Maryse Fortin, coordonnatrice de L'Accorderie de Trois-Rivières.

L'Accorderie: quand l'échange est à la base de l'entraide

Depuis 2007, l'Accorderie a pignon sur rue à Trois-Rivières, dans l'édifice de Comsep. Ce réseau provincial propose aux gens qui en deviennent membres - les Accordeurs - un système d'entraide fondé sur l'échange de services entre individus à partir de leurs connaissances et de leurs compétences.
«Il y a des gens qui pensent qu'ils ne sont pas capables de faire grand-chose. Mais l'entraide qu'on peut apporter n'est pas nécessairement reliée aux études. Si mon loisir est la clarinette, je peux donner une initiation à la clarinette. On essaie de faire sortir les gens et de leur montrer qu'ils valent quelque chose et qu'ils peuvent apporter quelque chose aux autres», précise Maryse Fortin, coordonnatrice de l'Accorderie trifluvienne.
La «monnaie d'échange», si on peut dire, c'est des heures. «Par exemple, une dame fait une heure d'entretien ménager chez quelqu'un. L'Accordeur qui reçoit le service lui donne une heure», illustre Mme Fortin. Ainsi, chaque membre a un état de compte qui affiche son total d'heures accumulées. Tout se fait de façon autonome, et le succès du système repose en grande partie sur la bonne volonté des membres.
Graduellement, depuis sa création, la section trifluvienne de l'organisme communautaire a vu son membership croître, au point où il dépasse aujourd'hui le cap des 400 membres. «On voit que c'est un besoin, et les gens tombent en amour avec le principe», fait valoir sa coordonnatrice.
Les membres peuvent se prévaloir de l'offre de l'Accorderie qui compte un millier de services. Ceux-ci, regroupés par secteurs, vont de la coiffure à l'épicerie collective, en passant par le gardiennage, la recherche d'emploi, le transport (déménagement), l'informatique, la comptabilité (impôts), des travaux (entretien, peinture, jardinage), la maternité, l'aide aux personnes âgées ou à mobilité réduite, la cuisine et l'alimentation, la couture, et divers cours (donnés par des professeurs retraités), pour ne nommer que ceux-ci. «Ça ne coûte rien, sauf du temps. C'est intéressant de voir qu'on peut permettre à des gens d'avoir accès à des services pour lesquels ils devraient payer en temps normal», relève Mme Fortin.
L'Accordeur type est une femme de 45 ans et plus qui veut aider d'autres personnes. «Beaucoup de jeunes joignent nos rangs en ce moment, des familles. On essaie d'apporter une autre dimension. Peut-être que les gens plus âgés ont ça en eux et que c'est normal de donner: le troc, c'est important pour eux. Mais on essaie d'intéresser les jeunes parce qu'ils peuvent en retirer quelque chose d'intéressant», confie Mme Fortin.
L'Accorderie de Trois-Rivières dessert la rive nord du fleuve Saint-Laurent, de Louiseville à Sainte-Anne, ainsi que les zones près de la rive sud (Bécancour et Nicolet). On compte une dizaine d'accorderies au Québec dont celle du Centre-de-la-Mauricie, qui loge au centre Roland-Bertrand, sur l'avenueSaint-Marc. On en retrouve aussi en France, qui s'est inspirée du concept québécois.
Sauf des subventions par projets, l'Accorderie de Trois-Rivières - un OSBL - ne bénéficie pas de financement récurrent, ce qui l'amène à tenir des activités de financement. Toutefois, Mme Fortin assure qu'il y a des démarches qui sont faites auprès des instances gouvernementales afin d'obtenir une certaine reconnaissance. Ainsi, l'Accorderie de Trois-Rivières organise pour une deuxième année son Super tirage de trois montants de 999 $, qui aura lieu le 3 février. 3000 billets, vendus 10 $, sont disponibles au 1060 rue Saint-François-Xavier, bureau 100.
On dénombre environ quatre activités qui sont mises sur pied à chaque année afin de permettre à cet organisme de poursuivre sa mission. On trouvera plus de détails à: http://accorderie.ca/trois-rivieres/.