, utilisée comme référence par la Sécurité civile dans la région, enregistrait un niveau de 3,5 m d’eau. Au plus fort des inondations de 2017, celui-ci était monté à 3,54 m.

Aucune résidence n’a cependant été évacuée jusqu’à présent dans les municipalités et villes touchées par la montée des eaux dans la région. Le maire de Maskinongé, Roger Michaud, explique que les quelques citoyens dont la maison est isolée par les eaux souhaitent rester chez eux.

«Ils ont des génératrices et des embarcations, ils ne veulent pas se faire évacuer, indique-t-il. Les gens sont prêts, ils ont placardé leur maison pour faire face à un niveau d’eau comme en 2017.»

Les résidences touchées sont principalement celles situées sur la route de la Langue-de-Terre. L’eau est aussi montée sur le chemin Montréal et les rangs de la Rivière Sud-Ouest et Sud-Est.

Le niveau d’eau est toutefois monté très rapidement au cours de la nuit, selon un résident du rang de la Rivière Sud-Ouest. À tel point que le hangar dans lequel il range son avion a été inondé au cours de la nuit, de même que la piste d’atterrissage dont il se sert.

Éric Provost a pu sortir son avion de son hangar juste à temps, samedi soir. Le bâtiment était inondé à son réveil, le lendemain matin.

«J’ai sorti mon avion du hangar hier soir (samedi), au cas où, explique Éric Provost. Une chance, parce que le lendemain, il y avait un pied et demi d’eau à l’intérieur.»

Le Maskinongeois attend les instructions de Transport Canada pour savoir s’il va pouvoir décoller depuis la route au cours des prochains jours pour mettre son aéronef à l’abri de l’eau. «Je sais que ça s’est déjà fait, c’est très sécuritaire, soutient-il. la route est assez large, elle est droite, il n’y a pas de maisons trop proches ni de lignes électriques. Par contre, on va peut-être attendre à mardi, pour que les gens qui vont travailler déplacent leur véhicule, il y en a pas mal qui sont stationnés au bord de la route en ce moment.»

Une fois son appareil mis à l’abri, M. Provost compte cependant retourner chez lui, à moins que l’eau atteigne un niveau trop élevé. «Ma maison est plus en hauteur, mais il ne reste pas grand-chose avant que l’Eau arrive. J’ai une pompe qui marche, mais il ne faudrait pas qu’on me coupe le courant, ce serait problématique. J’ai des voisins qui n’ont plus d’électricité, parce que l’eau est rendue à la hauteur de leur compteur électrique.»

Sur son site internet, Hydro-Québec recommande d’ailleurs aux personnes dont le sous-sol commence à être inondé de la contacter sans délai pour que la société d’État coupe l’électricité au compteur ou au poteau. Les résidents dont le sous-sol n’est pas encore inondé, mais qui s’attendent à ce qu’il le devienne, peuvent couper le courant eux-mêmes, en prenant des précautions.

Appel à la raison

Même son de cloche à Louiseville, où les résidents affectés par la crue printanière n’ont pas indiqué à la Ville qu’ils désirent quitter leur maison. Le maire Yvon Deshaies ne compte pas leur forcer la main, mais indique que la situation sera réévaluée en fin de journée. «Si l’eau monte encore, on verra comment on peut intervenir», ajoute M. Deshaies.

De son côté, la mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, suggère aux gens qui avaient été inondés en 2017 de quitter leur domicile avant qu’ils ne se retrouvent isolés par les eaux. «On ne les sort pas de force, mais c’est sûr qu’il faut qu’on ait accès à la maison, alors quand les chemins sont inondés et que ce n’est plus praticable, c’est sûr que ça devient plus critique, explique-t-elle. Je ne veux pas non plus mettre la sécurité de mes gens en jeu pour aller en sauver d’autres, donc on essaie de les faire quitter avant ce stade-là. Mais on est loin de là.»