Normand Beaudoin a commis un manquement au Code d’éthique et de déontologie de la Ville de La Tuque, selon le Tribunal administratif.

L’ancien maire de La Tuque a commis un manquement

La Tuque — L’ancien maire de La Tuque, Normand Beaudoin, a commis un manquement au Code d’éthique et de déontologie de la Ville de La Tuque. C’est la conclusion de la juge administrative Martine Savard qui a rendu sa décision jeudi. La Commission municipale du Québec (CMQ) avait fait enquête après que le conseiller Luc Martel ait déposé une plainte concernant une facture de restaurant d’une centaine de dollars.

«La Commission est d’avis que, lorsque vous avez demandé le remboursement du repas de la personne qui vous accompagnait, vous avez utilisé les ressources financières de la Ville à des fins autres que les activités liées à l’exercice de vos fonctions. Vous avez ainsi commis un manquement à l’article 6 du code d’éthique et de déontologie de la Ville», peut-on lire dans l’avis d’audience sur sanction adressé à Normand Beaudoin.

La juge explique que M. Beaudoin était en déplacement pour une activité de l’UMQ dans le cadre de ses fonctions.

«Toutefois, après la rencontre, vous avez pris le repas du soir avec une personne qui n’est pas liée à la politique municipale et le repas était de nature purement privée. Son repas, inclus dans votre demande de remboursement, n’est pas une dépense liée à l’exercice de vos fonctions», est-il indiqué.
Luc Martel satisfait

Le conseiller qui avait déposé la plainte visant l’ancien maire de La Tuque s’est dit très satisfait de la conclusion.

«Vous savez pourquoi il ne s’est pas représenté maintenant. Il aurait dû faire face à la population, mais ça prend un homme pour agir ainsi», a-t-il lancé d’entrée de jeu.

«Je l’avais dit haut et fort. Les autres membres de l’ancien conseil le savaient aussi, mais ils n’avaient pas osé parler. En fin de compte, j’ai seulement fait ma job de conseiller. Les gens m’ont élu pour ça. Les gens nous payent pour ça. On n’est pas là juste pour faire des photos. On est là pour l’administration, pour dire ce qui va bien et ce qui va moins bien aussi», a ajouté M. Martel.

Ce dernier affirme qu’il a rempli son devoir et qu’il peut continuer de regarder la population «en pleine face».
«Je ne peux pas en dire autant pour les autres […] Il y a des gens qui ont banalisé la cause. Ces gens-là ne valent pas plus cher que lui. Si le chapeau leur fait qu’il le mette.»

«Il a menti à la population pendant un an. C’est grave. Les gens jugeront par eux-mêmes», insiste-t-il.

Luc Martel a également fait savoir que le conseil municipal prendrait le temps d’analyser la suite des choses et la possibilité de réclamer les frais d’avocat encourus par la Ville pour la défense de M. Beaudoin.

«On va analyser la possibilité de se faire rembourser tous les frais encourus dans ce dossier-là si on est capable. Ça va venir nécessairement autour de la table, les gens auront à se prononcer là-dessus», a-t-il lancé.

La Commission tiendra une audience sur la nature de la sanction à imposer au courant de la semaine prochaine.

«Ce sont des sanctions bonbon, on le sait. On laisse ça aux bons soins de la Commission. Je ne veux pas me prononcer là-dessus», a commenté Luc Martel.

«Je pense que c’est la dernière fois que je vais parler de ce dossier-là. Je veux tourner la page. Il y a eu assez de dommages collatéraux pour moi et ma famille», a-t-il ajouté.

Le Nouvelliste a joint le principal intéressé. À l’extérieur du pays, Normand Beaudoin n’avait pas encore pris connaissance de la décision. M. Beaudoin s’est abstenu de tout commentaire.