Des travailleurs immunosupprimés et des travailleuses enceintes aimeraient être réaffectés pour ne plus être en contact potentiel avec des cas de COVID-19.
Des travailleurs immunosupprimés et des travailleuses enceintes aimeraient être réaffectés pour ne plus être en contact potentiel avec des cas de COVID-19.

L’APTS souhaite une entente avec Québec

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Alors que la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) a réussi en début de semaine à obtenir une entente afin que toutes les infirmières enceintes soient retirées des milieux où il y a présence de COVID-19, plusieurs autres travailleurs de différents autres domaines du secteur de la santé, tant des femmes enceintes que des personnes immunosupprimées ou âgées de plus de 70 ans, s’inquiètent de devoir poursuivre le travail en ne pouvant pas toujours respecter les mesures de distanciation sociale.

Une travailleuse enceinte, qui a préféré conserver l’anonymat, a indiqué au Nouvelliste être non seulement affectée à travailler sur des départements où l’on retrouve des cas de COVID-19, mais également auprès de patients en externe sans que les mesures de distanciation sociale soient respectées.

Bien que ces patients en externe ne soient pas diagnostiqués comme étant atteints de COVID-19, la travailleuse s’inquiète de voir que les conditions de travail ne respectent pas les mesures mises en place par le gouvernement et imposées à l’ensemble de la société. Certains examens exigent en effet que les professionnels de la santé et les patients en externe se retrouvent à devoir être à moins de deux mètres de distance.

«Les patients viennent pour leur examen, nous disent qu’ils n’ont pas de symptômes, mais finalement se mettent à tousser en plein milieu de l’examen. On doit alors mettre des mesures préventives en place, mais c’est quand même trop tard, car on a peut-être été exposé», s’inquiète la travailleuse.

«Je côtoie des collègues qui sont immunosupprimés et c’est la même chose pour eux. C’est inquiétant. On ne veut pas arrêter de travailler, mais juste être réaffectés à d’autres tâches sans craindre pour notre santé ou celle du bébé», ajoute la dame.

Le syndicat qui représente ces différents corps de métiers, l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), indique être en négociation avec le gouvernement pour en arriver à une entente.

«Nous avons des négociations intensives avec le gouvernement pour permettre à ces personnes de pouvoir être protégées dans le contexte. Les mesures en place actuellement ne respectent même pas les directives du gouvernement à la population. Il y a une incohérence», commente Mathieu Leblanc, responsable des relations avec les médias pour l’APTS.

Au ministère de la Santé, on explique qu’en cas de transmission communautaire déclarée, les mesures pour les travailleuses enceintes deviennent plus restrictives, éliminant notamment les contacts rapprochés auprès de la clientèle et des collègues de travail de même que les contacts avec les personnes sous investigation ou les cas probables ou confirmés de COVID-19. Toutefois, la Mauricie et le Centre-du-Québec ne sont présentement pas en situation de transmission communautaire déclarée.

«Lorsque nous allons observer qu’il y a une transmission communautaire soutenue, très rapidement les interventions qui sont nécessaires vont être déployées. La réaffectation et le retrait se font toujours sur la base du risque qu’encourent ces personnes. C’est une situation qu’on regarde de très près et qui évolue très rapidement. Lorsque le moment sera venu, on prendra les mesures qui s’imposent assez rapidement», explique Dre Marie-Josée Godi, directrice de la Santé publique en Mauricie et au Centre-du-Québec.