Quelque 70 membres de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux ont manifesté vendredi devant le bureau administratif du CIUSSS à Trois-Rivières.

L’APTS veut négocier avec le CIUSSS

TROIS-RIVIÈRES — L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) interpelle le nouveau gouvernement du Québec pour dire à la direction régionale du CIUSSS de faire fi de la date butoir imposée dans le processus de négociation et de poursuivre les discussions afin de régler les dernières dispositions locales du contrat de travail.

Quelque 70 personnes ont manifesté vendredi après-midi devant le bureau administratif du Centre intégré universitaire de la santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec à Trois-Rivières afin de protester contre la fin de la période de négociations. Avec la création en 2015 des centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux, on a passé de quatre syndicats pour chacun des 13 établissements à quatre syndicats. Les directions régionales et les syndicats doivent régler des dispositions locales qui complètent les dispositions nationales. Ce processus de négociations avait le 30 septembre comme date limite et l’APTS aimerait bien régler les sept derniers points sur un total de 26.

«Après la date butoir, c’est le processus de médiation. L’employeur veut aller en médiation. Mais ça peut prendre plusieurs mois avant de procéder. Si on ne s’entend pas, la décision sera prise en arbitrage. Pourquoi ne pas utiliser ce temps d’attente pour négocier? On préfère négocier et régler avec la collaboration de la direction» explique Sylvie Godin, représentante nationale de l’APTS en Mauricie et au Centre-du-Québec, le syndicat qui représente entre autres des physiothérapeutes, des psychoéducateurs, des psychologues et du personnel de laboratoires.

L’APTS souhaite que le premier ministre François Legault et la ministre de la Santé Danielle McCann envoient le mot d’ordre aux CIUSSS de poursuivre les négociations. Pour Louis Brunelle, cela ne change rien à la position du CIUSSS. Le directeur des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques confirme que la direction a décidé de respecter la loi et a demandé l’aide d’un médiateur afin de dénouer l’impasse.

«Ça ne donne rien de s’asseoir avec l’APTS: en 18 mois, on a eu 50 rencontres. L’écart est trop grand. Il n’y a pas lieu de poursuivre les négociations», raconte M. Brunelle, en rappelant que la direction et les trois autres syndicats ont trouvé un terrain d’entente en respect des délais imposés par le gouvernement.

La mobilité du personnel est un des points sur lesquels les discussions achoppent. Selon Mme Godin, la direction désire miser sur davantage de flexibilité du personnel en matière d’horaires et aussi en ce qui concerne le déplacement entre les différents établissements, ce que refuse le syndicat.

«On demande de la stabilité. Pour la clientèle en déficience intellectuelle, pour la clientèle en centres jeunesse, ça prend un lien de confiance avec le personnel. Nous, on veut le maintien de ce qui existe et la direction veut niveler par le bas», déclare Mme Godin, qui parle aussi de formation professionnelle et de prise en charge des employés comme étant des points à régler.

Louis Brunelle refuse de commencer à négocier sur la place publique. Le directeur souligne toutefois que dans le règlement des dispositions locales avec les trois autres syndicats, il y a des clauses concernant la mobilité du personnel pour des types d’emploi qui peuvent s’apparenter avec ceux qui sont représentés par l’APTS.

«On n’est pas de mauvaise foi. On ne demandera pas aux gens de travailler un lundi à La Tuque et d’aller à Drummondville le mardi.»

Si le travail de négociations en présence d’un médiateur n’aboutit pas à un terrain d’entente, c’est un arbitre qui devra trancher. M. Brunelle affiche toutefois une belle confiance en ce qui a trait à la réussite de la prochaine méthode de négos.

«Un médiateur va inciter à l’accélération des négociations. On ne se rendra pas à l’étape de l’arbitrage.»