Luc Galvani, directeur général du Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy.
Luc Galvani, directeur général du Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy.

L’année scolaire s’annonce pleine de défis

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Le Syndicat de l’Enseignement des Vieille-Forges est content d’avoir enfin les précisions tant attendues concernant les modalités de la rentrée scolaire qui se fera dans à peine deux semaines pour le personnel et dans trois semaines pour les enfants. «Il était temps», indique la présidente du SEVF, Claudia Cousin. Du côté du Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy, «on va être prêt», assure le directeur général, Luc Galvani. Toutefois, «il reste des éléments à clarifier avec le ministère», estime-t-il. «On parle d’ajout de ressources. On n’a pas eu de détails», illustre-t-il.

Le Centre de services scolaire de la Riveraine se réjouit d’ailleurs «que le ministre ait mentionné que des ajouts de services étaient à venir afin de soutenir les élèves vulnérables», indique la secrétaire générale, Émilie Guay.

C’est qu’il faudra faire du rattrapage en plus d’enseigner les matières de l’année. «Depuis juin, nous disons au ministre qu’il devra investir de l’argent et des ressources supplémentaires», indique Claudia Cousin. Or, le ministre Roberge l’a réitéré lundi, le problème de pénurie des enseignants n’est pas encore réglé. Pourtant, «il faudra de l’aide pour les élèves en difficulté et rapidement», prévient Mme Cousin. «Si l’on veut être capable, dans les 24 heures d’une fermeture de classe, de donner des cours en ligne 15 heures par semaine, il va falloir que les enseignants aient du temps pour planifier ça et planifier aussi le plan d’urgence que le ministre nous demande», insiste la présidente du SEVF.

La présidente du SEVF, Claudia Cousin.

Au Centre de services scolaire de l’Énergie, on n’entend pas faire l’école partiellement à la maison. Le directeur général, Denis Lemaire, indique qu’à la maison, certains élèves risqueraient d’être moins sérieux et moins persévérants. «Tous nos élèves vont être scolarisés à 100% à l’école», dit-il.

Cela occasionne toutefois quelques problèmes au niveau du transport scolaire. «Avec 48 élèves au maximum par autobus, on manque d’autobus tant et si bien que la distance de marche entre la maison et l’école passera, cette année, de 1600 mètres à 2000 mètres. C’est quelque chose de très déchirant», avoue M. Lemaire, «mais on ne peut pas inventer des autobus.»

Denis Lemaire, directeur général du Centre de services scolaire de l’Énergie.

Luc Galvani indique que le Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy est prêt pour l’enseignement à la fois en présence et à distance pour les élèves qui ne pourront pas fréquenter l’école. «On s’est rapidement mis en action dès le mois d’avril avec des équipes au niveau des services éducatifs. Les conseillers pédagogiques ont beaucoup été mis à contribution», dit-il.

Certains employés ont des conditions particulières qui les empêcheront de retourner au travail. Ces employés pourraient alors faire de l’enseignement à distance, prévoit Luc Galvani.

Malgré le point de presse du ministre Jean-François Roberge, il y a encore des précisions qui manquent, estime Mme Cousin. «Il faudra que les règles soient claires face aux enfants qui vont résister à porter le masque», illustre-t-elle.

«Ça va appartenir à chaque établissement d’assurer la mise en place de ces mesures-là et si ces mesures ne sont pas respectées, il y aura des conséquences par rapport à tout ça», indique Luc Galvani.

Denis Lemaire estime que la majorité des jeunes ont déjà leur couvre-visage, ne serait-ce que pour pouvoir aller McDo cet été, illustre le directeur général du Centre de services scolaire de l’Énergie, où l’on entend être très strict par rapport au port du masque, quitte à dépanner une fois les élèves qui n’en ont pas.

Claudia Cousin craint toutefois que beaucoup de familles défavorisées n’aient pas les moyens d’acheter un masque puisqu’elles n’ont même pas d’argent pour acheter un manteau d’hiver ou une tuque à leur enfant.

Quant à la distanciation sociale, en classe, qui passe à un mètre au lieu de deux, «c’est plus réaliste», estime Luc Galvani. Claudia Cousin est d’accord avec le gouvernement sur l’idée que les enfants pourront retirer leur masque une fois assis à leur pupitre, afin de faciliter leur concentration. Les règles ne doivent pas être plus sévères à l’intérieur d’une classe que dans un restaurant», fait-elle valoir. «Ça va être une question d’habitude de gérer tout ça. Ça ne se fera pas tout seul, au début», prévoit-elle.

Le fait que la classe deviendra désormais la nouvelle bulle des enfants et qu’on abandonne le principe de plusieurs microbulles par classe est un casse-tête de moins pour les enseignants. «Ce n’était pas applicable», indique Mme Cousin. Luc Galvani, estime que «ça vient amener une certaine souplesse au niveau de l’organisation, c’est clair», dit-il.

La question des cours à options et des classes sport-études ou arts-études risque toutefois de poser problème, car les élèves doivent, en théorie, rester en tout temps avec leur classe. «Il reste des enjeux par rapport à certaines options. On a un plan de match avec la Santé publique qui a été accepté pour faire en sorte qu’on va être en mesure de maintenir l’offre de services qu’on a», indique Luc Galvani.

Les jeunes qui sont en formule sport-études ou qui ont d’autres options spécialisées seront à 70% du temps dans leur groupe classe alors que des mesures plus sévères de protection seront appliquées pour leur permettre d’aller dans leurs classes optionnelles, explique Denis Lemaire.

Du côté des écoles privées de la région, pour l’instant, il n’y a pas d’annulations de concentrations ou de projets spéciaux, indique la porte-parole, Julie L’Heureux, directrice de Keranna. Pour ce qui est des programmes sports-études, on suit les mêmes règles que les fédérations sportives, dit-elle.

Le soutien offert par la Santé publique vient sécuriser le personnel à l’aube de cette rentrée scolaire unique dans l’histoire de l’éducation, a tenu à souligner Luc Galvani. Malgré tout, le milieu scolaire reconnaît que certains parents conservent certaines inquiétudes. «C’est à nous de les rassurer», fait-il valoir.