Vicky Lauzier, coordonnatrice-animatrice d’ESPACE Mauricie, invite les gens à participer à la campagne de sensibilisation #ÉcoutonsNosEnfants.
Vicky Lauzier, coordonnatrice-animatrice d’ESPACE Mauricie, invite les gens à participer à la campagne de sensibilisation #ÉcoutonsNosEnfants.

Lancement de la campagne de sensibilisation #ÉcoutonsNosEnfants

TROIS-RIVIÈRES — La campagne de sensibilisation «#ÉcoutonsNosEnfants» a été lancée récemment afin d’outiller les adultes sur différents sujets en lien avec la violence faite aux enfants. L’initiative a été mise en place par le Regroupement des organismes ESPACE du Québec (ROEQ).

«Habituellement, on va dans les écoles et dans les CPE pour offrir des ateliers aux enfants, mais on rencontre aussi les parents et le personnel éducatif pour vraiment créer un réseau d’entraide dans le milieu. On les informe sur les droits des enfants et sur quoi faire lorsqu’un enfant est en situation de violence. On va les outiller pour qu’ils puissent poursuivre le travail de prévention au quotidien», souligne Vicky Lauzier, coordonnatrice-animatrice d’ESPACE Mauricie.

Depuis le mois de mars, en raison de la COVID-19, tous les ateliers ont évidemment pris fin avec la fermeture des écoles. La violence, quant à elle, n’est pas disparue du jour au lendemain.

«Même en confinement, la violence existe encore. Si un jeune vivait de l’intimidation à l’école par exemple, ça se peut que l’intimidation se poursuive via la cyberintimidation, par les réseaux sociaux, les jeux vidéo, etc. Un enfant peut aussi vivre de la négligence, de la violence psychologique, physique ou même sexuelle à la maison. C’est certain qu’en confinement, cette violence-là risque de s’accentuer également», affirme Vicky Lauzier.

C’est dans ce contexte qu’a été lancée la campagne de sensibilisation. L’organisme voulait rester proactif et continuer d’apporter un support aux enfants.

«Comme notre mandat, c’est un peu de créer des réseaux d’entraide dans les milieux, ce que l’on veut, c’est créer ce réseau-là à travers la population», note Mme Lauzier.

L’organisme soutient qu’il est fort possible que certains enfants aient besoin de se confier, de parler de ce qu’ils ont vécu durant cette période de confinement ou de dénoncer une situation de violence.

La campagne a donc comme objectif de sensibiliser et d’outiller les adultes à recevoir les confidences d’un enfant.

Lancée principalement sur les réseaux sociaux, la campagne présente une capsule de sensibilisation pour les adultes concernant leur rôle auprès des enfants ainsi que six vignettes permettant de les outiller sur différents sujets. Six thèmes seront abordés: Vous vous inquiétez pour un enfant?, Au-delà des mots, restez attentif…, Vos réactions face à une confidence, Accueillir les confidences d’un enfant, Un enfant s’est confié à vous?, Et si l’enfant n’est pas en sécurité.

«On veut sensibiliser les gens aux faits que les enfants vivent parfois des situations particulières. Avec le déconfinement, on veut leur dire aussi de porter une attention particulière, une oreille attentive. Ce n’est pas nécessairement facile de recevoir une confidence d’un enfant. Ça peut nous ébranler, on peut vivre toutes sortes d’émotions aussi selon ce que l’enfant nous raconte. On veut démystifier tout ça à travers les différentes vignettes qui seront présentées durant la campagne», expliquer Vicky Lauzier.

On soutient aussi que le bien-être des enfants, c’est une responsabilité collective. Il n’est pas nécessaire d’avoir un lien direct avec l’enfant, ce dernier pourrait se confier à un voisin par exemple.

Afin de renforcer le filet social autour des enfants, ESPACE invite la population à se joindre au mouvement et à faire partie du réseau d’entraide des enfants.

«Nous croyons en la capacité d’agir des enfants et des adultes qui les entourent et nous sommes persuadés qu’ensemble, nous pouvons faire une grande différence pour eux. Comment s’y prendre? Soyons attentifs et vigilants afin de s’assurer de leur bien-être. Parce que tous les enfants ont le droit de se sentir en sécurité, forts et libres».

«Une sonnette d’alarme»

La baisse de signalement à la protection de la jeunesse est une «sonnette d’alarme» pour Espace Mauricie.

«On sait très bien que si un enfant vit de la violence dans le milieu familial… S’il est retiré de tout réseau extérieur et confiné dans la maison, il a moins de chance de divulguer ou de dénoncer cette situation-là. Quand l’enfant peut rencontrer d’autres adultes, il peut avoir une oreille attentive», lance la coordonnatrice-animatrice d’ESPACE Mauricie.

«Alors, quand ils viennent se confier à nous, il faut se dire que l’enfant nous a choisis et qu’on est une personne de confiance. C’est un certain privilège quelque part», ajoute-t-elle.

L’organisme conseille également d’être à l’affût de tout changement de comportement soudain ou inhabituel.

«Il faut toutefois faire attention parce que l’enfant peut avoir un changement de comportement également devant une situation nouvelle.»

«C’est sur qu’en raison de la situation de la COVID, il peut y avoir ce genre de comportement. Il faut être attentif, observer, lancer des choses… on peut les questionner, leur faire part de nos inquiétudes et leur dire qu’on est là pour eux», soutient Vicky Lauzier.

Les gens sont invités à suivre la campagne de sensibilisation #ÉcoutonsNosEnfants sur la page Facebook du Regroupement des organismes ESPACE du Québec ou celle de l’organisme ESPACE Mauricie.