Le propriétaire de la résidence et entrepreneur au dossier a rencontré des problèmes lors de l’excavation du terrain.

L'agrandissement de la résidence Ste-Famille est retardé

Trois-Rivières — Les trois communautés religieuses qui ont décidé de se regrouper dans le futur agrandissement de la Résidence Ste-Famille du secteur Cap-de-la-Madeleine devront retarder leur déménagement d’un an et demi. Le propriétaire de la résidence et entrepreneur au dossier, Guy Dion, a en effet rencontré des problèmes lors de l’excavation du terrain.

«Les tests de sol avaient été faits, phase 1, phase 2. Tout était bien parfait, mais au moment de l’excavation, on a réalisé que le terrain avait de la contamination», explique Frédéric Kokai-Kuun, le directeur intérimaire de la Résidence Ste-Famille. Il s’agissait de débris de béton qui proviendraient d’une ancienne usine, indique-t-il. Il a fallu «beaucoup de temps» pour nettoyer le tout, dit-il.

Ce retard aurait obligé le promoteur à effectuer les travaux de construction durant l’hiver. Or, après consultation auprès des communautés religieuses, il a été décidé de démarrer plutôt les travaux au printemps 2018. 

Il faudra par la suite compter un an de plus, donc attendre au printemps 2019, pour accueillir les communautés religieuses et le public dans les nouveaux logements.

«Cette décision permet de mettre en place les conditions gagnantes pour assurer un franc succès dans cet important projet», a fait savoir Guy Dion par voie de communiqué, jeudi.

Il semble que cette situation imprévue ne cause pas d’ennuis majeurs aux Ursulines, aux Filles de Jésus ou aux Carmélites qui entendent occuper une partie de ce futur agrandissement. Bien qu’il n’ait pas été possible de parler aux Filles de Jésus, jeudi, la supérieure générale des Ursulines, sœur Cécile Dionne, avoue que «c’est un petit peu décevant parce qu’on avait prévu autrement, mais la réaction des religieuses a été qu’on va être un peu plus longtemps dans notre maison et il y en a qui ont ajouté qu’on va être un petit peu plus âgé pour déménager», dit-elle.

Malgré tout, «ça ne nous crée par d’ennuis majeurs», assure la supérieure générale.

«L’autre solution aurait été de construire en hiver, ce qui aurait été coûteux et déménager des personnes âgées en hiver, ce n’est pas l’idéal non plus», plaide sœur Dionne.

Du côté des Carmélites, la sous-prieure Huguette Boutin assure que le retard n’occasionne aucun problème. 

Les Carmélites de Trois-Rivières sont au nombre de 9 et vivent présentement chez les Filles de Jésus. Quatre d’entre elles sont à l’infirmerie et cinq dans la résidence autonome. «On est très bien ici et on a toute la patience pour attendre», assure la moniale. Les Carmélites avaient déjà vendu leur monastère, rappelons-le, en 2012.

Sœur Dionne assure que la décision de remettre la construction au printemps s’est faite «d’un commun accord» avec le promoteur.

Pour l’instant, les Ursulines ne révèlent pas ce qu’il adviendra du monastère où elles habitent depuis 300 ans, dans le Vieux Trois-Rivières. «Pour l’instant, nous travaillons d’abord à assurer le bien-être et la sécurité de nos personnes. Les bâtiments, ça va être dans un deuxième temps», indique sœur Dionne.

Cette dernière ajoute que les Ursulines de Trois-Rivières, Québec et Rimouski ont décidé d’un commun accord de demeurer chacune dans leur région plutôt que de se regrouper à un seul endroit. 

«J’ai été fortement réjouie de la réponse de mes sœurs qui ont dit: ‘‘Nous avons des liens dans notre région; nous avons des réseaux de contacts et nous préférons rejoindre la population qui, elle aussi, a des défis à relever à cause de son âge’’», dit-elle.

«Nous préférons les rejoindre et partager ce moment de vie avec eux. Pour nous, c’est comme une nouvelle mission. Nous avons toujours été avec des laïques, dans nos écoles, avec les professeurs, les parents. Nous trouvons que nous avons, grâce à notre vie spirituelle, des ressources qui nous permettent de voir notre vieillissement différent de l’ensemble des personnes et nous sommes aussi ensemble pour vieillir alors que bien des gens sont seuls dans leur maison et il n’y a personne pour les écouter. Souvent, ils n’ont pas de visiteurs. Que les religieuses soient là pour les écouter, pour partager la vie avec eux, pour entendre aussi ce que ça veut dire, pour ces personnes-là, de déménager, ça va aider nos sœurs à voir que notre déménagement à nous, ce n’est pas la fin du monde non plus», fait valoir la supérieure générale des Ursulines.