Alain Gélinas

Laisser le monde un peu meilleur qu’il ne l’était

Saint-Boniface — Comme la très grande majorité de nos Têtes d’affiche, Alain Gélinas est un bénévole dans l’âme depuis sa tendre enfance. Dans son cas, ce grand désir de venir en aide à son prochain a pris de nombreux visages au cours de sa vie, notamment celui d’un chef scout. Dans sa meute, on l’appelait Kaa, le grand serpent du Livre de la jungle.

Infirmier pendant 38 ans, dont 20 ans dans un bloc opératoire, Alain Gélinas (à ne pas confondre avec son homonyme qui préside la Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite), s’est impliqué dans le scoutisme lorsque l’aîné de ses quatre enfants a eu 9 ans. Voyant qu’il manquait de monde pour animer les jeunes louveteaux, il n’a pu résister à l’appel. Le foulard de Baden-Powell ne le quittera jamais plus par la suite.

Chef scout de 1991 à 2018, période au cours de laquelle il s’est occupé de 75 camps de fins de semaine et de 26 camps d’été de 7 à 10 jours pour les scouts, Alain Gélinas raconte qu’il disposait de «quatre semaines de vacances. J’en consacrais une aux camps scouts», dit-il.

L’homme de 60 ans, qui est aujourd’hui grand-père de 10 petits-enfants, est toujours membre du comité de gestion du parc récréotouristique Héritage Carcajou de Saint-Boniface où se tiennent les activités de scoutisme des jeunes de sa municipalité. Il veille surtout à l’entretien des bâtisses qui s’y trouvent.

«Je suis le serpent qui veille aux traditions», souligne Kaa. «Tous nos chalets ont une signification.»

Issu d’une famille de sept enfants, Alain Gélinas confie que, jeune adulte, il a beaucoup hésité entre la prêtrise et la vie laïque. Lorsqu’il avait 15 ans, en effet, lui et son jeune frère travaillaient à temps partiel pour l’église de leur paroisse, question de laver les vitres, de passer la balayeuse et de faire occasionnellement de petits travaux de plomberie, le tout pour 40 $ par semaine. C’était en 1976. L’entraide et le contact avec le public lui plaisaient beaucoup. Après deux années en sciences pures au Séminaire Sainte-Marie, Alain Gélinas était déchiré entre la vocation religieuse et peut-être une carrière en génie. Après mûres réflexions, il constate que l’appel de Dieu n’est pas aussi fort qu’il le faudrait pour devenir prêtre. Il prend toutefois pleinement conscience que ce qui l’anime le plus dans la vie, c’est son désir d’aider les autres.

Cette caractéristique ne tarde pas à se manifester de plusieurs manières. Il embrasse en effet une autre vocation, celle d’infirmier, une profession qui lui allait comme un gant puisqu’il se dit «incapable de voir les gens souffrir».

Il deviendra assez vite président de son syndicat professionnel au Centre Laflèche de Shawinigan de 1983 à 1993 jusqu’à ce que l’établissement change de vocation. Il représentera 130 infirmières au cours de cette période de transition.

Son attachement pour sa foi n’a pas diminué. Il a commencé à s’impliquer un peu plus dans la paroisse lorsque sa petite dernière a fait ses premiers sacrements. «Il fallait des bénévoles», dit-il. Au fil de ses implications, il est devenu ministre des funérailles, une implication qui se fait de plus en plus importante à mesure que le nombre de prêtres diminue. Son rôle consiste à rencontrer la famille de la personne défunte et à faire l’historique de cette dernière. C’est lui qui accueille les familles et, depuis un an, prononce également la bénédiction lors des funérailles. Pour lui, ce temps d’arrêt imposé par le décès d’un être cher est extrêmement important. «Quand je vais mourir, je ne veux pas qu’on me mette dans un sac à poubelle», plaide-t-il. Pour Alain Gélinas, il faut prendre le temps et en parler et c’est pour cela qu’il tient à rencontrer les familles en vue des cérémonies funèbres.

«Baden-Powell disait: essayez de laisser ce monde un peu meilleur qu’il ne l’était quand vous y êtes venus», rappelle M. Gélinas. C’est un principe qui guide sa vie.