Marie-Pier Drouin, directrice de la Corporation de développement communautaire du Centre-de-la-Mauricie.
Marie-Pier Drouin, directrice de la Corporation de développement communautaire du Centre-de-la-Mauricie.

L’aide alimentaire en forte demande... et ce n’est pas fini

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
Shawinigan — La Corporation de développement communautaire du Centre-de-la-Mauricie observe une hausse de la demande d’aide alimentaire depuis le début de la crise de la COVID-19, mais la directrice, Marie-Pier Drouin, craint qu’il ne s’agisse que de la pointe de l’iceberg. L’été risque de réserver de bien mauvaises surprises.

«Pour le moment, il existe un filet social avec des aides d’urgence qui sont assez accessibles», rappelle-t-elle. «Le déconfinement commence et on risque d’échapper des gens. Moisson Mauricie nous a avertis que ce n’est pas nécessairement maintenant que la demande explosera. En juin ou en juillet, ce n’est pas impossible qu’on voie apparaître une nouvelle hausse. La crise qui va suivre la COVID va sans doute durer plus longtemps que la période de confinement, ce qui aura un impact à long terme sur les populations plus vulnérables.»

Normalement, Partage Centre-Mauricie, le Centre d’action bénévole de Grand-Mère et l’Armée du salut distribuent 300 paniers par semaine aux ménages les plus démunis dans quatre comptoirs alimentaires. Depuis le début de la crise, cette moyenne a augmenté à 340.

«En temps normal, au début du mois, ça peut baisser à 275, mais à la dernière semaine du mois, on peut monter à 400», précise Mme Drouin.

La directrice a observé que l’augmentation de la demande ne s’était pas manifestée dès le début de la crise.

«À partir de la troisième semaine de confinement, nous avons vu une hausse», analyse-t-elle. «Depuis environ deux semaines, c’est stable.»

Cette hausse d’un peu plus de 10 % par rapport au début mars se gère assez bien pour le moment. Le défi, fait remarquer Mme Drouin, consiste plutôt à s’attarder encore davantage aux familles qui vivaient déjà en situation de vulnérabilité.

En effet, les mesures de confinement ont bouleversé bien des habitudes. Par exemple, les enfants ne peuvent avoir accès au soutien alimentaire de leur école, ce qui entraîne la préparation d’un repas supplémentaire à la maison. La fermeture des cuisines collectives et l’impossibilité d’organiser des repas en groupe avec la famille élargie représentent d’autres difficultés à surmonter pour les budgets serrés.

«Il faut bonifier les paniers déjà existants», indique Mme Drouin. «La nouvelle réalité a beaucoup d’impact pour les gens qui vivaient déjà une situation de vulnérabilité. On n’aide pas beaucoup plus de personnes, mais ceux qu’on aidait déjà, il faut les aider encore plus.»

Voilà pourquoi la CDC du Centre-de-la-Mauricie sollicite l’appui de la communauté dans ces moments difficiles. Après Delastek lundi, les Caisses Desjardins du Centre-de-la-Mauricie viennent d’annoncer une contribution de 22 500 $ pour bonifier les paniers préparés par les organismes d’aide alimentaire. À noter que la distribution de ces denrées est assumée par des employés de la Ville de Shawinigan.

«Ce montant servira à l’achat de fruits et de légumes frais, d’œufs et de viande», précise Mme Drouin. «Nous pourrons ainsi bonifier les paniers fournis par Moisson Mauricie.»