De gauche à droite: Dave Filion, directeur adjoint des services sociaux et dépendances au CIUSSS MCQ, Lyne Girard, directrice générale adjointe programmes sociaux et réadaptation et Luc Massicotte, directeur général du CPS Accalmie

L'Accalmie à la rescousse

SHAWINIGAN — Le CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec vient d’octroyer un contrat de deux ans totalisant 200 000 $ au Centre de prévention suicide Accalmie qui prendra désormais la relève sur le territoire Centre-Mauricie, Mékinac et Haut-Saint-Maurice.

Rappelons que le CIUSSS MCQ envisageait depuis quelques mois la possibilité d’une entente avec cet organisme puisqu’en février dernier, il avait dû révoquer le financement et la reconnaissance du Centre de prévention suicide Centre-de-la-Mauricie/ Mékinac car ce dernier ne répondait plus aux exigences de fonctionnement et de gestion exigées.

C’est à la suite d’un appel d’intérêt que le CPS Accalmie a été retenu par le CIUSSS MCQ.

Entre les deux événements, il n’y a pas eu d’interruption de services, assure Dave Filion, directeur adjoint des services sociaux généraux et dépendances au CIUSSS MCQ. D’autres services ont en effet pu prendre la relève en attendant. «On parle entre autres de la ligne 811 Info-social 24 h sur 24 h, sept jours sur sept. Le service téléphonique pouvait être assuré pour la clientèle ayant des besoins particuliers. Il y avait également tous les services en milieu CLSC offerts par nos intervenants qualifiés», précise-t-il.

L’arrivée du CPS Accalmie viendra bonifier les services qui étaient déjà offerts, indique M. Filion. «Notre volonté, c’est qu’il n’y ait plus de décès par suicide», dit-il.

Le CIUSSS MCQ consacre d’ailleurs plus de 1 million $ à la prévention du suicide sur l’ensemble de son territoire.

«On parle de services de proximité, ça veut dire qu’il faut adapter nos interventions selon les besoins. Il faut aller là où les gens ont besoin, de la manière dont ils ont besoin», précise Luc Massicotte, directeur général du CPS Accalmie. Dans les faits, cela implique qu’il faut aller à la rencontrer des personnes suicidaires par d’autres moyens en plus du téléphone. On parle d’interventions individuelles ou de groupes en présence d’un intervenant pour les personnes en détresse ou endeuillées, de relance téléphonique pour les personnes ayant des idées suicidaires et d’un service d’interventions réalisées en milieu de travail ou en milieu scolaire à la suite d’un décès par suicide.

L’Accalmie couvrait auparavant Trois-Rivières, la MRC de Chenaux, la MRC de Maskinongé, Nicolet-Yamaska et Bécancour. Ses services s’étendront désormais jusque dans la couronne nord, c’est-à-dire de Shawinigan jusque dans le Haut-Saint-Maurice.

Les effectifs passeront donc à 28 employés (29 au 1er avril) qui seront affectés quotidiennement à la prévention du suicide, indique M. Masicotte.

Ce dernier précise que les centres de prévention du suicide n’ont pas le monopole. «Il y a quand même des services qui sont disponibles, notamment dans le réseau de la santé, mais on veut additionner à ça une présence la plus intense possible», dit-il. «Il y avait une place à prendre dans le secteur communautaire», précise-t-il. «Il y avait une offre de service pour les proches, mais rien de spécialisé en prévention du suicide», signale-t-il.

«Notre préoccupation première, c’est d’embaucher les bonnes ressources, qu’elles soient compétentes et de les former. Ces gens-là vont travailler en collaboration avec l’équipe qui est déjà située à Trois-Rivières. Il faut mailler ces gens-là et s’assurer également de bien collaborer avec les organismes et le milieu», explique M. Massicotte.

En Mauricie et au Centre-du-Québec, le taux de suicide est nettement supérieur à la moyenne provinciale. Il s’agit de la troisième région la plus touchée. Pour le CIUSSS MCQ, cette situation est toujours un mystère. «On est dans des travaux régionaux» pour y voir plus clair. «Peut-être faut-il faire plus de sensibilisation et de prévention. Avec de bonnes annonces comme aujourd’hui, on développe des partenariats qui nous permettent d’élucider davantage ce mystère-là et pour pouvoir répondre aux besoins des gens qui vivent cette problématique et surtout de l’entourage», indique M. Filion.