L'aventurier Frédéric Dion et sa chienne Nanook passeront quatre jours dans des conditions extrêmes de survie, près du lac Mistassini.

Largué au nord à -35 degrés

Rien ne peut arrêter Frédéric Dion, et certainement pas le froid de janvier. Du 16 au 19 janvier prochains, l'aventurier de 35 ans sera parachuté au lac Mistassini, à 800 km au nord de Montréal, où il devra affronter les conditions extrêmes de la survie en forêt durant l'hiver, avec pour seule compagnie sa chienne Nanook, qui prendra part à l'aventure avec lui.
Cette nouvelle expédition de Frédéric Dion, intitulée «Ours Polaire», aura pour but de le préparer à affronter sa prochaine grande aventure, qui se déroulera à l'hiver 2015 et qui consistera à traverser en ski de fond les 1600 kilomètres qui séparent Kuujjuaq de Baie-Comeau, une aventure de près de 80 jours au cours de laquelle sa chienne sera aussi à ses côtés.
Or, avant de se lancer dans un tel défi, l'aventurier doit se mettre à l'épreuve dans des conditions extrêmes. «Il existe des zones grises pour lesquelles je n'ai pas de réponse. Les experts ne s'entendent pas à savoir si on peut survivre quatre jours dans de telles conditions en mangeant seulement de la neige. Il faut donc que j'aille vérifier», évoque Frédéric.
Car à ces températures, l'aventurier ne se fait pas d'illusion: il devra jeûner pendant quatre jours. La seule nourriture qu'il apportera avec lui sera celle de sa chienne, qui aura droit à son repas par jour.
«Je ne lui impose pas la famine. La question maintenant est de savoir après combien de temps ses croquettes deviendront attrayantes pour moi. Mais ma femme m'a dit que si jamais j'en mangeais une seule, elle ne m'embrasserait plus jamais alors c'est une assez grande motivation pour ne pas le faire», lance-t-il en éclatant de rire.
Pour tester ses limites, c'est donc avec un minimum d'équipement que Frédéric Dion sera déposé en hélicoptère au lac Mistassini. L'aventurier ne compte même pas emporter une boussole avec lui. «Mon objectif est vraiment de reproduire les conditions de survie involontaire dans un environnement comme celui-là. Je n'aurai même pas de raquettes alors il n'est pas impossible que je sois obligé de me déplacer en ayant de la neige jusqu'à la taille», souligne-t-il.
Son seul équipement disponible sera donc ses vêtements d'hiver ainsi qu'un système de communication par satellite, alors qu'il tiendra des chroniques dans différents médias pour relater son expérience. Frédéric pourrait ainsi se servir de ce moyen de communication s'il devait en arriver à la conclusion qu'il n'est pas en mesure de compléter l'expérience. «Je ne suis pas une tête folle. J'ai une femme et deux enfants. Je veux mettre mon équipement et mes connaissances à l'épreuve, mais il n'est pas question d'y laisser ma peau», évoque-t-il.
À cette latitude, Frédéric Dion s'attend à devoir affronter des mercures frôlant les -35 degrés. «J'aurai très peu de temps pour réussir à construire un abri de neige. C'est la seule chose qui me permettra d'éviter l'hypothermie», constate celui qui espère pouvoir se déplacer et sortir de la zone du lac Mistassini, mais n'en fait pas son objectif principal. Au besoin, un hélicoptère le récupérera une fois l'aventure terminée.
«Je veux surtout me mettre à l'épreuve, tester des techniques de motivation, voir les réactions du corps. J'ai des hypothèses à vérifier, et c'est de cette façon que je vais acquérir la confiance pour relever le défi qui m'attend en 2015. La confiance, c'est les racines de la motivation», lance-t-il.
Fidèle à son habitude, Frédéric Dion s'associe à une cause durant cette aventure. Ainsi, durant les quatre jours, il espère amasser des dons qui iront à Opération Enfant Soleil, soit par le biais de son site Internet www.fredericdion.com, ou encore via Facebook.