Le niveau d'eau du lac Saint-Pierre a augmenté en fin d'après-midi à Nicolet, notamment dans le secteur de Port Saint-François.

Lac Saint-Pierre: plus d'eau qu'en 2017

TROIS-RIVIÈRES — Les niveaux d’eau du fleuve Saint-Laurent et du lac Saint-Pierre dépassent toujours les seuils atteints lors des grandes inondations de 2017. Uniquement à Trois-Rivières, une centaine de résidences sont isolées par l’eau et les autorités sont toujours à pied d’œuvre pour limiter les impacts de cette crue printanière.

«Le niveau d’eau de 2017 a été dépassé», a affirmé la mairesse par intérim de Trois-Rivières, Ginette Bellemare, lors du point de presse quotidien sur l’état de la situation. «Les 5000 sacs de sable commandés dimanche ont tous été placés sur les terrains.»

En effet, les mesures du niveau du fleuve Saint-Laurent et du lac Saint-Pierre indiquaient lundi matin un niveau d’eau à 3,62 m alors qu’il était de 3,69 m en après-midi, ce qui est supérieur à 2017. Lors de ces inondations, l’eau était montée jusqu’à 3,54 m.

Les rues des Terrasses du Fleuve, du Héron, de l’île Saint-Eugène et du Pont étaient donc toujours fermées en raison des inondations causées par le débordement du fleuve Saint-Laurent. «Le niveau du fleuve a atteint celui de 2017. On s’attend à une légère hausse du niveau du fleuve», a ajouté pour sa part Dany Cloutier, coordonnateur des mesures d’urgence à la Ville de Trois-Rivières et directeur du service de Sécurité incendie. 

L’absence de vent lundi est par contre une bonne nouvelle pour les autorités. De plus, la diminution de la vitesse des navires sur le fleuve Saint-Laurent permet d’éviter la formation de vagues qui pourraient, comme ce fut le cas en 2017, causer des dégâts sur les résidences inondées. 


La mairesse par intérim. Ginette Bellemare, et quelques conseillers municipaux de la Ville de Trois-Rivières ont dressé un bilan de la situation lundi matin.

Lundi, près d’une centaine de résidences de Trois-Rivières étaient isolées par l’eau, alors que deux d’entre elles ont été évacuées par mesures préventives. «La Ville n’a pas ordonné ces évacuations. C’est une décision des résidents. D’ailleurs, une des personnes évacuées a été prise en charge par la Croix rouge», a ajouté Ginette Bellemare.  

Déployée sur le terrain ce week-end, l’armée est toujours active dans plusieurs secteurs de Trois-Rivières. Pour l’instant, son mandat est de remplir des sacs de sable et de parcourir les secteurs inondés. En tout, ils sont 250 militaires à être déployés en Mauricie et au Centre-du-Québec. «Dimanche, les militaires ont rempli 60 palettes de sacs de sable, soit l’équivalent de 4000 sacs», a mentionné la mairesse par intérim de Trois-Rivières. «Lundi, les militaires termineront de faire les 40 palettes de sacs restantes.»

Le conseiller du district de Pointe-du-Lac, un secteur touché par les inondations, rapporte que les digues de sacs de sable fonctionnent très bien. François Bélisle estime que la préparation de ces digues, alors que les prévisions indiquaient que les niveaux d’eau allaient monter, a permis de protéger plusieurs propriétés.  

En raison des inondations à l’île Saint-Quentin, la Ville doit conserver le parc fermé aux visiteurs. «On a pris la décision de fermer l’île pour des raisons de sécurité. On demande aux citoyens de respecter cette consigne», a soutenu la mairesse par intérim. 

La vice-première ministre du Québec Geneviève Guilbault et la brigadier-général Jennie Carignan, commandante de la Force opérationnelle interarmée Est, à Yamachiche

La vice-première ministre dans la région

La vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault, est venue constater l’impact des inondations lundi matin. Elle s’est notamment rendue à Yamachiche, sur le chemin Louis-Gatineau, accompagnée du député de Maskinongé, Simon Allaire, d’élus locaux ainsi que de la brigadier-général Jennie Carignan, commandante de la 2e Division du Canada et de la Force opérationnelle interarmées Est. 

«Les gens de la Mauricie ont été très touchés par les inondations de 2017. Et certaines de ces personnes sont en train ou s’apprêtent à revivre ce cauchemar qu’ils ont vécu en 2017», a mentionné la vice-première ministre. 

«Je veux que vous sachiez que notre gouvernement est là et sera là pour la suite aussi.»

Geneviève Guilbault tenait à rappeler que le gouvernement du Québec a mis en place un nouveau programme d’indemnisation des sinistrés. «C’est un programme qui est beaucoup moins lourd, plus efficace et beaucoup plus humain», a-t-elle noté. «Les dossiers de réclamation seront traités plus rapidement, les sinistrés pourront voir les montants qu’ils ont droit à l’avance et auront leur argent plus rapidement.»

Des militaires sont déployés à plusieurs endroits en Mauricie et au Centre-du-Québec, comme ici à Yamachiche.

D’autres précipitations à venir

Les autorités craignent que les niveaux des cours d’eau augmentent encore dans les prochains jours. En effet, la région pourrait recevoir près de 30 mm de pluie mardi et mercredi, alors que 15 mm de pluie supplémentaires sont jusqu’à maintenant prévus pour vendredi. Cela s’ajoute à la fonte des neiges qui est accélérée en raison des températures plus chaudes. «Le fleuve devrait remonter d’environ 25 cm d’ici le 25 avril», a rapporté Bertrand Létourneau, porte-parole de la Sécurité civile.

«Il y aura sans doute d’autres inondations à venir», a confirmé pour sa part la vice-première ministre. «Ce qu’on peut faire, c’est se préparer au mieux. Et c’est ce qu’on fait en ce moment. [...] Beaucoup de citoyens ont appris à ériger de bonnes digues avec des sacs de sable. Les citoyens se préparent énormément. Et je salue cette action. La prévention est la première étape à faire.»

Le député de Maskinongé, Simon Allaire, estime comme bien des élus municipaux que les autorités civiles ont appris des inondations de 2017. L’arrivée rapide de l’armée «fait toute la différence», mentionne-t-il. «Si ce n’est pas l’armée qui remplit tous ces sacs de sable, ce sont les citoyens et les bénévoles. Mais on n’arrive pas à un rendement aussi rapide. C’est ça qui fait la différence sur le terrain», a affirmé Simon Allaire. «Aucun doute que les autorités, indépendamment du gouvernement en place, ont appris de 2017.» 

Lundi, la sécurité civile surveillait aussi la rivière du Loup, à Saint-Alexis-des-Monts. Un embâcle s’est formé dimanche près du pont d’Allard, sur la route 349. De plus, la Sécurité civile surveille de près l’état de la rivière Mékinac, dans le secteur de Saint-Joseph-de-Mékinac, à Trois-Rives. La Municipalité recommandait d’ailleurs à ses citoyens de se préparer à des inondations de leur domicile et «à une évacuation possible de leur domicile». 

Rappelons que les citoyens qui désirent de l’aide de la part de leur municipalité doivent lui communiquer cette demande. À Trois-Rivières, le numéro 311 recueille ces demandes. À Nicolet, un numéro d’urgence 24 heures sur 24 a été mis en place, au numéro général de la Ville, soit au 819 293-6901. À Bécancour, on peut appeler au 819 294-6500 ou se rendre en personne à la réception de l’hôtel de ville, sur l’avenue Nicolas-Perrot.