L'aventurier Frédéric Dion a accompagné un groupe de 26 personnes au Groenland, dans une aventure au profit d'Opération Enfant Soleil.

L'Arctique en kayak et en trek: conquérir le Groenland

L'aventurier Frédéric Dion a beau avoir bravé des conditions extrêmes au cours de ses multiples épopées, il a tout de même qualifié de «bon défi» et de «parcours relevé» l'Opération Groenland, qu'il vient de compléter avec 26 co-aventuriers plus ou moins néophytes.
Frédéric Dion
Du 22 juillet au 5 août, Frédéric Dion a accompagné le groupe à titre de porte-parole, mais aussi de guide, dans le premier voyage caritatif organisé par Opération Enfant Soleil. Les 26 participants à l'expédition ont parcouru en kayak de mer et à la marche (trek) un trajet sillonnant la côte est du Groenland, d'Angmagssalik à Sermiligaaq.
Répartis en deux groupes, les aventuriers ont traversé les glaciers de Karale en kayak de mer et les aiguilles granitiques de Storebror à pied. 
Plus précisément, pendant qu'une moitié du groupe explorait les fjords en kayak entre les icebergs jusqu'aux glaciers de Karale, l'autre moitié franchissait à pied les cols et passages à gué. Les deux groupes se sont rejoints, et après deux nuits au même campement, les kayakistes des premiers jours sont devenus marcheurs, d'une vallée à l'autre - traversant notamment le glacier de la vallée Tunup Kua, et les marcheurs ont continué le périple en kayak. Tous se sont retrouvés à la communauté de Kulusuk.
Les participants ont parcouru un trajet en kayak de mer et à la marche.
L'objectif financier lié au défi était d'amasser un minimum de 50 000 $ pour Opération Enfant Soleil. Cet objectif a été largement dépassé, alors que plus de 103 000 $ ont été récoltés par les participants, les partenaires et les donateurs en ligne.
Au lendemain de son arrivée, Frédéric Dion semblait satisfait de l'aventure qu'il a complétée avec ce groupe de personnes de tous les horizons, âgées entre 21 ans et la mi-cinquantaine.
«Ça a très bien été. On avait quand même un bon défi, on avait un parcours assez relevé au niveau de la marche et du kayak. La partie kayak était en autonomie: on partait avec tout notre stock, personne ne venait nous mener, alors il y avait une bonne logistique à travers ça», commence-t-il, après s'être réjoui de l'importance du montant amassé pour Opération Enfant Soleil, le noyau et le prétexte de l'expédition.
«On a eu des traverses de fjords avec des vents à 40 km/h. Ce sont des choses qui vont chercher dans les limites de ce que je fais habituellement. Dans la distance journalière, c'est sûr que j'ai la condition physique et la technique pour en faire plus, mais reste que dans les conditions atmosphériques...», poursuit-il en s'interrompant pour évoquer un phénomène particulier à cette année.
«C'est une année spéciale. Habituellement, ce qu'on appelle les packs de glace s'éloignent du Groenland pour libérer les canaux. Le pack, cette année - peut-être à cause des vents -, s'est ramassé sur la côte, alors on a eu une traverse de fjords à faire entre ces packs de glace-là, qui se trouvent à être des petits icebergs. On a dû trouver notre chemin à travers ça, ce qui est inhabituel. Ajoutez un vent de 40 km/h de face avec la température de l'océan Arctique, qui est près du point de congélation...», illustre-t-il.
Pour les participants qui n'étaient pas tous au même niveau, l'aventure a connu ses hauts et ses bas. «À tous les jours, j'ai vu des gens pleurer. Ce n'était pas évident de sortir de sa zone de confort comme ça», dit-il en donnant l'exemple d'épisodes plus difficiles comme la traverse à pied d'un torrent au niveau d'eau atteignant la taille (de l'eau provenant de glaciers, précise-t-il), ou encore de gens ralentis par d'anciennes blessures refaisant surface, et qui ne croyaient pas pouvoir continuer.
Frédéric Dion, qui associe à ses exploits un volet motivation et persévérance dans ses conférences, a pu encourager les participants et partager leur joie d'avoir finalement complété le défi.
«En revenant chez eux, les gens qui se sont lancés dans le projet vont réaliser que ce voyage-là, ce geste de confiance-là, a changé leur vie», conclut Frédéric Dion.