Le directeur général de l’AQCID, Vincent Marcoux, a aussi présenté mercredi sa nouvelle équipe composée d’Émmanuelle Durand, adjointe administrative, Christina Blier, coordonnatrice au service prévention et réduction des méfaits, ainsi que Caren Leblanc, responsable des communications.

L’AQCID s’établit à Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES — Tout juste une semaine après la légalisation du cannabis à des fins récréatives, l’Association québécoise des centres d’intervention en dépendance (AQCID) a inauguré ses tout nouveaux locaux à Trois-Rivières. L’association qui représente 104 organismes communautaires qui luttent contre toutes les sortes de dépendances au Québec a choisi de s’établir à Trois-Rivières pour mieux desservir ses membres.

«Dans notre planification stratégique, ça fait une année que nous réfléchissons sur un moyen de nous rapprocher de nos membres. On voulait améliorer la dynamique avec nos membres, avec nos comités ou lors de nos journées d’activités. Et en arrivant à Trois-Rivières, nous avons atteint ces objectifs», affirme Vincent Marcoux, directeur général de l’AQCID. «Ça fait en sorte que l’association augmente ses services.»

La mission de l’AQCID est de regrouper, soutenir, mobiliser et représenter les organismes qui offrent des services de prévention, de réductions des méfaits et de traitement de la dépendance au Québec. Et on parle de tous les types de dépendances. Les membres de l’association interviennent auprès de personnes dépendantes à l’alcool, aux drogues, aux médicaments, aux jeux d’argent ou encore de cyberdépendance.

«Nos membres représentent le continuum de services en dépendance et en usage de substances», note M. Marcoux.

Les locaux de Trois-Rivières serviront pour les rencontres d’intervenants d’organismes membres, des formations ou encore des colloques. Avant de s’établir à Trois-Rivières, l’association avait pignon sur rue à Québec.

«L’AQCID est un lieu de référence et notre port d’attache», soutient de son côté Annie Gauthier, directrice générale de l’organisme La Relance de Nicolet-Bécancour, un organisme qui œuvre en prévention des dépendances. «Il s’agit d’une association avant-gardiste.»

La position géographique centrale de Trois-Rivières va permettre à des intervenants de partout au Québec de s’y réunir. Situés sur la 6e, les nouveaux locaux de l’AQCID ne seront pas utilisés pour des traitements ou des interventions.

«D’importants défis attendent l’AQCID avec la crise des opioïdes et la légalisation du cannabis», estime Alexandre Raté, directeur général du Pavillon de l’Assuétude de Shawinigan, un centre de traitement des dépendances.

La nouvelle donne du cannabis

La légalisation du cannabis à des fins récréatives change quelque peu la donne des organismes luttant contre la dépendance, notamment au niveau de la prévention.

«Nous faisions déjà de l’intervention auprès des jeunes pour le cannabis. Qu’il soit légal ou non, ces interventions sont toujours là. Mais maintenant, l’important qui devrait arriver et qui ne l’est pas encore, c’est qu’il doit avoir de la prévention en milieu scolaire. Et le gouvernement ne finance pas actuellement les organismes qui travaillent en prévention», soutient Vincent Marcoux.

«Les entrées sont plus difficiles pour les centres de thérapie. Ça devrait être accessible et avec la légalisation du cannabis, ça devrait être une préoccupation et je ne l’ai pas vu ressortir chez les gouvernements.»

Le directeur général de l’AQCID ne croit pas que le débat devrait se centrer sur l’âge minimal pour consommer du cannabis. Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) a d’ailleurs réitéré sa volonté de faire passer l’âge légal de consommation de 18 à 21 ans.

«Je ne pense pas que le débat est là. S’il y a une bonne prévention qui est faite, on va réduire la problématique de consommation auprès de nos jeunes», estime M. Marcoux.

«On veut travailler avec les jeunes l’affirmation et l’estime de soi. On souhaite que le jeune ne s’isole pas pour consommer et qu’il découvre des passions. Juste mettre un âge légal, ça ne fait pas travailler le jeune qui consomme seul chez lui.»