Martin-Charles Saint-Pierre, directeur général associé chez Ménagez-vous.
Martin-Charles Saint-Pierre, directeur général associé chez Ménagez-vous.

L’aide à domicile doit devenir une «priorité nationale», selon Ménagez-vous

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Le retour graduel des proches aidants auprès des aînés rappelle aussi l’importance des services de maintien à domicile dans un contexte où le système de santé est grandement affecté par la pandémie de coronavirus. Forcé de cesser ses activités pendant quelques semaines après l’arrivée de la pandémie, l’organisme Ménagez-vous a pu reprendre graduellement les services jugés prioritaires depuis le 20 avril dernier.

Et cette absence de quelques semaines a été grandement remarquée chez la clientèle que dessert cette entreprise d’économie sociale en aide à domicile.

«On a commencé à rappeler notre monde et on a entendu des histoires très difficiles à entendre», résume le directeur général associé, Martin-Charles Saint-Pierre. Il rapporte notamment l’histoire de cette dame qui, en près de six semaines, n’avait parlé à personne. Ou encore cette autre personne qui n’avait reçu aucune visite pendant un mois.

Des 2000 clients habituels de Ménagez-vous dans la région, 700 ont pu ravoir les services qui sont jugés prioritaires. Environ 90 des 185 employés ont été rappelés au travail. Les activités normales pourront reprendre graduellement, au fil des autorisations gouvernementales, explique M. Saint-Pierre.

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L’Appui Mauricie, organisme qui vient en aide financièrement à une quinzaine d’organismes soutenant les proches aidants d’aînés, s’inquiète notamment de la crainte que pourraient avoir les proches aidants à avoir recours aux services de maintien à domicile par peur de contamination du virus.

«Il y a beaucoup de sensibilisation à faire, car les services qui sont offerts sont de qualité et respectent toutes les mesures sanitaires. Mais plusieurs hésitent à faire de nouveau appel à ces services, ce qui veut dire que les proches aidants n’ont plus accès au répit, à ce moment qu’ils pouvaient avoir pour souffler un peu, avoir du temps pour eux et penser à autre chose. Il va falloir suivre ça de très près parce que ces gens-là auront besoin de soutien psychologique s’ils n’ont plus accès à du répit», explique Florence Pauquay, directrice générale de l’Appui Mauricie.

Pour Martin-Charles Saint-Pierre, l’état actuel des choses dans les CHSLD ne peut que renforcer l’importance du maintien à domicile, et cela devra devenir une priorité dans les prochaines années. «Je ne doute pas qu’il faut en faire une priorité nationale et on sera certainement sur la sellette durant les prochaines années. Il faut nous donner les moyens de maintenir et même d’augmenter les services de soutien à domicile», signale M. Saint-Pierre.